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janeiro 31, 2009

Paz-irreal

Em resposta a um artigo do Libération , eu e uma camarada escrevemos o seguinte texto (em baixo). O artigo em questão faz um portrait de um tal Mohamed Ulad, alma que não seria conhecida, como o próprio Libération evoca, se ele não fosse o companheiro da filha não reconhecida de François Mitterrand. Por outro lado, libération oferece integralmente a contra capa a este Monsieur uma vez que ele tem um projecto ambicioso: utilizar o conceito de TV realidade para o caso israelo-palestiniano, ou seja, meter seis jovens israelitas e seis jovens palestinianos numa espécie de quinta com o intento de chegarem entre eles a um acordo de paz. Aqui fica a nossa resposta que esperamos ser publicada no mesmo jornal que faz publicidade a este tipo de conteúdos mediáticos vazios de sentido e mesmo perigosos.

Il n’est pas étonnant de voir des gens capables d’exploiter les flammes venant du Proche-Orient pour leur propre succès médiatique et peut-être politique, ou des gens qui se font exploiter pour leurs bonnes intentions et leur bonne volonté assez naïves. Mais transformer tout un public en consommateur d’images qui mettent en scène de jeunes palestiniens et israéliens devenus des marionnettes sur un programme de télé, façon Loft, là, ce sont les éventuels spectateurs qui sont impliqués, c’est-à-dire nous tous !
Dans son édition du mercredi 28 janvier 2009, Libération fait le portrait de Mohamed Ulad !
Mohamed Ulad est « un producteur de films et de documentaires qui ambitionne d’enfermer un mois durant, façon Loft, douze jeunes, six palestiniens et six israéliens, à charge pour eux de signer des accords de paix », écrit Libération. « Ils auront 18 ans. Garçons et filles, tous milieux sociaux confondus, laïcs et religieux. Ils seront enfermés dans un mas provençal, à l’ombre des oliviers. Et devront parvenir à des propositions précises, […] ils seront briefés par des coachs, afin d’empoigner la réalité et d’éviter de tartiner du bon sentiment. Sinon, ils cohabiteront, partageront repas et loisirs, joueront au foot à la fraîche et, à la veillée, monteront un Roméo et Juliette » !
A 18 ans les « six israéliens » seront déjà occupés par leur service militaire, oups, problème de disponibilité !
Nous voici devenus témoins de la création du concept de « télé réalité » adaptée au cas israélo-palestinien, en vue d’aider le « processus de paix dans le Proche-Orient ». Génial ! Il y a peu de temps, on aurait pu considérer ceci comme un genre de cynisme politique… mais le voici, Mohamed Ulad est déjà à la recherche de soutiens pour déclencher ce projet « stimulant », comme nous pouvons le lire sur Libération.
Nous nous sommes déjà habitués à consommer des contenus médiatiques qui proposent une réflexion superficielle sur les phénomènes sociaux, ignorant ainsi tout ce qui est fait dans les sciences sociales. Ces contenus se basent sur des analyses rapides qui ne font qu’aggraver et amplifier les préjugés répandus sur la situation, en l’occurrence le conflit israélo-palestinien.
L’idée d’un programme ayant pour but de mettre en place un scénario médiatique susceptible de créer chez le public l’image vraisemblable d’accords de paix existants « à posteriori » entres les proto-antagonistes, et qui met de côté la question des rapports de pouvoir inégalitaires, ne peut qu’avoir des résultats néfastes sur les participants et sur la perception générale du problème israélo-palestinien.
Faire croire à ces jeunes et nous faire croire qu’ils auront des clés magiques pour résoudre ce conflit n’est qu’une façon de détourner le regard des gens de l’implication et du rôle politique actif de la France dans ce conflit. Cela aboutira sur une déception voir une dépression chez les participants, et peut-être chez les spectateurs.
Mais quels sont les présupposés de Mohamed Ulad concernant la curiosité et l’intérêt de ceux à qui il s’adresse par son curieux projet? Le portrait de Libération ne nous donne pas beaucoup de pistes sur ce point.
Nous savons bien que le conflit israélo-palestinien fait toujours partie de l’actualité. Ce genre de « show » ne fera dans le meilleur des cas que satisfaire d’avantage ceux qui font du commerce d’image-sensation. Tout cela nous ferait presque croire que la France est très loin de ce conflit, que le peuple français est au dessus de lui, et que son rôle est, dans l’esprit de la télé-réalité, de porter un jugement de valeur déterminant qui est le bon, le méchant et le mauvais.
Encore faut-il souligner que le drame médiatique est le genre préféré de la majorité des chaînes télévisées, surtout lorsque les participants sont des acteurs qui jouent leur propre réalité!
Nous savons déjà très bien sur quels principes éthiques se base la télé-réalité, comme l’évoque l’article de Libération du 28 janvier intitulé « Confessions d’un repenti de la télé-réalité ».
Néanmoins, comme l’explique Ulad dans son portrait de Libération, pas d’élimination des candidats : « on ne va pas taper 1 pour Moshe, et taper 2 pour Samir». Pas d’intrusion dans l’intimité des participants : « on ne les verra pas dormir. On les suivra quand ils feront leurs courses, quand ils s’occuperont du potager ou quand ils s’installeront à la cuisine». Et, pas de happy end obligé : « Si ça n’aboutit pas, si les accords ne sont pas signés, ce sera un indicateur du mauvais état des lieux. »
Et lorsque le jeu est terminé, ces jeunes seront bien entendu renvoyés chez eux, avec des accords signés ou non, et cette fois-ci pas de « télé » mais une « réalité ». Ils auront tous seuls à gérer leur expérience intense de rencontre avec l’« ennemi » d’ici et de maintenant et ils pleureront peut-être les beaux souvenirs de leurs amis ennemis et de la France. Mais plus tard, ils garderont au cœur une petite blessure narcissique due au fait d’avoir accepté de s’exposer face à un public certainement vaste!
Inutile alors d’essayer de moraliser quelque chose de fondamentalement immoral et inapproprié vu le contexte actuel. Inutile de penser à la réussite d’un jeu d’accords et de désaccords destiné non pas aux protagonistes du conflit mais au public français, le transformant ainsi en complice de l’exploitation d’une réalité, des émotions qui ne lui appartiennent pas, mais sur lesquelles il est plutôt partie prenante !
Il ne s’agit pas ici de s’opposer à toute possibilité de rencontres entre les deux peuples mais de les poser dans leurs dimensions réelles et de les mettre en place d’une façon mature, réfléchie et surtout responsable et engagée !
La production médiatique réfléchie est celle qui possède des instruments d’analyse valides et objectifs pour donner à son public des éléments solides pour un vrai débat, tout en contribuant à l’évolution de l’état actuel du problème israélo-palestinien. Une fausse modestie quant à ce genre de production, ne peut produire qu’un débat erroné et, peut-être dangereux. En opposant (et exposant) des jeunes israéliens et palestiniens hors du contexte sociopolitique et historique qui dure depuis plus de 60 ans, cela ne lancera que des pistes de débat figées, fragmentées et peut-être faussées.

Publicado por [Shift] às janeiro 31, 2009 12:45 AM

Comentários

E que tal brincarmos aos campos de refugiados?

www.nyu.edu/fas/institute/dri/Refugee_Run_email_invite_UNHCR.pdf

Via Vento Sueste,
ventosueste.blogspot.com/2009/02/o-refugee-run-em-davos.html

Publicado por [Stipouff] às fevereiro 2, 2009 03:50 PM

Boom shakalaka boom boom, problem sloevd.

Publicado por [Aileen] às janeiro 19, 2012 10:15 AM

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