outubro 14, 2004

La nouvelle Commission change la donne franco-allemande sur l’échiquier européen

[Fonte: Le Temps]

Les déboires du très conservateur commissaire Buttiglione devant le Parlement européen sont peut-être emblématiques de ce qui attend l’exécutif qui entrera en fonction à Bruxelles le 1er novembre. Il n’y a pas que le Parlement qui observe avec suspicion la Commission de José Manuel Durão Barroso: la France et l’Allemagne qui, traditionnels «moteurs» européens, passent habituellement pour ses alliés, la jugeraient aussi trop libérale et s’en défieraient pour n’avoir pas doté les commissaires allemand et français – nommés respectivement à l’Industrie et aux Transports – de postes d’importance. L’institution, qui en Europe doit être celle qui propose les lois et qui surveille leur application, risque-t-elle d’être plus faible que jamais face aux Vingt-Cinq et de se heurter à Paris et à Berlin? Il faudra voir à l’usage. Pour l’heure, dans la nouvelle Europe, chacun teste encore son pouvoir.

Libérale, cette commission l’est sans doute. D’abord, souligne Guillaume Durand, analyste politique au European Policy Centre, un think tank bruxellois, si l’on regarde les partis d’où viennent les commissaires, six d’entre eux sont des libéraux déclarés. Ensuite, malgré leurs étiquettes politiques, d’autres le sont par leur parcours personnel comme Peter Mandelson, le travailliste proche de Tony Blair, ou José Manuel Durão Barroso lui-même qui, conservateur, se définit comme réformiste du centre. Mais, souligne aussi Guillaume Durand, «la Commission est libérale par nature. Sa fonction historique est de persuader les autres de la nécessité de faire tomber les barrières.» Quant à savoir si elle va, du coup, se lancer à corps perdu dans ces actions que les Français qualifient avec effroi d’«ultralibérales», l’analyste n’y croit guère: «Essayer de faire l’Europe contre deux grands Etats membres et en particulier contre la France et l’Allemagne, ça ne paraît pas une bonne idée. Faire une croix sur les voix françaises et allemandes au Parlement européen, n’est pas possible en pratique. Car si on vote par appartenance politique, on n’oublie pas non plus qu’on est Allemand ou Français.»

Sylvie Goulard, ancienne conseillère de l’équipe de Romano Prodi et spécialiste de l’Europe, note que José Manuel Durão Barroso a beaucoup fait pour rassurer Paris: «Lorsqu’il s’est adressé aux Français, il a été assez adroit. Il a rappelé que la France présidait la Banque centrale européenne et qu’elle occupait de hautes fonctions au Conseil des Etats membres. Il a insisté sur les lieux de pouvoir français.» Guillaume Durand estime en outre qu’un poste plus modeste comme celui des Transports dévolu à Jacques Barrot n’empêche pas de peser sur les décisions, au contraire: «Un commissaire français à la Concurrence qui défendrait systématiquement les entreprises françaises perdrait toute influence dans la collégialité. Mais il peut être aux Transports et faire suivre les dossiers Concurrence par quelqu’un dans son cabinet. Si cette personne met intelligemment de l’huile dans les rouages, elle défendra mieux les intérêts français dans l’ombre.»

Autre facteur d’affaiblissement de l’exécutif, le fait que la Commission, qui abritait jusqu’alors deux commissaires par grand Etat, n’en n’aura plus qu’un seul pour chacun des Vingt-Cinq. Paris, Berlin, mais aussi Londres, Rome et Madrid perdent chacun un commissaire. Pour Sylvie Goulard, inquiète de cette nouvelle donne, c’est «une forme de nationalisation de la Commission qui est extrêmement contraire à son esprit. Et ça va aussi poser un problème de légitimité de ses décisions dans les grands pays». «De facto, les commissaires sont soupçonnés en permanence d’être les représentants de leur Etat membre, renchérit Guillaume Durand. Mais une commission qui voterait régulièrement selon un schéma «petits Etats contre grands Etats» serait politiquement morte au bout de six mois.»

Reste que le couple franco-allemand ne pourra plus fonctionner comme par le passé, lorsque le consensus entre les vues de départ divergentes de Berlin et Paris finissait par être accepté par tous: «Ce raisonnement est probablement beaucoup moins vrai dans l’Europe à Vingt-Cinq, note Guillaume Durand. Le point d’équilibre du consensus franco-allemand peut, sur un grand nombre de sujets, être sensiblement différent du consensus ou de la majorité dans cette nouvelle Europe. Il y a un déplacement. Mais dans quelle direction? C’est relativement difficile à dire.»

Certains, comme la Grande-Bretagne et de nouveaux pays, pourraient vouloir saisir cette opportunité pour déposséder les pays fondateurs de leur modèle d’Europe en redonnant du pouvoir aux Etats dans une Union plus libérale. «Nous sommes dans une crise de croissance, reconnaît Sylvie Goulard. L’Europe est victime de son succès. Dans ces cas-là, il faut garder le cap.» Et d’appeler à l’engagement renouvelé des Français, notamment, pour qu’ils s’adaptent aux changements induits par l’élargissement. «La Commission seule ne peut rien, note-elle. Mais les Etats membres seuls, c’est la fin de l’Europe.»

Publicado por jpdias às 09:12 PM

outubro 18, 2004

La Commission européenne réitère sa confiance à Rocco Buttiglione

[Fonte: Le Temps]

Après les propos controversés, sur l'homosexualité notamment, du nouveau commissaire italien, le président de la future Commission européenne se veut confiant avant sa rencontre de jeudi avec les présidents des groupes parlementaires. La Commission européenne a réitéré lundi sa confiance à Rocco Buttiglione. Le commissaire désigné a pourtant multiplié les propos controversés, alors que José Manuel Barroso rencontre jeudi les présidents des groupes politiques du Parlement. «José Manuel Barroso reste confiant qu’à la fin du parcours son équipe recevra l’aval du Parlement», a déclaré une porte-parole. Pia Ahrenkilde n’a pas voulu en dire plus en dépit des nombreuses questions posées sur les intentions du président désigné de la Commission. Impensable. Seule certitude, si le Parlement européen (PE) n’approuvait pas la nouvelle Commission, c’est bien celle de Romano Prodi qui «resterait théoriquement en place». Une situation en fait intenable puisque des commissaires actuels sont déjà partis ou font leurs adieux. José Manuel Barroso viendra s’expliquer jeudi devant la Conférence des présidents des groupes politiques du PE. Il devra «réagir» aux évaluations des auditions des candidats commissaires, avant que le Parlement ne se prononce le 27 octobre, en séance plénière, sur la nouvelle Commission, qu’il ne peut approuver ou rejeter que dans son ensemble. Récusé par une commission. Le cas Rocco Buttiglione, 56 ans, focalisera l’attention. Catholique conservateur, il a été pressenti pour le portefeuille de commissaire européen à la Justice, la liberté et la sécurité, mais la commission Libertés publiques du PE l’a récusé. Elle a désapprouvé ses prises de positions sur l’homosexualité, qu’il considère comme «un péché», et sur la famille qui existe, selon lui, «pour permettre à la femme d’avoir des enfants et d’être protégée par son mari». Au lien de se calmer, la polémique a été encore relancée ce week-end. Inquisition dénoncée. Rocco Buttiglione a donné l’impression de dénigrer les mères célibataires. Il a toutefois réagi en affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte et s’est plaint d’être victime d’une discrimination et d’une «inquisition» anti-chrétiennes. Certains eurodéputés, comme le groupe socialiste PSE, ont menacé de refuser l’investiture, si Rocco Buttiglione n’était pas désavoué ou affecté à un autre poste. Le commissaire désigné à l’industrie, Günter Verheugen, a pris en revanche sa défense en estimant qu’en «Europe, chacun a le droit d’avoir son opinion et de vivre sa vie en fonction de certaines valeurs». Proche de Jean Paul II. «Néanmoins, un membre de la Commission ne doit pas placer de telles valeurs personnelles au-dessus des réglementations européennes. Et Buttiglione l’a explicitement précisé. Moi aussi, ces dernières années, j’ai dû faire certaines choses à l’encontre de mes convictions personnelles», a précisé Günter Verheugen. Professeur de philosophie politique, proche de Jean Paul II dont il a écrit certaines encycliques, Rocco Buttiglione est considéré en Italie comme un intellectuel de haut vol. Il a reçu un soutien remarqué, non seulement de l’intelligentsia catholique, mais aussi d’autres personnalités athées. Politiquement correcte. Plusieurs éditoriaux parus jeudi dernier dans la presse italienne illustrent l’incompréhension d’une partie des intellectuels de la Péninsule. Dans un article intitulé «Une Europe tristement correcte politiquement», Ernesto Galli Della Loggia, l’une des sommités universitaires du pays, estime que «l’affaire Buttiglione» montre qu’il n’y a plus dans les cercles du pouvoir à Bruxelles de tolérance pour les catholiques qui affichent ouvertement leurs convictions.

Publicado por esta às 05:21 PM

outubro 19, 2004

L'Union européenne désespère de la dérive biélorusse

[Fonte: Le Temps]

Le oui au référendum permettant à Alexander Loukachenko de briguer un nombre illimité de mandats est jugé sévèrement par Bruxelles. Un nouvel épisode dans les relations tourmentées entre Minsk et l'UE

Publicado por esta às 09:14 AM

outubro 22, 2004

Le Parlement européen très tenté d'utiliser la Commission Barroso pour affirmer son autonomie

Fonte:Le TempsUNION EUROPEENNE. La proposition du successeur de Romano Prodi d'encadrer par d'autres commissaires l'action de Rocco Buttiglione en matière de non-discrimination n'a pas convaincu la gauche du Parlement, qui menace de voter contre son équipe.

Publicado por esta às 01:37 PM

outubro 25, 2004

Bush signe la loi permettant de faire cesser les sanctions européennes

[Fonte: Le Temps]

Le président George W. Bush a signé la loi réformant les aides à l'exportation américaines, qui permettent de lever les sanctions commerciales européennes et de distribuer 140 milliards de dollars de cadeaux fiscaux à une collection d'entreprises des plus hétéroclites. "Cette loi va mettre fin aux sanctions européennes sur les exportations américaines et va aider à améliorer la compétitivité des industriels américains et favoriser les créations d'emplois", s'est félicité vendredi Scott McClellan, le porte-parole de la présidence. Depuis mars dernier, l'Union européenne impose des droits de douanes, dont le montant progressif a atteint les 12% et devrait passer à 15% en novembre, sur une liste d'exportations américaines. L'UE avait obtenu dès 2002 le feu vert de l'Organisation mondiale du Commerce pour ces sanctions contre une réglementation américaine condamnée par l'OMC comme contraire à ses règles. Le montant du préjudice avait été évalué à 4 milliards de dollars par l'OMC. Après adoption de la nouvelle loi par le Congrès américain le 11 octobre, Bruxelles avait demandé quelques jours pour prendre connaissance des centaines de pages de cette loi avant de lever officiellement les sanctions. "Ce texte, baptisé 'Loi américaine de création d'emplois de 2004', est une caverne d'Ali Baba de réductions fiscales pour une série d'industries, de multinationales américaines protégeant leurs bénéfices à l'étranger", entre autres, a résumé le Wall Street Journal (WSJ). Le paquet, qui réforme la loi condamnée par l'OMC sur les Foreign Sales Corporation (FSC), prévoit des réductions fiscales d'environ 140 milliards de dollars sur dix ans. Pour compenser les 1.800 entreprises, dont Microsoft, Boeing et Caterpillar, qui ne bénéficieront plus des FSC, le Congrès a instauré une réduction progressive jusqu'en 2010 et jusqu'à un taux maximum de 32% de l'imposition pour les industriels favorisant la production aux Etats-Unis. Une autre disposition prévoit l'abaissement pendant un an à 5,25% (contre 35% actuellement) de l'imposition du transfert aux Etats-Unis des revenus générés à l'étranger. Selon les experts , cela devrait permettre le rapatriement de 650 milliards de dollars aux Etats-Unis, rapportant environ 2,8 mds USD au Trésor américain l'an prochain. Les grands bénéficiaires devraient être les mêmes que ceux qui ont profité des années durant des anciennes exonérations, selon les analystes. Mais plusieurs de ces grandes sociétés devraient en profiter pour éponger des dettes, comme le géant informatique Hewlett Packard l'a laissé entendre, plutôt que de créer des emplois, selon Mike Hoban, éditorialiste de Times Business. "Réduire les impôts des entreprises américaines sur le long terme aidera à protéger les emplois en Amérique, ce qui est bon, mais il semble clair que le l'affreux bébé appelé 'Loi de création d'emplois' ait été mal nommée à sa naissance", a-t-il ajouté. Enfin, les critiques ont fusé sur la définition élastique du "secteur manufacturier" bénéficiaire de ce paquet fiscal. "Chaque entreprise avec un lobby républicain entre dans la catégorie manufacturier", ironisait un membre de la commission fiscale du Congrès dans la presse. Ainsi des agriculteurs, producteurs pétroliers, architectes ou ingénieurs civils travaillant aux Etats-Unis peuvent bénéficier des nouvelles mesures, notamment le géant des BTP Bechtel et le conglomérat Halliburton, tous deux très actifs dans la reconstruction en Irak. Mais également, entre autres, des producteurs de tondeuses à gazon, des propriétaires de circuits automobiles (NASCAR), les supermarchés produisant leur propre pain, les locations de vidéos, les baleiniers de l'Alaska...

Publicado por esta às 12:42 PM

outubro 26, 2004

EUROPE. Signature des accords bilatéraux II

[Fonte: Le Temps]

La Suisse et l’Union européenne vont signer cet après-midi à Luxembourg les accords bilatéraux bis et l’extension de la libre circulation des personnes. Joseph Deiss et Micheline Calmy-Rey sont attendus dans le Grand-Duché pour une brève cérémonie.La Suisse et l’Union européenne (UE) ont signé mardi à Luxembourg les accords bilatéraux bis et l’extension de la libre circulation des personnes. «Un moment important» pour les deux parties, a affirmé la présidence néerlandaise de l’UE. «Je crois que tant la Suisse que l’Union européenne vivent là un moment important», a déclaré en ouvrant la cérémonie le ministre néerlandais de la Justice, Piet Hein Donner. Les négociations ont été «intenses et ardues», a relevé de son côté le président de la Confédération, Joseph Deiss.
Ces textes sont dans l’intérêt de la Suisse et de l’Union, a poursuivi le conseiller fédéral, pour qui «la confiance mutuelle» entre les deux partenaires sort renforcée de ces années de négociation. A ses yeux, la coïncidence de ces pourparlers avec l’élargissement de l’UE a également permis de montrer que la Suisse était «solidaire de ce moment de l’histoire».

Bon présage
Micheline Calmy-Rey a exprimé quant à elle son «très grand plaisir» de pouvoir signer à Luxembourg ces accords. C’est là que les premières bilatérales ont été signées en 1999, a rappelé la conseillère fédérale en espérant qu’il s’agissait là d’un «bon présage» pour l’avenir du deuxième paquet d’accords.
Pour la Commission européenne, le directeur général Jonathan Faull s’est aussi félicité de cette signature. Elle «renforce et approfondit» les relations avec la Suisse et procure des avantages quotidiens à la population. Il a souhaité en revanche que l’accord sur l’aide suisse à la cohésion soit «négocié et finalisé rapidement».

Une étape
La signature des accords est une étape pour la Suisse, a reconnu enfin Joseph Deiss. Les commissions parlementaires sont déjà à l’oeuvre, puis ce sera aux Chambres de travailler dur à la session de décembre, avant la période référendaire de 100 jours.
«Nous ne devons pas craindre un instrument démocratique» comme le référendum, a-t-il répondu à une journaliste. Un travail d’explication et de conviction des Suisses sera nécessaire. Il a souligné également l’engagement indispensable des responsables cantonaux pour surveiller la bonne application de la libre circulation des personnes.

Publicado por esta às 02:24 PM

outubro 27, 2004

Barroso capitule devant l'hostilité des eurodéputés à sa Commission

Fonte: Le TempsLe président de la future Commission européenne José Manuel Durao Barroso a capitulé mercredi face à l'hostilité des eurodéputés à son équipe et va consulter les dirigeants de l'UE avant de présenter un nouveau collège devant les eurodéputés.


Mercredi 27 octobre 2004 11:32
AFP


«Je suis arrivé à la conclusion que si un vote a lieu aujourd'hui, le résultat ne sera pas positif pour les institutions européennes et le projet européen», a déclaré M. Barroso, sous les applaudissements nourris de l'hémicycle.
«Dans ces circonstances, j'ai décidé de ne pas soumettre la nouvelle Commission à votre approbation aujourd'hui», a-t-il dit.
«J'ai besoin de plus de temps pour examiner ce dossier et pour consulter plus avant le Conseil européen (des chefs d'Etat et de gouvernement) afin que nous puissions avoir un fort soutien pour la nouvelle Commission, lorsqu'elle sera finalement approuvée», a-t-il ajouté.
M. Barroso a émis l'espoir de trouver une issue «dans les prochaines semaines» à cette crise inédite dans l'histoire de la construction européenne.
La Commission Barroso devait normalement prendre ses fonctions à Bruxelles le 1er novembre.
Mais elle était assurée en cas de vote au Parlement européen mercredi d'un refus d'investiture par une majorité d'eurodéputés, hostiles en particulier au commissaire italien désigné à la Justice, la Liberté et la Sécurité, Rocco Buttiglione, auteur de propos controversés sur l'homosexualité et la famille.
«Je comprends la situation. La conséquence est que la Commission Prodi restera en place aussi longtemps que nécessaire», a répondu le secrétaire d'Etat néerlandais aux Affaires européennes Atzo Nicolaï, qui représentait la présidence de l'Union européenne à Strasbourg.

Publicado por esta às 12:16 PM

Bruxelles prévoit une décélération de la croissance européenne en 2005

Fonte: Le TempsBRUXELLES (AFP) - La Commission européenne a prévu mardi une décélération de la croissance européenne en 2005 à 2%, du fait de l'envolée "néfaste" des prix du pétrole et s'inquiéte de la poursuite des dérapages budgétaires des grands pays, Allemagne, France et Italie.

Profitant de la reprise mondiale, l'économie européenne est sortie fin 2003 de sa léthargie et va afficher une croissance de 2,1% cette année, prévoit Bruxelles qui revoit ainsi en hausse de 0,4 point sa prévision de printemps.

En revanche, pour 2005, Bruxelles a réduit de 0,3 point à 2% la performance prévisible pour la zone euro.

"La croissance devrait fléchir quelque peu, conséquence néfaste de l'envolée des prix du pétrole", a estimé la Commission. Pour 2006, elle prévoit une légère accélération, à 2,2%.

"Les prix du pétrole font peser un risque sur la croissance", a souligné le commissaire aux Affaires économiques Joaquin Almunia.

Bruxelles table sur un maintien des prix du pétrole à des niveaux élevés, le baril devant rester à 50 dollars en moyenne au dernier trimestre de cette année. En 2005, il devrait valoir 45,1 dollars en moyenne sur l'année avant de se replier à 40,1 dollars en 2006.

L'économie européenne sera une nouvelle fois à la traîne des Etats-Unis, qui devraient croitre de 4,4% cette année et 3% l'an prochain, selon les prévisions de la Commission.

Une autre menace pour l'Europe est "une forte appréciation de l'euro" qui "risque de miner l'activité économique en particulier dans le secteur manufacturier", prévient Bruxelles.

Toutefois, rappelle M. Almunia, si "la hause de l'euro est lente" et "n'est pas énorme", "son effet sera globalement plutôt positif" car il réduit la "facture énergétique et les pressions inflationnistes".

L'économie européenne est d'autant plus vulnérable que sa reprise est fondée début début 2004 sur les seules exportations, avec "un investssement nul au premier semestre", souligne Almunia.

Mais, M. Almunia prévoit une "reprise de la demande intérieure" grâce notamment à "une hausse des revenus disponibles".

Le chômage devrait commencer à reculer en 2006 à 8,6%, après une stabilisation à 8,9% en 2004 et 2005. Malgré l'envolée du pétrole, l'inflation devrait refluer à 1,9% en 2005 et 1,7% l'année suivante, après 2,1% en moyenne cette année.

La reprise n'a pas permis un assainissement durable des finances publiques des grands pays, regrette Bruxelles.

Les déficits publics de cinq pays de la zone euro, l'Allemagne, la France, l'Italie, la Grèce et le Portugal "devraient avoisiner ou dépasser" en 2005 le seuil de 3% du PIB fixé par le pacte de stabilité, à moins de nouvelles mesures, prévient la Commission.

Le déficit allemand devrait s'établir à 3,9% cette année et passer à 3,4% l'an prochain, dépassant la limite du pacte pour la quatrième année consécutive. Mais, en 2006, Berlin aura corrigé son déficit excessif et affichera un passif de 2,9%, estime Bruxelles.

Le gouvernement allemand a réaffirmé mardi sa volonté de revenir l'an prochain dans les clous du pacte et estimé avoir des divergences d'appréciation avec la Commission sur les perspectives économiques.

La France, elle, revient l'an procahin au niveau des 3% du pacte grâce notamment à la soulte versée par EDF-GDF pour le transfert au régime général des retraites de ses salariés, mais pourrait dériver de nouveau en 2006.

M. Almunia a affirmé suivre de près l'évolution budgétaire des deux grands pays.

L'Italie va afficher un déficit de 3% cette année et l'an prochain et ses comptes vont se détériorer encore en 2006, à 3,6%. Mais la Commission "attend" avant de lancer une procédure contre Rome de voir si les réductions d'impôt du gouvernement Berlusconi "sont financées", a relevé le commissaire.

Publicado por esta às 12:19 PM

UE: Barroso renonce à présenter sa Commission au Parlement

[Fonte: Le Temps]
STRASBOURG (AFP) - Le président de la future Commission européenne José Manuel Durao Barroso a capitulé mercredi face à l'hostilité des eurodéputés à son équipe et va consulter les dirigeants de l'UE avant de présenter un nouveau collège devant les eurodéputés.

"Je suis arrivé à la conclusion que si un vote a lieu aujourd'hui, le résultat ne sera pas positif pour les institutions européennes et le projet européen", a déclaré M. Barroso, sous les applaudissements nourris de l'hémicycle.

"Dans ces circonstances, j'ai décidé de ne pas soumettre la nouvelle Commission à votre approbation aujourd'hui", a-t-il dit. "J'ai besoin de plus de temps pour examiner ce dossier et pour consulter plus avant le Conseil européen (des chefs d'Etat et de gouvernement) afin que nous puissions avoir un fort soutien pour la nouvelle Commission, lorsqu'elle sera finalement approuvée", a-t-il ajouté. M. Barroso a émis l'espoir de trouver une issue "dans les prochaines semaines" à cette crise inédite dans l'histoire de la construction européenne.

La Commission Barroso devait normalement prendre ses fonctions à Bruxelles le 1er novembre. Mais elle était assurée en cas de vote au Parlement européen mercredi d'un refus d'investiture par une majorité d'eurodéputés, hostiles en particulier au commissaire italien désigné à la Justice, la Liberté et la Sécurité, Rocco Buttiglione, auteur de propos controversés sur l'homosexualité et la famille.

"Je comprends la situation. La conséquence est que la Commission Prodi restera en place aussi longtemps que nécessaire", a répondu le secrétaire d'Etat néerlandais aux Affaires européennes Atzo Nicolaï, qui représentait la présidence de l'Union européenne à Strasbourg.

Publicado por esta às 12:23 PM

José Manuel Barroso tente de sauver sa Commission

[Fonte: Le Temps]
UNION EUROPEENNE. A la veille du vote d'investiture du Parlement de Strasbourg, le successeur de Romano Prodi a joué son va-tout, mardi, pour convaincre les députés de lui accorder leur confiance


LT
Mercredi 27 octobre 2004

Le président de la future Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, a abattu mardi ses dernières cartes pour sauver son équipe d'un refus d'investiture, sans céder aux eurodéputés nombreux à exiger le remaniement du collège suite à l'affaire Rocco Buttiglione. Dans un vigoureux plaidoyer à la veille du vote crucial du Parlement européen, ce mercredi, le Portugais a renouvelé ses appels au «sens des responsabilités» des élus de Strasbourg, affirmant qu'un rejet du nouvel exécutif marquerait «un mauvais moment pour l'Europe». La gauche de l'assemblée et de nombreux souverainistes lui ont réaffirmé leur hostilité, tout comme une part importante des élus centristes et libéraux, contre l'avis de leur patron Graham Watson.

Sur fond de pressions des Etats membres pour sauver la mise au successeur de Romano Prodi, le scrutin d'aujourd'hui s'annonce plus indécis que jamais et pourrait se jouer à quelques voix près. Un rejet de la Commission avant même son entrée en fonctions serait inédit. Il signifierait la prolongation pour une durée indéterminée du mandat de l'exécutif dirigé depuis cinq ans par Romano Prodi, qui gérerait les affaires courantes

José Manuel Barroso et ses partisans craignent une crise majeure, à deux jours de la signature de la Constitution européenne le 29 octobre à Rome. Ses adversaires voient au contraire dans ce scénario le signe de la vitalité démocratique d'une UE aux pouvoirs parlementaires renforcés.

José Manuel Barroso, entouré de toute sa Commission, dont Rocco Buttiglione impassible sous les critiques, a demandé aux eurodéputés de ne pas répondre au «scepticisme qui affecte la démocratie européenne» en donnant «de nouveaux arguments» à «tous ceux qui veulent affaiblir l'Europe» par un vote négatif. «Un changement de portefeuille [...] posera plus de problèmes qu'il n'en résoudra», a-t-il répondu à ceux qui exigeaient qu'il retire au catholique conservateur italien ses fonctions de commissaire à la Justice, la Liberté et la Sécurité.

La Commission Barroso court le risque d'être privée d'investiture, en raison de l'hostilité de nombreux eurodéputés à Buttiglione, suite à ses propos qualifiant l'homosexualité de «péché» et résumant le rôle de la famille à «permettre à la femme d'avoir des enfants et d'être protégée par son mari». Elle n'est assurée du soutien que des conservateurs (PPE), première force du parlement avec 268 sièges mais où 28 Tories britanniques pourraient faire défaut, et des 27 élus nationalistes de l'Union pour l'Europe des nations (UEN). En revanche, l'extrême gauche (GUE, 41 sièges) et les Verts (42 sièges) voteront unanimement contre, tout comme vraisemblablement une large majorité des 200 socialistes. Les 37 souverainistes d'Indépendance et démocratie sont partagés entre partisans du non, comme les élus du Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), et les défenseurs de Rocco Buttiglione, emmenés par la Ligue des familles polonaises (LPR). Mais les plus divisés, qui feront tomber ou non l'épée sur la Commission Barroso, sont les 88 députés de l'Alliance des démocrates et libéraux pour l'Europe (ADLE), que José Manuel Barroso devait rencontrer mardi soir.

Publicado por esta às 12:27 PM

Berlin, porte d'entrée de l'UE pour Ankara

[Fonte: Le Temps]
Le premier ministre turc a profité du sommet Chirac-Schröder pour s'assurer du soutien franco-allemand.
Yves Petignat, Berlin
Malgré de fortes résistances dans leurs opinions publiques et leurs parlements respectifs, Jacques Chirac et Gerhard Schröder soutiendront le 17 décembre, lors d'un conseil européen, la recommandation de la Commission européenne d'entamer des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union. Ils l'ont redit au premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qu'ils ont rencontré mardi soir à Berlin à l'issue du quatrième Conseil des ministres franco-allemand.

Officiellement, le premier ministre turc était venu dans la capitale allemande assister à la signature d'un contrat d'achat de 36 Airbus par Turkish Airlines pour un montant de 2,8 milliards d'euros. En réalité, il voulait s'assurer, une fois encore, du soutien du couple franco-allemand dans la question de la candidature controversée de la Turquie. Celle-ci craint que, sous la pression des opinions publiques, le Conseil du 17 décembre décide sous une forme déguisée de repousser l'ouverture des négociations.

«Le but des négociations doit être l'adhésion et aucun autre», a prévenu le chancelier Gerhard Schröder lors de la conférence de presse qui a suivi le Conseil franco-allemand. Il visait directement l'idée d'un partenariat privilégié que caressent aussi bien l'opposition chrétienne démocrate en Allemagne qu'une bonne partie de la majorité UMP en France. Pour sa part, Jacques Chirac s'est refusé à voir un risque de confusion dans l'opinion entre le référendum sur le traité constitutionnel de l'UE d'une part et l'adhésion de la Turquie de l'autre. «Ce sont deux décisions qui n'ont rien à voir entre elles. Le processus de négociation et d'adhésion prendra plusieurs années. Et pour cela, la Turquie devra s'engager sur la voie des réformes, se rapprocher des pratiques et des lois de l'Europe», a cru pouvoir rassurer le président français. Il n'est pas question en tout cas de repousser l'ouverture formelle des négociations ou de procéder dans un premier temps à une pré-négociation dans l'attente de la ratification du traité par tous les membres de l'UE. «Je n'ai pas connaissance d'une telle idée», a affirmé Jacques Chirac.

Par ailleurs, lors du Conseil franco-allemand, les deux gouvernements ont décidé d'un commun accord de relancer l'enseignement et la pratique de la langue du partenaire non seulement auprès des étudiants, mais aussi auprès des jeunes en formation professionnelle. Le but est d'augmenter de moitié, sur dix ans, le nombre de jeunes Allemands et de jeunes Français qui apprennent la langue du voisin. Il a aussi été question de la réforme du Pacte de stabilité et de la stratégie de Lisbonne, qui est de faire de l'UE l'économie la plus compétitive au monde d'ici à 2010.

Publicado por esta às 12:32 PM

outubro 28, 2004

Le Parlement de Strasbourg contraint le président de la Commission de Bruxelles à battre en retraite

[Fonte:Le Temps]
UNION EUROPEENNE. Devant l'hostilité des eurodéputés envers des membres de son équipe, José Manuel Durão Barroso a décidé mercredi de temporiser. Reste à savoir si le temps qu'il s'est donné en reportant le vote du Parlement sera suffisant pour trouver une solution au «cas» Buttiglione


Eléonore Sulser, envoyée spéciale à Strasbourg
Jeudi 28 octobre 2004

«Nous avons devant nous un terrain politique qui reste à explorer.» Josep Borrell, le président du Parlement européen, comme beaucoup d'autres parlementaires de l'Assemblée de Strasbourg, a pu avoir le sentiment, mercredi, de vivre un tournant historique pour son institution. En choisissant d'«arrêter la montre», pour reprendre sa propre expression, et de se donner plus de temps avant de soumettre son équipe de commissaires à l'approbation des eurodéputés «afin que nous puissions avoir une fort soutien pour la nouvelle Commission lorsqu'elle sera finalement approuvée», José Manuel Durão Barroso a en quelque sorte conféré un poids nouveau au Parlement de Strasbourg: «Ce Parlement élu grâce à un vote populaire dans l'ensemble des Etats membres doit effectivement jouer un rôle vital dans la gestion de l'Europe», a concédé le futur président de la Commission européenne. Le Parlement a applaudi le geste et lui a donné le temps qu'il lui faudra pour remanier son équipe. Pas de calendrier donc. Ni Josep Borrell ni José Manuel Durao Barroso n'ont voulu s'enfermer dans des échéances. En attendant, à Bruxelles, Romano Prodi et ses commissaires sortants, qui étaient sur le départ, resteront après le 1er novembre et expédieront les affaires courantes.

Au-delà du cas de Rocco Buttiglione, qui a cristallisé les oppositions des parlementaires, l'enjeu pour les élus de Strasbourg était de prouver qu'on ne pouvait écarter leur avis d'un revers de la main. Il leur fallait aussi battre en brèche la réputation de «tigre de papier» du Parlement, connu pour faire beaucoup de bruit mais, au final, éviter la crise. Et ce sont sans doute ces considérations-là, ajoutées à la faiblesse constatée de plusieurs candidats à la future Commission européenne – dont la Néerlandaise Neelie Kroes, la Danoise Mariann Fischer Boel, le Grec Stravros Dimas, la Lettone Ingrida Udre et le Hongrois Laszlo Kovacs –, qui ont rallié tant d'eurodéputés à l'idée d'un refus de la Commission.

Jusqu'à tard mardi soir, José Manuel Durão Barroso a pu croire que les libéraux suivraient l'injonction de leur patron, Graham Watson, tardivement rallié à sa cause. Beaucoup d'entre eux ont en réalité résisté. Il a pu penser aussi que les sociaux-démocrates céderaient aux mots d'ordre de leurs gouvernements, mais mardi soir, toutes les formations nationales du groupe socialiste européen s'étaient prononcées pour le «non». Le chef du groupe, l'Allemand Martin Schulz, jubilait même, déclarant partout qu'il était désormais à la tête d'une véritable force politique européenne. Au sein du Parti conservateur, groupe le plus important du Parlement, l'Allemand Hans Gert Pöttering a dû se rendre à l'évidence: toutes ses recrues, et notamment les eurosceptiques britanniques, n'étaient pas prêtes à voter comme un seul homme en faveur de l'équipe Barroso. Et de saluer un processus de «parlementarisation» de l'Europe: «Il y a dix ou quinze ans, personne n'aurait cru que ce serait possible!» Même l'eurosceptique Jens Peter Bonde était ravi: «La bonne chose, c'est que les gouvernements vont réaliser qu'ils ne peuvent plus envoyer à Bruxelles les gens dont ils veulent se débarrasser.»

José Manuel Durão Barroso est maintenant pris entre les feux croisés du Parlement et ceux des gouvernements nationaux dont certains, comme Rome et La Haye, ont déclaré dans un premier mouvement maintenir leurs candidats respectifs. Il n'a pas voulu donner la moindre piste sur la manière dont il entend réformer son équipe, se contentant de déclarer qu'il prendrait les mesures «nécessaires et suffisantes». Une simple redistribution des portefeuilles reste un choix qui pourrait s'avérer périlleux. Les Libéraux comme les Socialistes ont laissé entendre que Rocco Buttiglione devait disparaître de la liste des futurs commissaires.

Si le chancelier allemand a pu regretter hier que la nouvelle Commission ne soit pas investie et que par là même, la date du 1er novembre, inscrite dans les traités européens, ne soit pas respectée pour la passation des pouvoirs, Jean-Claude Juncker a en revanche refusé d'y voir une crise européenne. Aux yeux du premier ministre luxembourgeois, qui est aussi le doyen des chefs d'Etat européens, «de tous les scénarios que l'on pouvait imaginer, celui-ci était le meilleur» .

Publicado por esta às 02:49 PM

La leçon de maoïsme de Daniel Cohn-Bendit

[Fonte:Le Temps]
Pour le président des Verts européens, la légitimité de José Manuel Durão Barroso n'est pas en cause, mais, prévient-il, «il n'a pas droit à l'erreur».
Eléonore Sulser, Strasbourg
Il était là dès le matin, dans les couloirs du Parlement de Strasbourg, pour annoncer avant tout le monde que José Manuel Durão Barroso, ayant fait ses comptes, consultait tous azimuts pour savoir quelle réponse donneraient les groupes politiques à un retrait de sa Commission. Daniel Cohn-Bendit, le président des Verts européens, jubilait visiblement, présent partout, multipliant les déclarations et les traits d'esprit face aux parlementaires et aux journalistes, sans rien perdre de son pragmatisme.

«Comprendre les défaites, c'est préparer la victoire», a-t-il lancé malicieusement à José Manuel Durão Barroso, citant Mao Zedong en hommage ironique au passé maoïste du président élu de la Commission européenne. «La conquête de la confiance du Parlement est une Longue Marche, nous allons vous aider dans cette Longue Marche», a-t-il poursuivi. «Barroso a été victime de sa propre imagination et il n'a rien entendu. Même dans son entourage le plus proche, on lui a dit: «tu vas au casse-pipe.» Et Daniel Cohn-Bendit d'expliquer que pour lui, les causes du revirement de dernière minute du futur patron de la Commission étaient à chercher du côté des mathématiques: «Il pouvait retourner le problème dans tous les sens, il lui manquait vingt à trente voix.» Et de noter que le «brave soldat Barroso» s'est mis «dans une situation où les gouvernements ne pouvaient pas le sauver». «Il y a des tas de gens au Conseil qui ont voté pour lui et qui n'étaient pas pour lui»: Tony Blair soutenait Barroso, explique-t-il en substance, mais il lui aurait préféré Verhofstadt, il a donc admis que les travaillistes du Parlement prennent leurs responsabilités. Les Français et les Allemands n'étaient pas fans de Barroso. Quant aux députés socialistes espagnols, raconte Cohn-Bendit, ils ont appelé eux-mêmes Zapatero pour lui dire de ne rien tenter.

Pour autant, le président des Verts européens ne pense pas, comme certains, que Barroso devrait se récuser lui-même: «Nous maintenons qu'il a été élu. Mais, prévient-il, il n'a pas droit à l'erreur. Il ne peut pas jouer tous les dimanches à ce petit jeu. Il doit oser s'opposer aux gouvernements. Je crois qu'il n'y a rien d'irréparable. Il y a eu un clash. C'est la vie. Ce n'est pas grave.» Evidemment, son avenir, face au Parlement européen «dépendra d'abord de la qualité de sa deuxième proposition [...]; de la qualité des propositions législatives de cette Commission [...]; de sa capacité à négocier avec différentes majorités sur des dossiers précis. «Il a une deuxième chance. Je suis pour donner une deuxième chance.»

Quant à savoir si Daniel Cohn-Bendit demanderait à José Durão Barroso de s'engager à ne pas reprendre Rocco Buttiglione, le président des Verts rétorque simplement: «Je ne demande pas des engagements contre la folie.»

Publicado por esta às 02:59 PM

UE: la composition de la Commission devient un exercice à haut risque

[Fonte:Le Temps]
BRUXELLES (AFP) - La composition de la Commission européenne est devenue un exercice à haut risque du fait de l'élargissement à 25 pays et de la polarisation politique du Parlement européen, avec des règles inchangées en dépit des propositions avancées par la Convention chargée de préparer le Traité constitutionnel.

Les parlementaires européens qui ont contraint mercredi le président désigné José Manuel Durao Barroso à retirer une équipe contestée ont d'ailleurs insisté sur la responsabilité des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union, à qui incombent la désignation des 25 membres du collège.

En indiquant jeudi qu'il procéderait à des "changements ponctuels", "quelque chose de très limité", au risque de ne pas satisfaire le PE, M. Barroso a souligné l'étroitesse de sa marge de manoeuvre. "Les Etats européens doivent à l'Europe leurs meilleurs et leurs plus intelligents", avait lancé mercredi Graham Watson, le leader des Libéraux, pour qui ce n'est pas ce que M. Barroso avait obtenu. "Vous avez du faire avec ce que vous aviez", a renchéri le leader socialiste Martin Shulz. "Les chefs d'Etat et de gouvernement ont été stupides de refuser la proposition de la Convention, qui voulait que les Etats proposent trois candidats, dont au moins une femme, au choix du président désigné", affirme John Palmer, directeur politique du European Policy Center.
. Barroso, partisan du maintien à Bruxelles du commissaire sortant à la Concurrence Mario Monti s'est ainsi vu imposer par Rome Rocco Buttiglione, l'homme par qui le scandale est arrivé. Selon une personnalité de la Commission sortante, les dirigeants des grands Etats membres n'ont pas tiré la leçon de l'élargissement, qui a fait passer le collège de 20 à 25 membres, mais avec un seul représentant par Etat membre, grand ou petit. Le travail de répartition des portefeuilles par le président désigné "était plus facile quand il avait le choix entre deux commissaires des grands pays", explique cette source.

Désormais, les capitales ne devraient plus avoir droit à l'erreur, sauf si, comme on l'a beaucoup entendu à Strasbourg, l'objectif du Conseil (des chefs d'Etat et de gouvernement) était d'affaiblir l'exécutif européen. Avec un seul commissaire par pays, l'équilibre dans la répartition des portefeuilles est devenu problématique. "A partir du moment où il n'y a plus qu'un commissaire par Etat membre, la répartition des portefeuilles devient très difficile", estime la même personnalité.

Allant vite en besogne cet été, M. Barroso a confié les compétences les plus importantes de la Commission à des commissaires venant de petits pays et aux orientations politiques très libérales. En outre, le risque lié à certaines personnalités, M. Buttiglione mais aussi Neelie Kroes, Ingrida Udre ou Mariann Fischer-Boel avaient été relevé très tôt. Enfin, le débat de Strasbourg a souligné pour l'avenir la nécessité d'une certaine adéquation entre la composition de la Commission et celle du Parlement, et pas seulement celle du Conseil.

En exigeant la présidence de la Commission pour un membre du PPE, parti conservateur sorti vainqueur des élections européennes mais loin d'être majoritaire, son président Hans-Gert Poettering a accentué la polarisation politique au sein du PE, comme M. Barroso l'a appris mercredi à ses dépends. "Le parti le plus important ne fait pas une majorité", a remarqué le coprésident des Verts européens Daniel Cohn-Bendit.

"La Commission doit être davantage le reflet du PE. Il y a un déséquilibre qui tient à la composition du Conseil européen", remarque une source communautaire. Mais les capitales, où dominent actuellement les gouvernements conservateurs, ont envoyé à Bruxelles la Commission la plus à droite de l'histoire européenne.

Publicado por esta às 03:06 PM

outubro 29, 2004

Appels à la ratification rapide de la Constitution européenne

[Fonte:Le Temps]
Sur fond de crise, les dirigeants des 25 pays membres de l'Union européenne (UE) sont réunis à Rome aujourd'hui pour parapher la Constitution.


Vendredi 29 octobre 2004 11:45
Agences


Les dirigeants des 25 pays de l’UE, réunis à Rome pour la signature de la Constitution européenne, ont appelé vendredi à la ratification rapide de ce texte. Un traité qui scelle la paix sur le vieux continent, selon la présidence de l’Union. «Pendant des siècles, l’histoire de l’Europe a été une histoire d’ennemis et de conflits. C’est à présent une histoire d’amis et de partenariat, la constitution européenne scelle cette évolution», a déclaré le premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende, lors de la cérémonie de signature du traité.

«Nouvelle ère»
«En Europe et ailleurs, des regards d’espoir sont tournés vers nous. Aujourd’hui, notre Europe entre dans une nouvelle ère. Saisissons à deux mains les chances nouvelles que nous offre la Constitution. Nous avons tout lieu d’être optimistes et d’avoir foi en notre avenir commun», a-t-il ajouté.
«La paix, la sécurité et la prospérité sont précieuses, mais elles sont également vulnérables», a-t-il dit. «Cette Constitution les rend plus fortes», a-t-il justifié. «Le traité constitutionnel que nous signons aujourd’hui constitue une base solide pour notre avenir commun», a-t-il encore dit.

«Engagement»
Les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Cinq devaient ensuite apposer leur signature au bas du texte du traité constitutionnel dans la salle des Horaces et des Curiaces du Capitole, l’hôtel de ville de Rome. C’est dans la même salle qu’a été signé en 1957 le traité de Rome, acte fondateur de la Communauté européenne.
Appel à la ratification
Un peu plus tôt, Silvio Berlusconi avait appelé les citoyens des «Vingt-Cinq» à ratifier le texte. «La dynamique constitutionnelle de l’Europe unie sera toujours liée à l’affirmation constante de la volonté des peuples et des nations d’Europe à s’intégrer toujours plus au plan politique, social et économique et à agir de concert dans une série de domaines vitaux pour l’avenir», a-t-il déclaré.
«La Constitution que nous signons aujourd’hui devra donc être soutenue par un engagement sans cesse renouvelé de la part tant des citoyens que des gouvernements», a-t-il ajouté. «L’Europe unie doit et devra toujours davantage recueillir à chaque instant l’assentiment des citoyens», a-t-il insisté.
L’Irlandais Bertie Ahern a de son côté appelé à une ratification «convaincante et dans les temps» de la Constitution européenne. «Le processus ne sera pas simple mais grâce à notre énergie et à notre détermination, il peut aboutir et aboutira», a-t-il dit. Le président du Parlement européen, Josep Borrell, a lui aussi appelé les dirigeants des 25 à se mobiliser pour la ratification du texte.

Fond de crise
La cérémonie se déroule sur fond de crise autour de la composition de la future Commission européenne du Portugais José Manuel Durao Barroso, dont l’équipe a rencontré l’hostilité du Parlement européen cette semaine.
L’homme à l’origine de la crise, le commissaire italien désigné Rocco Buttiglione, récusé par les eurodéputés pour des propos jugés machistes et homophobes, était présent vendredi à la réunion du Capitole en tant que ministre des Affaires européennes sortant du gouvernement de Silvio Berlusconi.
Le chancelier allemand Gerhard Schröder a toutefois déclaré avant la cérémonie de signature qu’il s’attendait à ce que la crise sur la composition de la future Commission européenne soit réglée dans les deux prochaines semaines. Il a précisé que ce dossier serait évoqué par les dirigeants européens en marge de la cérémonie.

Publicado por esta às 12:44 PM

La rébellion du Parlement européen a montré que l'esprit de la future Constitution existait déjà

[Fonte:Le Temps]
La rébellion du Parlement européen a montré que l'esprit de la future Constitution existait déjà


EUROPE. Sans le pouvoir accru que lui promet le traité constitutionnel, signé ce vendredi, les eurodéputés n'auraient peut-être pas refusé la nouvelle Commission. Le message est adressé tant à José Manuel Barroso qu'aux gouvernements nationaux, à qui les eurodéputés demandent de mieux choisir leur commissaire.


Eléonore Sulser , Bruxelles
Vendredi 29 octobre 2004

Hans Gert Pöttering, le chef de file des conservateurs européens, avait prévenu la semaine passée qu'un rejet de la Commission Barroso pèserait négativement sur la signature, ce vendredi à Rome, de la future Constitution européenne. «Je vous demande de voir le vote de mercredi dans ce contexte», avait-il lancé, appelant les membres du Parlement à voter oui et tentant de réveiller leur sens des responsabilités. Peut-être a-t-il été entendu, mais pas au sens où il le souhaitait.

Car si José Manuel Durao Barroso a pu constater mercredi à Strasbourg qu'il ne recueillerait pas le soutien d'une majorité parlementaire, c'est aussi parce que la Constitution européenne est déjà dans tous les esprits européens, et ceci avant même d'avoir passé l'épreuve des référendums et des parlements nationaux. Comment ne pas penser que l'Assemblée de Strasbourg s'est sentie renforcée dans son désir d'affirmation et dans son rôle de censeur des mauvais élèves européens par l'existence de ce texte qui lui promet bientôt des pouvoirs supplémentaires?

«Codécision» accrue

De nombreux députés européens ont participé aux travaux de la Convention dirigée par Valéry Giscard d'Estaing. Ils ont ainsi contribué à ce que le rôle de l'Europarlement soit renforcé. La Constitution prévoit que 95% des lois européennes devront être approuvées à la fois par les Etats membres de l'Union et par les eurodéputés. Aujourd'hui, la plupart des décisions sont prises par le Conseil (chefs d'Etat et de gouvernement ou ministres nationaux). Les futurs lois européennes continueront, comme c'est le cas aujourd'hui, d'être proposées par la seule Commission européenne, mais la «codécision» accrue – selon le terme technique consacré à Bruxelles – va sans doute polariser davantage la vie politique entre le Parlement européen et les Etats membres.

Mercredi, les parlementaires l'ont illustré: à travers José Manuel Durao Barroso, les gouvernements nationaux se retrouvent également rembarrés par les eurodéputés, pour avoir envoyé comme commissaires à Bruxelles des «maçons à qui on demande de construire des avions», pour reprendre une formule de Daniel Cohn-Bendit. Dans cette optique, il est à noter que c'est pour avoir une Commission forte, qui ne soit pas dès le départ entravée, que le Parlement a montré les dents. La polarisation entre gouvernements et europarlementaires ne devrait donc pas forcément déboucher sur un affaiblissement de la Commission européenne.

La Constitution incite aussi à plus de démocratie puisqu'elle invite les parlements nationaux à garder un œil sur les affaires bruxelloises. Même ceux qui trouvent la loi fondamentale imparfaite en ont déjà intégré certains principes: hier, à la veille de la signature à Rome, un groupe de parlementaires conservateurs européens est revenu à la charge pour qu'on introduise dans la Constitution la référence à l'héritage chrétien, écartée dans le texte final. A l'appui de leur demande, ils brandissent une pétition signée par 1,3 million de citoyens européens. Or, leur démarche ne va pas sans évoquer le droit d'initiative reconnu aux citoyens par la Constitution, qui prévoit qu'un million d'entre eux pourront obliger Bruxelles à se saisir d'un sujet.

Les Etats eux aussi se sont déjà approprié des portions du texte. Certes, l'idée de nommer immédiatement le ministre des Affaires étrangères de l'Union, prévu par la Constitution, a été écartée afin de ne pas donner l'impression qu'on passait outre les consultations parlementaires et populaires. Mais un «Monsieur Euro», promis par le Traité constitutionnel, a déjà été désigné en septembre en la personne de Jean-Claude Juncker, qui prendra ses fonctions dès janvier prochain.

Enfin, si l'affaire Buttiglione a tellement indigné les eurodéputés, c'est peut-être, aussi, parce que la Charte des droits fondamentaux de l'UE sera annexée à la Constitution et prendra dès lors force de loi. Elle spécifie notamment que toute discrimination est interdite, et cite à ce sujet l'«orientation sexuelle». Un point qu'un certain Rocco Buttiglione, qui participait alors aux travaux d'élaboration de la Charte, avait tenté sans succès de faire retirer du texte.


Publicado por esta às 12:50 PM

«Une économie sociale de marché»

[Fonte:Le temps]
«L'Union œuvre pour le développement durable de l'Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social, et un niveau élevé de protection et d'amélioration de la qualité de l'environnement. Elle promeut le progrès scientifique et technique.

Elle combat l'exclusion sociale et les discriminations, et promeut la justice et la protection sociales, l'égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité entre les générations et la protection des droits de l'enfant.

Elle promeut la cohésion économique, sociale et territoriale, et la solidarité entre les Etats membres.

Elle respecte la richesse de sa diversité culturelle et linguistique, et veille à la sauvegarde et au développement du patrimoine culturel européen.»

Publicado por esta às 12:56 PM

José Manuel Barroso annonce des «changements ponctuels»

[Fonte:Le Temps]
Le commissaire italien Rocco Buttiglione n'est pas le seul membre contesté de la future Commission.
Bernard Bridel
José Manuel Durao Barroso ne pouvait pas rester silencieux. Au lendemain de la crise inédite qu'il a lui-même ouverte à Strasbourg, en refusant de soumettre sa commission au vote des députés européens, le successeur désigné de Romano Prodi a indiqué jeudi qu'il procéderait à des «changements ponctuels» pour présenter à l'Europarlement une nouvelle équipe dans moins d'un mois. Avant de s'envoler pour Rome, où il assistera aujourd'hui à la signature de la Constitution européenne, le président de la future Commission a déclaré sur Europe 1 qu'«il n'y aura pas de remaniement extensif» dans son équipe, mais «des changements ponctuels». Pressé d'en dire plus, il a déclaré: «Bien moins que huit ou dix (ndlr: sur 25), mais je ne peux pas vous dire le nombre. Je ferai ce qui sera nécessaire et suffisant pour l'Europe», a répondu Barroso. Sans évoquer le nom de Rocco Buttiglione, le commissaire italien à l'origine de la crise, il a encore affirmé: «Je ne peux pas accepter un commissaire qui aura des problèmes avec le parlement.»

Le problème, pour Barroso, c'est que la majorité des députés européens n'en a visiblement pas que contre Rocco Buttiglione, commissaire pressenti aux Affaires intérieures et auteur de propos jugés homophobes et sexistes. Non, au moins quatre autres commissaires se sont vus reprocher des conflits d'intérêts ou leur incompétence. Il s'agit de la Néerlandaise Neelie Kroes (Concurrence), «accusée» d'avoir siégé dans de trop nombreux conseils d'administration, de la Lettone Ingrida Udre (Taxation et Union douanière), de la Danoise Marianne Fischer Boel (Agriculture, Taxation), du Hongrois Laszlo Kovacs (Energie).

Toute la question est de savoir maintenant quelle sera la marge de manœuvre de Barroso. Et la réunion de Rome, qui ne devait être qu'un rendez-vous certes historique mais surtout symbolique et protocolaire, devrait permettre aux 25 chefs d'Etat et de gouvernement de discuter de la nouvelle composition de la future Commission.

Dès lors il n'est pas impossible que les grands pays, qui comme la France et l'Allemagne se sont sentis traités un peu par-dessous la jambe lors de la composition de la première commission Barroso, tiennent leur revanche. Au détriment des «petits», pays Baltes en tête, auxquels José Durao Barroso avaient peut-être un peu vite confié des portefeuilles de première importance (le Budget, les Perspectives financières, la Fiscalité, le Contrôle financier, la Lutte antifraude et l'Administration).

Publicado por esta às 01:00 PM

Analyse. Le traité ne livre pas l'Europe au laisser-faire économique et social

[Fonte:Le Temps]
Depuis que Laurent Fabius a pris position contre sa ratification, la critique du néolibéralisme supposé du traité constitutionnel européen et de son renoncement aux principes de protection sociale a cessé d'être considérée comme le credo d'une minorité d'extrême gauche. «Je ne trouve pas dans ce traité ce qui permettrait de changer une politique en matière d'emploi et de lutter contre les délocalisations», a dit l'ancien ministre des Finances. Quant au député socialiste Jean-Luc Mélanchon, il affirme que ce traité n'est pas un compromis (qui aurait un caractère provisoire et contractuel), mais «une norme choisie pour durer, opposable à toute autre décision d'où qu'elle émane». Pour cette raison, ajoute-t-il, «aucun candidat socialiste, à quelque élection que ce soit, ne pourra plus jamais proposer honnêtement un programme qui aille plus loin que ne le permet ce texte».

Ce débat français – qu'il soit ou non conjoncturel, qu'il corresponde ou non à des intentions de politique intérieure – a une portée qui dépasse les frontières françaises. Il élargit le cercle des opposants au traité bien au-delà des souverainistes.

Les principales critiques reposent sur deux affirmations. Premièrement, la Constitution donne une base institutionnelle à l'économie de marché (entendre: le libéralisme) en inscrivant ce principe en toutes lettres dans le texte. Elle pose la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que le respect de la stricte concurrence à la base de la construction européenne. Deuxièmement, elle pétrifie ces principes par des règles de fonctionnement qui ne permettront pas de les modifier à l'avenir, notamment des décisions prises à des majorités qualifiées (55% des Etats membres et 65% de la population) ou à l'unanimité dans des domaines aussi importants que la fiscalité et, partiellement, la politique sociale et la politique extérieure. Les modifications de la Constitution elle-même sont limitées par la règle de l'unanimité.

Ces deux arguments sont indissociables. Si les modes de décision étaient plus souples, le premier d'entre eux serait inopérant. Il suffirait que les alternances politiques renforcent suffisamment la gauche réformiste à l'échelle européenne pour qu'elle puisse modifier le traité. Cet argument est recevable. Cela implique-t-il que le premier – contre le caractère néolibéral du texte – est lui aussi recevable? Pour le savoir, il faut lire le traité. C'est une activité instructive.

Antidotes et espace d'interprétation

Contrairement à ce que disent ses contempteurs, il ne pose pas comme principe unique l'application des règles (ou des non-règles) de l'économie libérale de marché. Même si la liberté d'entreprendre, de circuler, de distribuer les biens dans l'espace européen, et le contrôle de l'application de cette liberté sont au principe du fonctionnement de l'Union telle qu'elle est définie par la Constitution, le traité consacre une grande partie de ses articles à préciser les conditions et les limites dans lesquelles cette liberté s'exerce. Il développe longuement les droits et les protections dont les personnes doivent bénéficier, en particulier le droit de travailler, mais aussi le droit à de bonnes conditions de travail, à une sécurité sociale, à la représentation collective dans les entreprises, etc.

Il ne s'agit donc pas d'un système livré au laisser-faire et à la loi du plus fort. S'il est libéral, il s'agit d'un libéralisme dans lequel l'Etat, ici l'Union, qui garantit les libertés économiques ou la concurrence, doit jouer pleinement son rôle protecteur. Bien sûr, l'équilibre entre ces deux principes dépendra des rapports de force politiques. Mais ils sont suffisamment présents dans le texte pour que les Etats (selon leur coloration) et le Parlement européen (qui vient de prouver qu'il ne restera pas inerte) puissent exercer leur droit de contrôle et d'orientation. Le traité constitutionnel n'est donc pas une charte libérale gravée dans le marbre. Il a prévu des antidotes et un espace d'interprétation assez souple pour que puisse s'exprimer la volonté des citoyens.

Publicado por esta às 01:05 PM

Signature solennelle

[Fonte:Le temps]
Les 25 dirigeants de l'UE se retrouvent à Rome ce vendredi pour signer solennellement la Constitution européenne et aussi s'atteler, une semaine avant le sommet de Bruxelles, à la recherche d'une solution à la crise autour de la composition de la future Commission. C'est le Capitole, hôtel de ville de Rome et berceau de la construction européenne où fut signé l'acte fondateur de la CEE le 25 mars 1957, qui accueillera la cérémonie de signature.

L'Italie veut ratifier la première la Constitution, par voie parlementaire, avant Noël. Le Portugal et l'Espagne devraient inaugurer début 2005 les référendums attendus dans une dizaine d'Etats membres. Les Vingt-Cinq ont deux ans pour ratifier le traité. La défaillance d'un seul suffirait à faire capoter le texte. Avec le Royaume-Uni, la France, qui votera en 2005, est l'un des pays où le débat est le plus délicat. Pour le commissaire sortant Mario Monti, la seule alternative offerte aux Etats qui ne ratifieront pas la Constitution serait de «quitter l'Union pour ne pas condamner les autres à l'impuissance».

Publicado por esta às 01:08 PM

UE: la première Constitution signée à Rome

[Fonte:Le temps]
ROME(AFP) - Les dirigeants des 25 pays membres de l'Union européenne ont signé vendredi à Rome la Constitution de l'Europe élargie et lancé officiellement le difficile processus de ratification dans leurs pays.

Parallèlement, ils ont engagé leurs premières consultations sur la crise autour de la recomposition de la future Commission européenne du Portugais José Manuel Durao Barroso.

Le Premier ministre belge Guy Verhofstadt et son ministre des Affaires étrangères Karel de Gucht ont été les premiers à apposer leurs paraphes sur la Constitution. Leurs homologues ont suivi, dans l'ordre alphabétique de la langue de leurs pays, le Britannique Tony Blair fermant la marche avec le secrétaire au Foreign office, Jack Straw.

La cérémonie, filmée par le réalisateur italien Franco Zeffirelli, s'est déroulée au Capitole, l'hôtel de ville de Rome, sous l'oeil noir du pape Innocent X, dont la monumentale statue en bronze garde la salle des Horaces et des Curiaces où il y a 47 ans avait été signé l'acte fondateur de l'Europe. Le Vatican, situé à quelques kilomètres, a une nouvelle fois manifesté son mécontentement sur l'absence de références aux racines chrétiennes de l'Europe dans le traité constitutionnel.
Trois chefs de gouvernement ont pris la parole: l'Italien Silvio Berlusconi, hôte de la cérémonie avec le maire de Rome Walter Veltroni, l'Irlandais Bertie Ahern, qui a conclu l'accord, et le Néerlandais Jan Peter Balkenende, président en exercice de l'Union européenne. Ils ont appelé les citoyens des Etats membres à ratifier cette Constitution, la première de l'histoire européenne. "C'est aujourd'hui que débute le processus de ratification du Traité constitutionnel par les Etats membres", a souligné M. Berlusconi.

"L'Europe unie doit et devra toujours davantage recueillir à chaque instant l'assentiment des citoyens", a-t-il insisté. L'Italie va ratifier la Constitution par voie parlementaire et compte boucler le processus pour Noël afin d'être le premier Etat membre à l'approuver. Mais une douzaine d'Etats membres ont prévu de consulter leurs citoyens par voie de référendum et dans certains pays comme la France et le Royaume Uni, l'issue du scrutin est aujourd'hui très incertaine. "Le processus ne sera pas simple mais grâce à notre énergie et à notre détermination, il peut aboutir et aboutira", a affirmé M. Ahern.
"Saisissons à deux mains les chances nouvelles que nous offre la Constitution", a pour sa part lancé son homologue néerlandais. "L'avenir de l'Europe réside... dans les réponses qu'elle saura donner", a mis en garde Walter Veltroni. La cérémonie s'est déroulée dans un Capitole interdit aux citoyens pour des raisons de sécurité et sur fond de crise autour de la composition de la future Commission européenne du Portugais José Manuel Durao Barroso, dont l'équipe a rencontré l'hostilité du Parlement européen cette semaine.

L'un des commissaires à l'origine de la crise, l'Italien Rocco Buttiglione, récusé par les eurodéputés pour des propos jugés machistes et homophobes, était présent en tant que ministre des Affaires européennes sortant du gouvernement de Silvio Berlusconi. Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a implicitement réclamé son remplacement vendredi matin.

Des "consultations tous azimuts" ont été engagées en marge de la cérémonie pour tenter de trouver une issue à cette crise et la tendance serait plutôt à un "large remaniement", a indiqué un diplomate européen. Les dirigeants des 25 devaient également aborder la question à la fin du déjeuner offert par le président de la République italienne, Carlo Azeglio Ciampi, selon la même source.

Il y a 47 ans, le 25 mars 1957, la foule se pressait sous la pluie devant le Capitole pour assister à la signature de l'acte fondateur de la Communauté européenne. La police avait dû ouvrir un passage aux dirigeants des six pays signataires (Italie, France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg). Vendredi, le Capitole était zone interdite pour le public.

Publicado por esta às 03:08 PM

«La Constitution européenne balance entre ouverture libérale et protection sociale»

[Fonte:Le Temps] (article d'opinion)
La Constitution européenne, qui est signée aujourd'hui à Rome, est-elle néolibérale, comme l'en accuse la gauche en France et en Suisse? François Cherix, vice-président du Nouveau mouvement européen suisse (Nomes) et membre du Parti socialiste vaudois, s'insurge contre cette vision réductrice.


Propos recueillis par François Modoux
Vendredi 29 octobre 2004

Le Temps: La Constitution européenne est-elle de droite ou de gauche, d'esprit libéral ou social?

François Cherix: Il faut noter que nous ne sommes pas en présence de la Constitution d'un Etat, mais d'un «traité constitutionnel» qui fédère et clarifie un ensemble de contrats reliant les membres d'une union. Dans ce sens, ce nouveau traité est à l'image du projet européen. Il exprime davantage des processus que des certitudes gravées dans le marbre. Il permet une grande flexibilité dans sa mise en œuvre. D'ailleurs, même Laurent Fabius a fini par reconnaître que des politiques sociales pouvaient être conduites sans en changer une ligne.

– Mais alors pourquoi cette montée aux barricades d'une partie de la gauche, en France et maintenant en Suisse?

– Oublions le cas Fabius, qui a probablement franchi le Rubicon pour tenter de sauver un destin présidentiel chancelant. En fait, je vois deux raisons à ces critiques. La première tient à la portée symbolique du texte. Si je me réfère à ma modeste expérience de constituant vaudois, je me souviens que, dès que l'on sort des mécaniques purement fonctionnelles pour aborder les droits des citoyens ou les tâches de l'Etat, la tentation est grande de peser chaque syllabe en termes gauche-droite au lieu d'analyser les finalités des dispositions.

La deuxième raison procède d'une inquiétude légitime. La construction européenne est un chantier gigantesque aux effets considérables. En ouvrant le marché intérieur par la libre circulation des personnes, des services et des marchandises, on abat des cloisons, on supprime des obstacles, qui sont parfois perçus comme des protections, même si cela relève davantage d'une illusion d'optique que d'une réalité économique avérée. La création d'un aussi vaste espace commun ne se fait pas sans risque. L'entrée en concurrence de populations et de régions aux niveaux de vie différents peut provoquer des chocs là où les plaques tectoniques se chevauchent. C'est d'ailleurs très exactement ce que la Suisse a fait en 1848. Courageusement, elle a abattu les cloisons cantonales, générant du même coup des secousses sismiques dans certaines régions. Pour autant, cette ouverture intérieure a constitué un des facteurs clés de la prospérité helvétique.

Face à ces questions, il faut retourner au traité pour constater qu'il permet les aides et les dérogations nécessaires. A la lecture des articles, on comprend mieux la position de Lionel Jospin qui dit: «Ce traité crée une meilleure architecture institutionnelle et n'entraîne aucune régression par rapport aux traités précédents dont il opère la mise en ordre. Je ne vois donc pas pourquoi les socialistes devraient renier à son propos leurs votes européens antérieurs. Le traité permet même, sur des points importants, des pas en avant significatifs.»

– Comment s'organise cette balance entre ouverture et protection?

– Le traité vise à permettre l'élargissement de l'Union, tout en respectant à la fois ses finalités au plan des valeurs et la liberté des Etats de conduire des politiques de gauche ou de droite. Au fil des chapitres, on est frappé par la récurrence de cette équation à trois dimensions. Equation qui préserve systématiquement des marges de manœuvre pour les Etats membres. Dans cette optique, l'incertitude du traité fait sa qualité. Aux pays de dire s'ils veulent s'emparer de ces espaces pour conduire les politiques qu'ils préconisent, et infléchir par exemple le projet européen vers la gauche, ou s'ils préfèrent renoncer à l'action. On retrouve au passage une caractéristique significative des normes fédérales, dont les silences permettent aux cantons de définir leurs propres politiques, tout en pesant sur l'ensemble du système.

– Mais, concrètement, où se trouvent les éléments de politique sociale équilibrant la création du marché intérieur?

– Dans la première partie du traité, qui fixe les principes cardinaux, l'Union définit ses objectifs. La paix, la sécurité, la justice, le marché unique sont mentionnés. Mais aussi, et c'est une avancée notable, le développement durable et «une croissance économique équilibrée [...] qui tend au plein emploi et au progrès social...» (art. 3).

Par la suite, la «Charte des droits fondamentaux», qui constitue la deuxième partie, représente un gain significatif pour les citoyens européens. Egalité hommes-femmes, droit à l'information, sécurité sociale, aide sociale, protection de la santé, protection en cas de licenciement injustifié, protection des consommateurs, protection de l'environnement sont établis en des termes d'une clarté que l'on souhaiterait bien trouver dans la Constitution fédérale.

– Ne s'agit-il pas que de principes généraux?

– Certes, mais de principes fondateurs. Qui disqualifient ceux qui persistent à restreindre l'UE à une simple opération économique. D'autre part, il faut poursuivre la lecture du traité et aborder la troisième partie, qui règle «les politiques et les fonctionnements de l'Union». On constate alors que la mise en œuvre respecte les principes.

Ainsi, les dispositions permettant la création du marché intérieur sont suivies d'une définition des aides que peuvent accorder les Etats membres à certaines entreprises ou productions sous certaines conditions (art. III-56, III-57, III-58). Diverses interventions sont dites compatibles avec le marché intérieur, notamment les aides à caractère social octroyées aux consommateurs individuels, les aides destinées à favoriser le développement économique de régions dans lesquelles le niveau de vie est anormalement bas ou dans lesquelles sévit un grave sous-emploi, les aides destinées à promouvoir la réalisation d'un projet important d'intérêt européen, ou encore les aides destinées à promouvoir la culture.

En matière budgétaire, on connaît la controverse sur les déficits publics. L'article III-76 définit la notion de valeur de référence entre le déficit public et le PIB. Mais cette valeur n'est pas quantifiée. Et si des sanctions sont évoquées en cas de non respect, des cautèles avalisant des dépassements ponctuels sont également présentes. Mêmes intentions dans les grandes politiques de l'Union. L'article III-97, qui ouvre le chapitre de l'emploi, se réfère explicitement à l'objectif de plein emploi. La politique sociale est rattachée à la «Charte sociale européenne» (art. III-103), charte que la Suisse a toujours refusé de ratifier. La notion de cohésion économique, sociale et territoriale fait l'objet de mesures importantes. Sans compter la coopération au développement, dont les visées sont particulièrement ambitieuses.

– Par contre, on ne trouve rien sur les services publics.

– C'est vrai, ce thème n'est pas abordé. La Constitution de la Suisse ne le traite d'ailleurs pas davantage. Par contre, l'Union s'est donné un «Livre vert sur les services d'intérêt général» (21 mai 2003), qui définit le service universel comme l'ensemble des services devant être «mis à la disposition de tous les consommateurs et utilisateurs sur la totalité du territoire d'un Etat membre, indépendamment de leur position géographique». Ce service universel comporte également des exigences qualitatives, continuité, sécurité, accessibilité, transparence, qui le situe à l'opposé du néo-libéralisme.

– En clair, ratifier le nouveau traité n'est pas un acte de soumission au néo-libéralisme?

– En tout cas, qualifier la Constitution européenne de néolibérale est une sottise. Il faut lire le texte sans préjugé et lui rendre justice de ce qu'il dit. Mais surtout, l'Union sera ce que les Etats membres et les citoyens en feront. Le nouveau traité renforce considérablement la capacité de décision européenne. Pourquoi renoncer à ce qui, précisément, densifie l'action politique? En Suisse enfin, il faut un certain souffle pour instrumentaliser ce débat dans le but de fustiger une fois de plus l'UE. J'aimerais que l'on m'explique en quoi la Constitution fédérale nous protège mieux du néolibéralisme et de ses excès que la Constitution européenne. Sachant qu'il n'y pas sur notre continent d'autre Europe crédible que celle construite par l'UE, j'attends que l'on me démontre, preuves à l'appui, que la sécurité, le pouvoir d'achat, la qualité de vie et la protection sociale en Suisse sont si élevés et si durablement garantis que nous sommes autorisés, notamment à gauche, à dédaigner le projet européen.

Publicado por esta às 03:16 PM

Constitution européenne: des vertus à découvrir

[Fonte:Le Temps]
La signature aujourd'hui à Rome du traité donnant une Constitution à l'UE est un événement historique. N'en déplaise aux eurosceptiques et aux altereuropéens qui voient dans ce texte le diable paré des habits du néolibéralisme.

C'est juste, la nouvelle Constitution est le résultat d'un processus pas toujours transparent. Sa portée mérite d'être relativisée; elle n'est qu'un traité international qui pose des règles du jeu et reconnaît des valeurs fondamentales valables pour tous, mais délègue la compétence à chaque Etat membre de réaliser les objectifs ainsi fixés pour tous. Elle ressemble ainsi plus au Pacte fédéral de 1815 qu'à la Constitution fédérale de 1848.

Malgré ses imperfections, ce document va pourtant transformer l'Europe, qui est et reste un processus en marche. L'Union s'est rendu compte qu'elle devait consolider ses fondements démocratiques si elle voulait renforcer le processus d'intégration. La Constitution est l'instrument de cette nécessaire évolution. Son esprit souffle déjà fort. Anticipant le pouvoir accru que la Constitution lui attribue, le Parlement européen vient de tenir tête au président de la future Commission, l'obligeant à recomposer son équipe. Cette bataille pose la première pierre d'une nouvelle Europe plus démocratique, moins autoritaire.

Et puis la Constitution ne sanctifie pas la concurrence. Dans les objectifs qu'elle fixe à l'Union sont citées l'économie sociale de marché visant le plein emploi, la garantie du dialogue social, la protection du consommateur et de l'environnement. L'UE s'engage à réaliser des buts sociaux ambitieux et balise la marche à suivre. Sauf en France, la gauche européenne l'a bien compris, qui accepte l'invitation à utiliser pleinement les marges de manœuvre laissées, jusque dans la privatisation des marchés publics. C'est l'option réformiste, par opposition à une opposition globale qui finit, elle, par desservir les intérêts des travailleurs et des consommateurs.

Comme des perroquets, des socialistes romands entonnent à leur tour le refrain de la résistance au libéralisme européen si à la mode chez nos voisins français. Ont-ils seulement lu la Constitution européenne?

Publicado por esta às 03:21 PM

novembro 03, 2004

L'UE et l'Iran sont à la veille d'une réunion de la «dernière chance» sur le dossier nucléaire

[Fonte: Le Temps]
NEGOCIATIONS. La France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne font un geste envers Téhéran pour éviter la saisine du Conseil de sécurité

Publicado por esta às 08:46 AM

La Lettone Ingrida Udre quitte à son tour la Commission de José Manuel Barroso

[Fonte: Le Temps]
UNION EUROPEENNE. Le président de l'exécutif européen espère pouvoir présenter sa nouvelle équipe de commissaires lors du sommet européen à la fin de la semaine. Mais tout ne dépend pas de lui

Publicado por esta às 08:50 AM

L'UE et l'Iran sont à la veille d'une réunion de la «dernière chance» sur le dossier nucléaire

[Fonte: Le Temps]
NEGOCIATIONS. La France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne font un geste envers Téhéran pour éviter la saisine du Conseil de sécurité

Publicado por esta às 08:54 AM

BRUXELLES. L'Europe à deux têtes

[Fonte: Le temps] (article d'opinion)
En principe, José Manuel Durao Barroso aurait dû participer cette fin de semaine à son premier Sommet européen en tant que nouveau président de la Commission européenne. Il aurait pu ainsi - c’était son projet - défendre bec et ongle face aux chefs d’Etat et de gouvernement, l’agenda de Lisbonne qui vise à faire de l’Europe l’économie la plus compétitive du monde d’ici à 2010. Il en avait fait une priorité absolue de sa présidence.

Publicado por esta às 08:57 AM

novembro 04, 2004

Le parlement traque les «faux indépendants» et les employés temporaires de l'UE

[Fonte:Le Temps]
ACCORDS BILATERAUX. Comme tous les partis à l'exception de l'UDC, la commission spéciale du Conseil national reconnaît la nécessité de mettre des garde-fous à l'extension de la libre circulation des personnes. Elle a été sensibilisée par les cas dénoncés dans les régions frontalières

Publicado por esta às 04:06 PM

L'UE tergiverse toujours sur sa compétitivité

[Fonte: Le Temps]
RAPPORT. Wim Kok a publié hier un texte très radouci sur les erreurs de la stratégie de Lisbonne qui doit doper l'économie européenne d'ici à 2010. Il pointe les efforts insuffisants des Etats, mais évite d'épingler la France et l'Allemagne

Publicado por esta às 04:13 PM

Philipp Hildebrand se penche sur le déficit de productivité européen

[Fonte: Le Temps]
COMPETITIVITE. Selon le directeur de la Banque nationale suisse, l'UE souffre entre autres d'une médiocre intégration des nouvelles technologies en matière de production

Publicado por esta às 04:23 PM

BRUXELLES. L'Europe à deux têtes

[Fonte: Le Temps]
En principe, José Manuel Durao Barroso aurait dû participer cette fin de semaine à son premier Sommet européen en tant que nouveau président de la Commission européenne. Il aurait pu ainsi - c’était son projet - défendre bec et ongle face aux chefs d’Etat et de gouvernement, l’agenda de Lisbonne qui vise à faire de l’Europe l’économie la plus compétitive du monde d’ici à 2010. Il en avait fait une priorité absolue de sa présidence.

Publicado por esta às 04:47 PM

novembro 05, 2004

José Manuel Barroso présente sa Commission remaniée

[Fonte:Le Temps]
EUROPE. Silvio Berlusconi a finalement lâché son ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, qui partira à Bruxelles à la place de Rocco Buttiglione. L'Europarlement devrait se prononcer le 17 novembre.

Publicado por esta às 08:49 AM

Le Premier ministre irakien à la table des Européens à Bruxelles

[Fonte:Le Temps]
BRUXELLES (AFP) - Le Premier ministre irakien Iyad Allaoui sera l'hôte ce vendredi de la seconde journée du sommet de Bruxelles, où les 25 pays de l'Union européenne confirmeront un soutien prudent aux autorités de Bagdad.

M. Allaoui doit retrouver vers midi les chefs d'Etat et de gouvernement pour un déjeuner de travail. Le président français Jacques Chirac ne sera pas à la table, en raison d'un départ anticipé pour aller présenter à Abou Dhabi les condoléances de la France après le décès du président des Emirats arabes unis, cheikh Zayed ben Sultan al-Nahyane.

Les relations entre la France et le Premier ministre irakien sont notoirement mauvaises. Selon une source diplomatique française, le départ de M. Chirac de Bruxelles avant le déjeuner n'est toutefois pas lié à la présence de M. Allaoui.
Les discussions entre les Européens et le chef du gouvernement intérimaire de Bagdad doivent se concentrer sur la conférence internationale sur l'avenir de l'Irak prévue les 22 et 23 novembre à Charm el-Cheikh (Egypte). Les dirigeants de l'UE confirmeront aussi un ensemble de mesures d'aides à l'Irak comprenant un soutien financier accru (30 millions d'euros de plus) pour les élections prévues début 2005.

Mais leurs engagements restent conditionnés à la situation sécuritaire et s'apparentent au minimum acceptable pour les Etats membres, entre ceux qui ont soutenu la guerre et les opposants au conflit.

Avant de recevoir M. Allaoui, les dirigeants de l'UE parleront immigration et entérineront les conclusions du sommet peaufinées par leurs ministres des Affaires étrangères jeudi soir, avec notamment un "message de solidarité au peuple palestinien" devant la détérioration de l'état de santé Yasser Arafat. Selon des sources médicales, le président de l'Autorité palestinienne est en état de "mort cérébrale" à l'hôpital militaire Percy de Clamart, près de Paris.

La première journée du sommet a été marquée jeudi par le bouclage, en marge de la rencontre, du remaniement de la future Commission européenne de José Manuel Durao Barroso. La nouvelle met fin à une semaine de crise institutionnelle après la mise sur la touche le 27 octobre de la première équipe constituée par M. Barroso, en raison de l'hostilité du Parlement européen.

Le principal changement du nouveau collège est l'arrivée du ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini, pour remplacer le controversé Rocco Buttiglione, catholique conservateur dont des propos jugés machistes et homophobes avaient déclenché l'ire des eurodéputés.

Publicado por esta às 10:45 AM

Asile: que les Etats laissent de côté leurs considérations politiciennes à court terme!

[Fonte:Le Temps] (article d'opinion)
Ruud Lubbers, haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, à l'occasion du Sommet européen de Bruxelles où il intervient aujourd'hui, estime que l'Europe, pour endiguer la migration clandestine, doit ouvrir d'autres portes pour permettre aux réfugiés et aux migrants d'y accéder légalement. Car pour lui, une politique fondée sur l'exclusion n'est pas seulement moralement répréhensible, elle est aussi impraticable.


Ruud Lubbers, Traduction: D. Marie, HCR Genève.
Vendredi 5 novembre 2004

La question de l'asile en Europe est de nouveau à l'ordre du jour. Alors même que le nombre de demandeurs d'asile est à son plus bas niveau depuis des années, le thème demeure explosif et refait régulièrement surface au moment des grandes rencontres européennes, comme la réunion du Conseil européen qui se tient en ce moment à Bruxelles. Les grandes options concernant l'asile et la migration en Europe pour les années à venir sont au cœur des discussions entre chefs d'Etat et Premiers ministres européens. En tant que haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, j'aimerais leur offrir mon point de vue.

Gardons-nous tout d'abord d'adhérer au mythe facile selon lequel l'Europe est submergée de demandeurs d'asile. En 1992, les vingt-cinq pays qui forment aujourd'hui l'Europe recevaient 680 000 demandes d'asile. Elles n'étaient tout au plus que 350 000 l'an dernier. C'est un nombre qui demeure éminemment gérable et malgré cela, la rhétorique se poursuit, fréquemment aggravée par des considérations politiciennes et des tendances xénophobes à peine déguisées. En fait, il serait bien plus opportun de profiter de cette occasion en or pour améliorer la rapidité et l'efficacité des procédures d'asile. En effet, si une décision rapide permet aux réfugiés d'obtenir la protection urgente dont ils ont besoin, elle permet aussi le prompt renvoi de ceux qui ne peuvent y prétendre.

Bien sûr, il est des inquiétudes légitimes, comme celles causées par l'immigration illégale, les échecs de l'intégration, dans certains cas, et l'après-coup du 11 septembre 2001. Mais il ne faudrait pas laisser ces inquiétudes venir saper les fondements mêmes de l'engagement européen dans le domaine des droits de l'homme et de la protection des réfugiés. Je peux aussi comprendre ce désir d'apporter une solution «miracle» à un problème obsédant. Mais s'il y a une chose que j'ai apprise au cours de mes années au HCR, c'est qu'il n'existe pas de solution miracle à des problèmes aussi complexes.

L'Union européenne est en mesure d'apporter nombre de réponses adéquates aux problèmes des migrations et de l'asile qui affectent ses Etats membres, mais elle ne peut le faire que si ces mêmes Etats acceptent de laisser pour un temps de côté leurs considérations politiciennes à court terme pour se consacrer à l'intérêt commun de long terme.

L'approche communautaire de l'asile repose sur un postulat simple: que les Etats disposent de systèmes d'asile d'une qualité égale. Or, si le processus d'harmonisation, qui entre dans sa seconde phase, vise justement à rapprocher les systèmes d'asile nationaux, un élément demeure absent et c'est celui du partage des tâches. Au lieu d'une répartition des tâches et des responsabilités, nous assistons au contraire à une tendance fâcheuse à rejeter celles-ci, soit vers d'autres Etats de l'Union, soit à l'extérieur de l'Union, dans les deux cas vers des pays souvent bien moins équipés pour traiter les demandes d'asile.

Un autre enjeu de taille est celui de la reconnaissance du statut de réfugié. On pourrait penser qu'un candidat à l'asile devrait avoir la même chance d'obtenir la protection par le statut de réfugié dans chaque pays européen. Or il n'en est rien! En République slovaque par exemple, où se présentent de nombreux demandeurs d'asile tchétchènes – un groupe qui pour de bonnes raisons obtient généralement un taux de reconnaissance de plus de 50% dans plusieurs pays européens – seules deux personnes appartenant à ce groupe avaient obtenu l'asile à la fin septembre, sur les 1081 cas examinés cette année. Autre exemple frappant: alors même que Saddam Hussein était encore au pouvoir, moins d'un pour cent des demandeurs d'asile irakiens étaient reconnus en Grèce, ce taux baissant même encore à moins de 0,6 pour cent l'an dernier. Il n'est guère surprenant dans ces conditions que les demandeurs d'asile s'orientent vers les pays où ils pensent avoir le plus de chances d'obtenir gain de cause.

Troisième problème majeur: l'inefficacité des procédures d'asile existantes. Trop souvent, la décision finale n'est atteinte qu'en seconde ou troisième instance, alors qu'avec un bon investissement de départ, on pourrait arriver à ces mêmes décisions dès le premier examen. Plutôt que de tenter d'éradiquer totalement le droit au recours, tentation trop souvent présente, tant dans certains pays qu'au niveau européen (j'ai été, à ce propos, heureux de la décision récente de la Cour constitutionnelle d'Autriche, qui rétablit un certain équilibre à cet égard), le remède est ici de rendre le système plus efficace dès sa mise en œuvre.

Il est certes facile de clamer publiquement que «les authentiques réfugiés méritent la protection» – c'est effectivement, par excellence, la raison d'être du système d'asile international. La réalité est, malheureusement, tout autre. Les systèmes d'asile en Europe n'offrent pas toujours aux réfugiés la protection qu'ils méritent, et je dirais même, pas toujours une chance de faire entendre leur cas – et les récents événements en Italie ne sont pas le seul exemple à cet égard.

Le débat actuel porte aussi sur la nécessité de favoriser une meilleure intégration des réfugiés et immigrants dans leurs pays d'adoption. Je suis entièrement d'accord sur ce point. Pourtant, la législation européenne harmonisée, adoptée l'an dernier, prive une proportion significative de ces réfugiés – principalement ceux qui ont fui la guerre ou la violence généralisée – de réelles chances d'intégration, en autorisant tel ou tel gouvernement à leur dénier le droit au travail.

Ce n'est que lorsqu'ils se seront attachés à aplanir quelques-unes de ces difficultés, harmoniser leurs lois et leurs pratiques que les gouvernements européens auront véritablement pris le taureau par les cornes, passant d'une position réactive à une attitude active face aux défis contemporains de l'asile. C'est à la fois leur intérêt et celui des réfugiés.

Je trouve par contre encourageant que certains ministres commencent eux aussi à évoquer une intervention européenne accrue dans les régions d'où proviennent les réfugiés – et où, soit dit en passant, la plupart d'entre eux sont encore abrités. Il serait juste d'intensifier l'investissement politique et financier dédié aux millions de réfugiés qui vivent dans les pays en développement, pour les aider à rentrer chez eux dès que la situation le permet et leur assurer, entre-temps, une existence décente et sûre.

Si l'Union européenne entend sérieusement endiguer la migration clandestine, il lui faut par ailleurs ouvrir d'autres portes pour permettre aux réfugiés et aux migrants d'y accéder légalement. La proposition, actuellement à l'étude, d'établir un programme européen de réinstallation pour les réfugiés, est un pas dans la bonne direction. Nous devons aussi songer à mettre en place un système qui permette de gérer intelligemment les migrations économiques. En offrant à ceux que nous voulons une place légitime – au lieu de profiter sournoisement de leur travail clandestin dans l'agriculture, les cliniques et les hôtels européens – nous pourrions reprendre le contrôle sur les trafiquants et les passeurs.

Une politique fondée sur l'exclusion est non seulement moralement répréhensible, elle est aussi impraticable: elle ne fait qu'enfoncer dans la clandestinité toutes les formes de migration, y compris les réfugiés. A l'occasion d'une réunion primordiale pour l'avenir de l'asile et de la migration en Europe dans les cinq années qui viennent, j'exhorte les leaders européens à prendre acte de ces réalités et à centrer leurs énergies sur la création d'un système non pas seulement rapide, mais juste et efficace. Ce que veulent les Européens et ce que méritent les réfugiés, c'est finalement la même chose: un système fiable, capable d'identifier et de protéger ceux qui sont en droit d'obtenir le statut de réfugié.


Publicado por esta às 01:20 PM

novembro 10, 2004

Iyad Allaoui rencontre à Bruxelles des Européens polis, mais toujours divisés sur l'Irak

[Fonte: Le Temps]
L'Union européenne est prête à s'engager pour les élections irakiennes et pour soutenir l'action de l'ONU. Sur le fond, les grandes divisions persistent au sein de la famille européenne, même si elles font désormais partie de la routine

Publicado por esta às 11:05 AM

novembro 11, 2004

Les Allemands ne se prononceront pas sur la Constitution européenne

[Fonte:Le Temps]
ALLEMAGNE. Privé du soutien de l'opposition chrétienne démocrate, le projet de référendum capote.

Publicado por esta às 08:42 AM

novembro 12, 2004

La Suisse rejoint la bourse européenne de l'emploi

[Fonte:Le Temps]
LIBRE CIRCULATION. Le volet helvétique du système Eures, destiné à stimuler la mobilité professionnelle en Europe, a été inauguré mercredi à Berne. Six cents conseillers en emploi, dont neuf Suisses, font partie de ce réseau.

Publicado por esta às 08:48 AM

Nucléaire: Téhéran exalte la "résistance" aux exigences de l'UE

[Fonte:Le Temps]
Guide suprême d'Iran, Ali Akbar Nategh-Nouri, a exalté vendredi la "résistance" aux exigences "imbéciles et infantiles" des Européens, qui peinaient toujours à convaincre Téhéran de suspendre l'enrichissement d'uranium malgré l'urgence d'une décision.

Les négociations avec les Européens pour que la querelle nucléaire iranienne ne soit pas vidée devant le Conseil de sécurité de l'Onu semblaient marquer le pas vendredi et une extrême discrétion était observée des deux côtés sur les difficultés rencontrées.

"L'Iran a donné sa réponse hier soir aux Européens" lors d'une rencontre entre les négociateurs iraniens et les ambassadeurs allemand, britannique et français à Téhéran, a dit un officiel iranien cité par l'agence estudiantine Isna. "Il n'y aura pas de nouvelles négociations aujourd'hui (vendredi) à Téhéran parce que les Européens (...) doivent examiner la réponse dans leurs capitales, ce qui pourra prendre entre une journée et une semaine", a ajouté ce responsable qui n'est pas identifié.

Le principal conseiller du Guide suprême Ali Khamenei sans l'approbation duquel rien ne se fait, a dénoncé avant la prière traditionnelle du vendredi les "paroles imbéciles et infantiles" des Européens. Les Européens "nous disent de stopper notre programme (nucléaire) et qu'en contrepartie ils nous vendrons des avions commerciaux ou des locomotives", a déclaré M. Nategh-Nouri. "Heureusement, les sondages montrent que 75 à 80% des Iraniens veulent que nous résistions, que nous poursuivions notre programme et refusions l'humiliation", a-t-il dit.

"Le Guide a résumé notre politique d'une phrase: si vous (les Européens) vous montrez raisonnables, nous voulons bien discuter avec vous, sinon nous n'avons rien à vous dire", a ajouté son conseiller. Moins radical, l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, a lui aussi réclamé des efforts européens. "Nous pouvons atteindre une solution et arriver à un accord si les Européens font preuve de sagesse et qu'ils ne présentent pas de demande excessive", a dit M. Rafsandjani, resté un personnage central du régime, qui prononçait le prêche du vendredi.

"Les négociations avancent pas à pas, nous avons fait des progrès, mais, sur un ou deux points, nous sommes encore loin de nos demandes", a-t-il exposé. Les tractations sont dans une phase décisive. Pour les Européens, il s'agit d'obtenir que les Iraniens, ouvertement accusés par les Etats-Unis et Israël de vouloir se doter de la bombe atomique, renoncent à enrichir l'uranium, seule garantie probante selon eux que la technologie produisant le combustible pour les futures centrales civiles iraniennes n'est pas détournée à des fins militaires.

A défaut, l'Iran risque de voir l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) décider lors de sa session du 25 novembre d'en référer au Conseil de sécurité, comme le veulent les Etats-Unis, un dénouement aux conséquences aléatoires que l'Union européenne voudrait éviter. Pour emporter la décision des Iraniens, les trois grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne) leur ont offert une coopération nucléaire mais aussi politique, sécuritaire et commerciale. Mais les deux parties semblaient ne s'être toujours pas accordées vendredi et aucune d'elles n'a dit quand elles se retrouveraient.

Le temps presse.

La décision iranienne devrait théoriquement être consignée dans le rapport censé être soumis à l'AIEA environ deux semaines (c'est-à-dire ces jours-ci) avant le 25 novembre. En outre, si l'Iran accepte la suspension, les inspecteurs de l'AIEA doivent avoir le temps de la vérifier sur le terrain avant le 25, ce qui ne laisse guère de place pour une décision au-delà de la mi-novembre.

Publicado por esta às 12:27 PM

Nucléaire: Téhéran exalte la "résistance" aux exigences de l'UE

[Fonte:Le Temps]
Guide suprême d'Iran, Ali Akbar Nategh-Nouri, a exalté vendredi la "résistance" aux exigences "imbéciles et infantiles" des Européens, qui peinaient toujours à convaincre Téhéran de suspendre l'enrichissement d'uranium malgré l'urgence d'une décision.

Les négociations avec les Européens pour que la querelle nucléaire iranienne ne soit pas vidée devant le Conseil de sécurité de l'Onu semblaient marquer le pas vendredi et une extrême discrétion était observée des deux côtés sur les difficultés rencontrées.

"L'Iran a donné sa réponse hier soir aux Européens" lors d'une rencontre entre les négociateurs iraniens et les ambassadeurs allemand, britannique et français à Téhéran, a dit un officiel iranien cité par l'agence estudiantine Isna. "Il n'y aura pas de nouvelles négociations aujourd'hui (vendredi) à Téhéran parce que les Européens (...) doivent examiner la réponse dans leurs capitales, ce qui pourra prendre entre une journée et une semaine", a ajouté ce responsable qui n'est pas identifié.

Le principal conseiller du Guide suprême Ali Khamenei sans l'approbation duquel rien ne se fait, a dénoncé avant la prière traditionnelle du vendredi les "paroles imbéciles et infantiles" des Européens. Les Européens "nous disent de stopper notre programme (nucléaire) et qu'en contrepartie ils nous vendrons des avions commerciaux ou des locomotives", a déclaré M. Nategh-Nouri. "Heureusement, les sondages montrent que 75 à 80% des Iraniens veulent que nous résistions, que nous poursuivions notre programme et refusions l'humiliation", a-t-il dit.

"Le Guide a résumé notre politique d'une phrase: si vous (les Européens) vous montrez raisonnables, nous voulons bien discuter avec vous, sinon nous n'avons rien à vous dire", a ajouté son conseiller. Moins radical, l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, a lui aussi réclamé des efforts européens. "Nous pouvons atteindre une solution et arriver à un accord si les Européens font preuve de sagesse et qu'ils ne présentent pas de demande excessive", a dit M. Rafsandjani, resté un personnage central du régime, qui prononçait le prêche du vendredi.

"Les négociations avancent pas à pas, nous avons fait des progrès, mais, sur un ou deux points, nous sommes encore loin de nos demandes", a-t-il exposé. Les tractations sont dans une phase décisive. Pour les Européens, il s'agit d'obtenir que les Iraniens, ouvertement accusés par les Etats-Unis et Israël de vouloir se doter de la bombe atomique, renoncent à enrichir l'uranium, seule garantie probante selon eux que la technologie produisant le combustible pour les futures centrales civiles iraniennes n'est pas détournée à des fins militaires.

A défaut, l'Iran risque de voir l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) décider lors de sa session du 25 novembre d'en référer au Conseil de sécurité, comme le veulent les Etats-Unis, un dénouement aux conséquences aléatoires que l'Union européenne voudrait éviter. Pour emporter la décision des Iraniens, les trois grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne) leur ont offert une coopération nucléaire mais aussi politique, sécuritaire et commerciale. Mais les deux parties semblaient ne s'être toujours pas accordées vendredi et aucune d'elles n'a dit quand elles se retrouveraient.

Le temps presse.

La décision iranienne devrait théoriquement être consignée dans le rapport censé être soumis à l'AIEA environ deux semaines (c'est-à-dire ces jours-ci) avant le 25 novembre. En outre, si l'Iran accepte la suspension, les inspecteurs de l'AIEA doivent avoir le temps de la vérifier sur le terrain avant le 25, ce qui ne laisse guère de place pour une décision au-delà de la mi-novembre.

Publicado por esta às 12:27 PM

novembro 15, 2004

L'envolée de l'euro met les ministres des Finances européens sous pression

[Fonte:Le Temps]
L'Eurogroupe se réunit ce soir à Bruxelles alors que l'Allemagne et la France plombent la zone euro par leur faible croissance. Un Pacte de stabilité «soft» sera-t-il adopté? Discussions délicates au menu des grands argentiers des Douze, avec en plat de résistance la vigueur de l'euro, qui porte un coup à l'industrie d'exportation en renchérissant les prix.

Publicado por esta às 09:20 AM

novembro 16, 2004

L'envolée de l'euro met les ministres des Finances européens sous pression

[Fonte:Le Temps]
L'Eurogroupe se réunit ce soir à Bruxelles alors que l'Allemagne et la France plombent la zone euro par leur faible croissance. Un Pacte de stabilité «soft» sera-t-il adopté? Discussions délicates au menu des grands argentiers des Douze, avec en plat de résistance la vigueur de l'euro, qui porte un coup à l'industrie d'exportation en renchérissant les prix.

Publicado por esta às 03:45 PM

novembro 18, 2004

Nucléaire iranien: victoire européenne, défaite américaine

[Fonte: Le Temps]
Alors que les menaces militaires américaines semblent être le seul horizon politique de Washington envers l'Iran en l'absence de toute ligne pour faire face au programme nucléaire de Téhéran, la diplomatie européenne vient d'obtenir un accord de suspension des activités d'enrichissement d'uranium iraniennes. Sharam Chubin, spécialiste des questions nucléaires et de l'Iran, analyse ces deux appr...

Publicado por esta às 08:42 AM

La Commission Barroso investie

[Fonte:Le Temps]
Le Parlement européen a voté jeudi l'investiture de la nouvelle Commission européenne du Portugais José Manuel Durao Barroso (photo Keystone) à une large majorité de 449 voix pour, 149 contre et 82 abstentions. Ce vote, en séance plénière à Strasbourg, met un terme à trois semaines d'une crise amorcée par l'«affaire Buttiglione» et ouvre la voie à une prise de fonctions de la Commission européenne la semaine prochaine.

Publicado por esta às 12:15 PM

novembro 19, 2004

La Commission Barroso est approuvée, mais n'obtient pas un chèque en blanc

[Fonte:Le Temps]
UNION EUROPEENNE. José Manuel Barroso se mettra au travail dès lundi. Sous la surveillance des eurodéputés qui entendent conserver l'influence qu'ils ont acquise en le forçant à retirer sa première commission.

Publicado por esta às 02:13 PM

novembro 22, 2004

Barroso & Cie pour cinq ans à la barre de l'Union

[Fonte:Le Temps]
Recalée dans sa première composition, la nouvelle Commission européenne dirigée par l'ancien premier ministre portugais José Manuel Durão Barroso, tacticien et un brin entêté, prend la barre de l'Union européenne (UE) aujourd'hui et pour une durée de cinq ans. Les 25 membres de l'équipe Barroso – un par Etat de l'UE contre 20 jusqu'alors – vont prendre possession de leurs bureaux du Berlaymont, le bâtiment historique de la Commission à Bruxelles, après avoir obtenu non sans mal l'investiture du Parlement européen. Il aura fallu rayer de la liste l'Italien Rocco Buttiglione et la Lettonne Ingrida Udre pour aboutir à ce groupe définitif chargé d'animer les 24 000 fonctionnaires européens.

Sur le fond, José Manuel Durão Barroso a répété sans relâche depuis ses premiers pas de président en juin dernier que sa grande priorité serait la réforme économique de l'Union européenne. «Le plus important sera d'être un catalyseur pour donner un coup de fouet à la compétitivité et la création d'emploi, [...] tâcher d'appliquer un modèle social européen moderne, qui combine le dynamisme économique et la solidarité et la justice sociale», a-t-il encore souligné jeudi, quelques minutes après son investiture à Strasbourg. La Commission veut relancer la stratégie de Lisbonne arrêtée en 2000, qui visait à faire de l'UE l'économie la plus compétitive du monde en 2010 en pariant sur la connaissance. Sur un plan plus politique, la Commission sera au premier plan pour proposer à l'Europe des solutions de rechange si la ratification du traité constitutionnel, prévue dans les deux ans à venir, venait à échouer. Mais les problèmes quotidiens sont déjà sur la table, à commencer par une attaque de l'eurodéputé libéral britannique Graham Watson qui demande la démission ou la suspension du commissaire français aux Transports, Jacques Barrot, en raison de son passé judiciaire.

Publicado por esta às 08:49 AM

novembro 23, 2004

Verbatim de la déclaration finale

[Fonte:Le Temps]
La conférence internationale sur l'Irak de Charm el-Cheikh (Egypte) a adopté mardi une déclaration finale en 14 points, élaboré à partir d'un avant-projet égyptien. Voici les principaux extraits de la déclaration.

Mardi 23 novembre 2004 14:57
AFP


La conférence:
1 - Réaffirme la souveraineté, l'indépendance politique, l'intégrité territoriale et l'unité nationale de l'Irak (...) Réaffirme le droit du peuple irakien à une vie stable et sûre et son droit à déterminer librement son avenir à travers des moyens démocratiques.
2 - Considère que la réunion du Caire du 21 juillet (des pays voisins de l'Irak) était dans l'intérêt du peuple irakien et de la stabilité dans la région.
3 - Souligne le rôle dirigeant des Nations unies pour le soutien du processus politique stipulé dans les paragraphes 4 et 7 de la résolution 1546 du Conseil de Sécurité (juin 2004).
- Salue le rôle dirigeant des Nations unies comme conseiller du processus électoral, y compris ses récentes décisions de déployer un plus grand nombre de personnels pour aider à la préparation des élections (...).
- Appelle la communauté internationale à procurer l'assistance nécessaire pour protéger les Nations unies en Irak.
4 - Considère cette conférence comme un pas pour élargir la participation des Irakiens, contribuant ainsi au succès du processus politique.
- Salue les efforts du gouvernement intérimaire et des autres dirigeants de la communauté irakienne pour élargir la participation politique, en encourageant tous les éléments rejetant la violence à s'engager dans le processus politique et électoral à travers des moyens pacifiques.
- Encourage le gouvernement intérimaire à réunir en Irak le plus tôt possible, avant les élections générales, des représentants de l'échiquier politique irakien et de la société civile afin (...) d'élargir la participation aux élections générales.
5 - Salue les pas accomplis pour établir la démocratie en Irak et encourage le gouvernement intérimaire à poursuivre le processus politique en organisant des élections générales avant la fin de janvier 2005, afin d'installer une Assemblée nationale de transition, qui aura la responsabilité de former un Gouvernement national de transition, d'élaborer un projet de Constitution permanente, conduisant à la formation d'un gouvernement constitutionnellement élu avant le 31 décembre 2005, selon le calendrier fixé par la résolution 1546 du Conseil de sécurité, et d'assurer la transition de l'Irak vers un Etat uni, fédéral et pluraliste.
6 - Condamne tous les actes de terrorisme et exige leur cessation immédiate (...) Appelle toutes les parties à éviter l'usage excessif de la force et au maximum de retenue pour éviter la violence à l'encontre des civils.
7 - Condamne tous les actes d'enlèvement et d'assassinat y compris contre des civils travaillant pour des firmes locales et étrangères à la reconstruction de l'Irak, ainsi que les membres de mission diplomatique et les journalistes (...).
8 - Appelle les parties concernées à prendre toutes les mesures pour contribuer à la stabilité de l'Irak et réaffirme les obligations des membres des Nations unies d'empêcher le transit de terroristes de et vers l'Irak, leur armement et leur financement (...).
9 - Réaffirme l'importance des relations de bon voisinage et de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays (...).
10 - Réaffirme que le mandat des forces multinationales n'est pas ouvert indéfiniment et qu'il expirera conformément au paragraphe 4 et 12 de la résolution 1546 ou avec l'achèvement du processus politique (...).
- Souligne la nécessité de permettre aux forces de sécurité irakiennes, aussi rapidement que possible, de jouer un rôle croissant, afin d'assumer leur totale responsabilité dans le maintien de la sécurité et de la stabilité (...).
11 - Réaffirme l'importance de l'assistance humanitaire dans la reconstruction de l'Irak (...).
12 - Reconnaît que la réduction de la dette est un élément clé dans la reconstruction de l'Irak (...).
13 - Réaffirme l'importance de traduire en justice les responsables du régime précédent ayant commis des crimes de guerre contre l'Iran et le Koweït et des crimes contre l'Humanité (...).
14 - Instruit les représentants respectifs pour passer en revue les progrès dans l'application des conclusions de la conférence et de présenter leur premier rapport en février 2005 (...).

Publicado por esta às 05:04 PM

novembro 24, 2004

Ultime rencontre UE-Turquie avant un Conseil européen crucial pour l'adhésion

[Fonte: Le Temps]
LA HAYE (AFP) - Le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gul se trouve mercredi aux Pays-Bas, qui exercent la présidence tournante de l'Union européenne, pour une ultime réunion ministérielle avant le Conseil européen du 17 décembre qui doit se prononcer sur l'ouverture de négociations d'adhésion avec Ankara.

La "troïka" européenne (actuelle et future présidence, en l'occurence le Luxembourg, plus la Commission) et la Turquie se rencontrent deux fois pas an mais toutes les parties s'accordent à souligner l'importance de la rencontre de mercredi.

"Nous allons procéder à un échange de vues et voir où nous en sommes avant le 17 décembre", à Bruxelles, a indiqué à l'AFP à Ankara un diplomate turc. "Nous espérons apprendre de la présidence (néerlandaise) la position des autres Etats membres" sur le dossier d'adhésion turque, a ajouté ce diplomate sous le couvert de l'anonymat.

"Nous allons aussi à nouveau faire valoir nos préoccupations à la suite du rapport de la Commission", a-t-il encore indiqué. Il faisait référence à un rapport présenté le 6 octobre, qui recommandait l'ouverture de négociations d'adhésion mais en posant des réserves qui ont irrité Ankara, notamment sur la liberté de religions.

Le ministre néerlandais des Affairs étrangères Ben Bot déclarait récemment : "si les négociations débutaient en 2005, s'il n'y a pas de circonstances imprévisibles et si la Turquie continue sur cette voie, et je ne vois pas pourquoi elle ne serait pas capable de remplir les critères, on estime que les négociations pourraient durer en moyenne dix ans". Interrogé pour savoir si une entrée dans l'UE était réaliste en 2015, si ces conditions étaient respectées, il a répondu "oui".

Les opposants d'une adhésion de la Turquie, qui redoutent notamment l'arrivée d'un immense pays majoritairement musulman, estiment qu'il faudrait, au moins dans un premier temps, se contenter d'établir un partenariat, ce qu'Ankara a jugé inacceptable.

La réunion servira en particulier à évaluer l'intérêt de procéder ou non à un état des lieux comparatif de la législation turque avec la législation européenne avant l'ouverture proprement dite des négociations d'adhésion, selon des sources diplomatiques concordantes à Bruxelles. Ankara estime avoir déjà réalisé cette procédure et n'y voit qu'une tentative pour lui imposer un délai supplémentaire.

Cet état des lieux comparatif ou "screening" consiste pour le pays candidat à présenter à Bruxelles l'état de sa législation dans les différents domaines qui seront abordés lors des négociations.

La Commission européenne procède ensuite à une comparaison avec la législation communautaire et le pays candidat se voit alors indiquer quelles mesures il doit prendre pour se mettre aux normes.

Les Turcs rappellent à ce propos que le sommet européen de Copenhague, en décembre 2002, avait spécifié que si l'ouverture des négociations d'adhésion était décidé en décembre prochain, celle ci devrait avoir lieu "sans retard".

Pour les autres pays candidats, le "screening" se déroulait juste après le lancement officiel des négociations d'adhésion, rappelait un diplomate européen à Bruxelles.

Un autre obstacle à l'adhésion d'Ankara, qui devrait être discuter à La Haye, est le refus de la Turquie de reconnaître Chypre, qui est membre de l'UE et a laissé entendre qu'il pourrait utiliser son droit de veto.

Outre MM. Gul et Bot participeront notamment à la réunion le secrétaire d'Etat néerlandais aux Affaires européennes Atzo Nicolai et le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana.

Publicado por esta às 08:34 AM

Barroso exclut de réviser les grands principes du pacte de stabilité

[Fonte:Le Temps]
BRUXELLES (AFP) - Le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso s'est déclaré opposé mercredi à une révision des grands principes du pacte de stabilité, après une demande en ce sens formulée par le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

"Nous ne pensons pas que ce soit une contribution pour la crédibilité du pacte d'avoir une révision fondamentale de ce pacte", a affirmé M. Barroso lors de sa première conférence de presse en tant que président de l'exécutif européen.

M. Barroso réagissait à une demande adressée mardi par M. Berlusconi à la présidence néerlandaise de l'UE en faveur d'une renégociation des paramètres du Traité de Maastricht sur le déficit public.

Le président de la Commission a rappelé que "la Constitution européenne signée à Rome" le mois dernier avait réaffirmé la "validité" des grands principes du pacte de stabilité, comme le respect d'un plafond maximum de 3% du PIB pour le déficit public.

"Le respect des grandes règles du pacte de stabilité et de croissance sont inscrites dans la Constitution", a-t-il souligné.

Le président de la Commission a en revanche souligné qu'il était prêt à travailler avec les Etats de l'UE pour "assurer la flexibilité nécessaire" du pacte, "dans le respect de ses "grands principes".

Confronté à des difficultés pour concilier obligations européennes et baisses d'impôts, M. Berlusconi a réclamé une révision des critères plafonnant le déficit public à 3% et la dette à 60% du PIB.

"Si un gouvernement veut réduire les taxes, il doit aussi réduire les dépenses. Ceux qui pensent relancer le développement en augmentant les dépenses se trompent", avait affirmé M. Barroso lundi.

De son côté, la présidence néerlandaise de l'UE a souligné mardi que la discussion sur l'avenir du pacte aura lieu au mois de mars, sous la présidence luxembourgeoise.

Le chantier de la réforme du pacte est déjà lancé et les ministres des Finances européens en ont discuté lors de leur réunion la semaine dernière à Bruxelles sans qu'à ce stade un consensus se dégage sur les modalités.

Toutes les pistes de réforme, notamment celles avancées par la Commission européenne, proposent une plus grande flexibilité dans l'application du texte et la prise en compte de la conjoncture économique, mais maintiennent le critère de 3%.

Publicado por esta às 01:49 PM

Début d'une rencontre UE-Turquie avant le sommet crucial du 17 décembre

[Fonte:Le Temps]
LA HAYE (AFP) - Le ministre des Affaires étrangères turc Abdullah Gul est arrivé à La Haye mercredi pour une dernière rencontre ministérielle avec l'Union européenne avant le Conseil européen du 17 décembre qui devra se prononcer sur l'ouverture de négociations d'adhésion avec Ankara.

La rencontre a débuté peu après 09H30 GMT. M. Gul n'a fait aucune déclaration à son arrivée.

Le chef de la diplomatie turque aura des entretiens avec la "troïka" européenne (actuelle et future présidence, en l'occurence les Pays-Bas et le Luxembourg, plus la Commission, dont le nouveau commissaire à l'Elargissement Olli Rehn). Le Haut Représentant pour la politique étrangère de l'UE Javier Solana n'assiste pas à cette rencontre en raison d'un changement dans son programme.

Une conférence de presse doit clore la réunion en milieu de journée.

M. Gul aura ensuite un entretien séparé avec le commissaire Olli Rehn, a indiqué un membre de la délégation turque à l'AFP.

La rencontre bilatérale de mercredi servira à "procéder à un échange de vues et voir où nous en sommes avant le 17 décembre", à Bruxelles, a indiqué à l'AFP à Ankara un diplomate turc. "Nous espérons apprendre de la présidence (néerlandaise) la position des autres Etats membres" sur le dossier d'adhésion turque.

La Turquie veut également réaffirmer ses "préoccupations" après un rapport de la Commission présenté le 6 octobre, qui recommandait l'ouverture de négociations d'adhésion mais en posant des réserves qui ont irrité Ankara, notamment sur la liberté de religions.

La réunion servira également à évaluer l'intérêt de procéder ou non à un état des lieux comparatif de la législation turque avec la législation européenne avant l'ouverture proprement dite des négociations d'adhésion, selon des sources diplomatiques concordantes à Bruxelles.

Ankara estime avoir déjà réalisé cette procédure et n'y voit qu'une tentative pour lui imposer un délai supplémentaire.

Publicado por esta às 01:59 PM

novembro 25, 2004

Face-à-face tendu Russie-UE à La Haye sur fond de crise ukrainienne

[Fonte:Le Temos]
LA HAYE (AFP) - Le président russe Vladimir Poutine est attendu jeudi à La Haye pour un sommet Russie-Union européenne qui survient en pleine crise entre Moscou et Bruxelles autour de la présidentielle ukrainienne, remportée par le candidat pro-russe et contestée par Bruxelles et Washington.

A la tête de la délégation russe, le président Poutine doit rencontrer pour la première fois le président de la nouvelle Commission européenne, José Manuel Barroso, et son équipe.

M. Barroso a prévenu qu'il exprimerait "haut, clair et fort" le désaccord des Européens avec le déroulement du scrutin en Ukraine, officiellement remporté par Viktor Ianoukovitch alors que l'opposant pro-occidental Viktor Iouchtchenko appellait à une grève générale jeudi.

Ce face-à-face intervient alors que le Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE Javier Solana, lui aussi attendu à La Haye, a souligné que les vingt-cinq n'accepteraient pas un scrutin "frauduleux" et a appelé à "revoir" des résultats déjà non reconnus par Washington et Ottawa.

Il a téléphoné aux différents protagonistes de la crise ukrainienne pour que soit trouvée "une solution politique négociée".

La crise intervient dans un contexte de tension entre l'UE et la Russie, alors que les relations que l'Union européenne souhaite établir avec des pays de l'ex-Bloc soviétique, comme l'Ukraine, sont mal accueillies par la Russie.

Ce qui rend plus difficiles les négociations sur les quatre "espaces communs", censés dessiner les futurs contours de la coopération Russie-UE, plat principal du sommet de jeudi. Les négociations butent notamment sur des désaccords sur la justice et à la sécurité extérieure.

Sur la sécurité extérieure, le dilemme porte sur le "voisinage commun" aux deux parties, les Russes étant très circonspects à l'idée de voir l'UE travailler de concert avec eux dans une région qui s'étend du Bélarus au Caucase, en passant par la Moldavie et l'Ukraine.

Au programme également, le problème du transit des biens depuis l'enclave russe de Kaliningrad, celui de la signature d'accords frontaliers entre Moscou avec la Lettonie et l'Estonie, et "la solution politique" en Tchétchénie.


Publicado por esta às 08:39 AM

Un non des socialistes français à la Constitution provoquerait une crise en France et en Europe

[Fonte:Le Temps]
UNION EUROPEENNE. Le Parti socialiste français est en ébullition à moins d'une semaine du scrutin interne qui décidera le 1er décembre s'il soutient le oui ou le non lors du référendum sur la ratification du traité constitutionnel européen promis par Jacques Chirac en 2005. Le numéro un du parti, François Hollande, est partisan du oui


Laurent Wolf, Paris
Jeudi 25 novembre 2004

Le Parti socialiste français est en ébullition depuis plusieurs semaines; il le restera au moins jusqu'au 1er décembre à 22 heures. A ce moment-là, le scrutin qui doit dire si le PS fera campagne pour le oui ou pour le non lors du référendum de ratification du traité constitutionnel européen que Jacques Chirac a promis d'organiser en 2005 (probablement à l'automne) sera clos. Un peu plus de 120 000 militants sont appelés aux urnes. Les résultats seront connus jeudi dans la journée et rendus officiels lors d'un Conseil national du parti le samedi 4 décembre. Ce sera l'heure du décompte des voix, mais aussi l'heure des comptes tout court si le non l'a emporté.

La majorité qui dirige le PS est divisée. François Hollande, numéro un et premier secrétaire du parti, a pris position pour le oui. Il s'oppose à Laurent Fabius, son numéro deux, qui combat résolument pour le non après avoir fait mine d'hésiter. Jamais campagne interne à un parti politique français n'a pris de pareilles proportions. On parle même de Swing Federations comme on parlait de Swing States lors de l'élection présidentielle américaine, pour désigner les fédérations départementales où devrait se faire la décision (Nord, Pas-de-Calais, Paris et Bouches-du-Rhône).

Le débat porte sur l'interprétation du texte et sur la stratégie du PS pour les années qui viennent. Les partisans du non considèrent que le traité enracine définitivement une Europe du marché, fondée sur une libre concurrence qui échappe à tout contrôle politique. Ils contestent l'architecture des institutions. Selon eux, les pouvoirs de l'Europarlement restent faibles, le statut d'indépendance totale de la Banque centrale européenne est figé, les coopérations renforcées entre les Etats qui les souhaitent seront freinées, et la révision du traité est rendue presque impossible par l'exigence d'unanimité des 25 pays membres.

«Le chaos un certain 21 avril»

Les partisans du oui trouvent au contraire que le texte est un progrès par rapport aux traités précédents. Les socialistes sont les artisans de l'UE depuis plus d'un demi-siècle, disent-ils, même s'ils ont dû accepter des compromis. Selon eux, le projet socialiste place la réconciliation d'une Europe pacifiée au même rang que la réalisation de l'Europe sociale. Et jamais, affirment-ils, les idées de la gauche démocratique n'ont été si clairement présentes dans un traité européen.

On pourrait ironiser sur cette querelle entre ceux qui voient le verre constitutionnel à moitié plein et ceux qui le voient à moitié vide s'il ne s'agissait d'une querelle stratégique. «Le débat n'est pas entre le oui et le chaos, dit un tract. Le vrai chaos a eu lieu un certain 21 avril», quand Lionel Jospin s'est retrouvé derrière Jean-Marie le Pen au premier tour de la présidentielle de 2002. Des membres du PS et certains de ses dirigeants ont considéré cette défaite comme la conséquence de la dérive libérale du parti et ils ont appelé à un «virage à gauche». Cette interprétation revient dans le débat sur l'Europe. L'issue du scrutin engage donc le projet et le programme des socialistes pour la présidentielle et les législatives de 2007, mais aussi le processus de désignation de leur candidat.

François Hollande, qui se taille grâce à cette campagne un costume de candidat possible, le souligne. «Si le non l'emporte, a-t-il dit sur LCI, c'est l'inconnu.» L'inconnu pour le PS (qui sera en mesure de le conduire à la victoire en 2007?), l'inconnu sur les alliances (avec qui les socialistes se retrouveront-ils s'ils font campagne pour le non? Le Front national, les souverainistes de droite, l'extrême gauche?), et l'inconnu pour l'Europe. Car, continue François Hollande, je «n'imagine pas Jacques Chirac négocier un traité plus à gauche».

Le président et sa majorité attendent la décision du PS avec inquiétude. Un non remettrait en cause la procédure référendaire et Jacques Chirac pourrait être contraint de revenir à une ratification parlementaire, en accusant les socialistes de l'y forcer. Mais une crise au sein du Parti socialiste pourrait avoir d'autres conséquences: le fameux virage à gauche (qui se traduirait par des mouvements sociaux plus fréquents), une scission (qui conduirait une fraction du PS à regarder vers le centre), et même, le retour d'un retraité de la politique devenu un homme providentiel, Lionel Jospin. Pendant une semaine encore, les prévisions sur l'avenir politique de la France n'appartiennent pas aux analystes raisonnables, mais aux parieurs.


Publicado por esta às 08:46 AM

A la merci du choix de 120000 Français

[Fonte:Le Temps]
Les socialistes et les syndicalistes de toute l'Union européenne (favorables à la ratification du traité constitutionnel) observent avec perplexité ce qui se passe au Parti socialiste français. Ils ne sont pas les seuls. Les militants du PS sont les premiers citoyens à faire entendre leur voix sur ce traité. Ils décideront si leur parti fera campagne pour le oui ou pour le non lors du référendum de ratification. En cas de non, on voit mal comment Jacques Chirac obtiendra une majorité positive parce que ce référendum tournera à la protestation anti-européenne et anti-libérale, mais aussi parce qu'il agglomérera tous les mécontentements contre sa politique. Si la France votait non, la ratification du traité serait condamnée. Et l'éventualité qu'elle le fasse encouragera les eurosceptiques de l'Union. Nous pouvons comprendre, en Suisse, ce que pèsent les voix de quelques citoyens. Mais ce n'est jamais arrivé dans de telles proportions. Car 120 000 citoyens français, en outre militants d'un seul parti, décideront peut-être mercredi prochain pour 450 millions de citoyens européens.

Publicado por esta às 08:56 AM

Face à la Turquie, l'Union européenne pose de plus en plus de conditions

[Fonte:Le Temps]
EUROPE. Lors d'une rencontre à La Haye avant le sommet décisif du 17 décembre, le chef de la diplomatie néerlandaise a insisté sur la liberté de choix des Etats malgré les recommandations favorables de la Commission

Publicado por esta às 08:58 AM

novembro 26, 2004

Nucléaire: Désaccords persistants entre l'UE et l'Iran à l'AIEA, mais ElBaradei optimiste

[Fonte:Le Temps]
VIENNE (AFP) - Les Européens, exigeant le gel total de l'enrichissement de l'uranium par l'Iran, et les Iraniens, qui disent remplir toutes leurs obligations, restaient en désaccord vendredi à Vienne, mais le chef de l'AIEA s'est montré confiant quant à un déblocage.

Au second jour du conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique, le directeur de l'AIEA Mohamed ElBaradei s'est déclaré "optimiste" qu'une résolution des Européens serait finalement adoptée et que l'Iran abandonnerait une demande d'exemption pour 20 centrifugeuses de recherche.

"Il n'y a aucun doute qu'à l'heure actuelle nous respectons pleinement nos engagements" concernant la suspension de l'enrichissement et des activités qui lui sont liées, a affirmé à l'AFP le principal négociateur Hossein Moussavian.

Alors que les autres centrifugeuses qui servent à enrichir l'uranium ont été mises sous scellées par les inspecteurs de l'agence onusienne cette semaine, la demande d'exemption formulée mercredi avait paru remettre en cause un accord entre Européens et Iraniens.

Par cet accord, le 7 novembre à Paris, Téhéran s'est engagé à une pleine suspension de ses activités d'enrichissement et annoncé l'avoir mis en oeuvre lundi dernier. En échange, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont promis des garanties de coopération à long terme et accepté de ne pas traduire l'Iran devant le Conseil de sécurité de l'Onu en vue de possibles sanctions internationales.

La demande d'exemption pour 20 centrifugeuses de recherche "n'est pas très importante. C'est technique", a estimé M. Moussavian.

Cependant un diplomate européen a souligné qu'il n'y aurait pas de solution à ce blocage tant que l'ensemble du processus de vérification n'aura pas eté accompli.

D'après un responsable de l'AIEA, qui n'a pas voulu être identifié, l'agence espère un retrait des demandes d'exemption iraniennes ainsi qu'un consensus, peut-être d'ici samedi, sur la résolution européenne.

Les Etats-Unis se sont ralliés ces derniers jours, sans enthousiasme, à cette résolution de compromis franco-germano-britannique, qui ne demande pas à ce stade un transfert au Conseil de sécurité des Nations unies et évite donc de possibles sanctions internationales. Mais les Américains se disent convaincus de la "mauvaise foi" de Téhéran et de sa volonté d'avoir l'arme nucléaire.

Les 35 délégations doivent trouver un consensus, comme c'est la règle à l'Agence atomique, entre le projet des Européens et celui des Non-Alignés, plus conciliant vis-à-vis de Téhéran.

Des consultations intenses se poursuivaient vendredi entre les Iraniens, les Européens et les Non-alignés.

M. Moussavian a fait état de "progrès" dans ces négociations.

Le président Mohammad Khatami avait qualifié, jeudi, de mauvais le dernier projet des Européens.

Mais un haut dignitaire religieux iranien, l'ayatollah Ahmad Janati, s'est dit confiant dans une issue favorable des travaux en cours à Vienne.

"Il est exclu que le dossier aille devant le Conseil de sécurité. L'affaire va vers sa normalisation", a déclaré l'ayatollah Janati, qui dirigeait la prière du vendredi à Téhéran.

D'autre part, la présidente du conseil des gouverneurs, Ingrid Hall (Canada) devait adopter vendredi après-midi une déclaration critique de la Corée du Sud pour ses activités nucléaires secrètes dans le passé contraires aux accord de non-prolifération.

L'ambassadeur sud-coréen, Cho Changbeom, s'est déclaré "heureux" de "travaux constructifs".

Mohammed ElBaradei avait répété jeudi que ces expériences sur du plutonium militaire et de l'uranium enrichi étaient sources "de grave inquiétude", même si les quantités de matières nucléaires impliquées sont "peu significatives".

Cependant, a-t-il souligné, ces expériences ont cessé et Séoul coopère bien avec l'agence onusienne.

Publicado por esta às 04:12 PM

Une épreuve pour l'Union européenne

[Fonte:Le Temps]
Les événements d'Ukraine mettent l'unité européenne à l'épreuve. Selon que l'Union saura donner aux pays de sa périphérie orientale l'assurance qu'elle les comprend et les protège, la fracture apparue lors de la guerre d'Irak disparaîtra ou au contraire s'installera de façon irréversible.

Ce qui se passe à Kiev étend brusquement le champ de ses responsabilités politiques. Elle doit maintenant accueillir comme siennes toutes les inquiétudes polonaises et baltes concernant leurs frontières orientales. Ce n'est plus un exercice abstrait mais pratique: si elle laisse violer à ses portes les règles institutionnelles de la démocratie sous le prétexte que l'Ukraine serait encore dans une zone réservée de la Russie, elle jettera les populations est-européennes dans les bras des Etats-Unis, seuls à même, penseront-elles, de faire reculer les prétentions russes. L'Europe orientale a encore la mémoire des trucages électoraux par lesquels les communistes locaux ont pris le pouvoir après la guerre pour mettre leurs différents pays au service des ambitions soviétiques. Le bourrage des urnes à Kiev est de mauvais augure.

A ce jour, l'Union se montre déterminée. Elle n'avale pas le résultat officiel et cherche des solutions fluides. Elle l'a dit hier devant Vladimir Poutine, lors d'une conférence de presse historique à La Haye en présence des acteurs politiques d'une Euro-Russie de Dublin à Vladivostok qui a besoin d'un contrat de confiance à l'échelle continentale. Le président russe nie la fraude. Il tâte les réactions, et pour l'instant ne bouge pas. Les manifestations de Kiev, que la Pologne encourage activement, peuvent aussi représenter pour lui une porte de sortie: si l'armée ne tire pas – et c'est lui qui a le doigt sur la gâchette – il pourra s'en réclamer pour justifier «démocratiquement» son recul.

L'Europe peut gagner cette bataille si elle n'a pas peur et si elle en comprend tout l'enjeu pour elle-même.

Publicado por esta às 04:18 PM

novembro 30, 2004

L'épreuve du feu pour l'Europe élargie

[Fonte: Le Temps]
L'UE refuse de reconnaître le résultat de l'élection ukrainienne pendant que Poutine félicite Ianoukovitch. Dialogue de sourds.

Publicado por esta às 01:59 PM

L'Europe fait le forcing pour obtenir le réacteur ITER

[Fonte:Le Temps]
FUSION NUCLEAIRE. Le Conseil des ministres européens devrait avaliser demain un nouveau mandat de négociation permettant d'imposer l'implantation en France des nouvelles installations de fusion nucléaire. But de ce projet gigantesque: démontrer «la faisabilité scientifique» de cette méthode visant à produire de l'énergie propre et sûre.

Publicado por esta às 02:02 PM

dezembro 02, 2004

BRUXELLES. Une «vieille» Europe

[Fonte:Le Temps]
Croyez-le ou non mais l’ «intégration de l’acquis communautaire» c’est bon pour la santé. Ce terme barbare, qui ne déparerait pas certaines collections de produits pharmaceutiques, n’a cependant rien n’à voir avec une quelconque décoction chimique. Il s’agit pourtant d’un remède de cheval, d’une sorte de purge violente, que l’Union européenne (UE) inflige à ceux qui sont désireux de la rejoindre, puisqu’il désigne l’obligation faite aux pays candidats de reprendre dans leurs législations respectives l’ensemble des règles communes aux Etats européens.

Publicado por esta às 08:51 AM

L'Union européenne remplace l'OTAN en Bosnie dans une opération plus politique que militaire

[Fonte:Le Temps]
BALKANS. L'Europe déploie dès aujourd'hui 7000 hommes en Bosnie, tandis que la SFOR présente depuis la fin de la guerre plie bagage. Pour les Européens il ne s'agit plus simplement de sécuriser le pays, mais de construire peu à peu les conditions d'un rapprochement avec l'UE

Publicado por esta às 08:53 AM

Le sort de la Constitution européenne entre les mains des socialistes français

[Fonte:Le Temps]
FRANCE. Les adhérents du PS étaient appelés mercredi à voter pour ou contre le traité constitutionnel.

Publicado por esta às 08:55 AM

Des pays de l'Union font monter les enchères avant les négociations d'adhésion avec la Turquie

[Fonte:Le Temps]
Après la Grèce, les Pays-Bas, qui président les Vingt-Cinq, entendent demander à Ankara de reconnaître Chypre avant d'entamer les négociations d'adhésion. Les tractations sont en cours à deux semaines du Sommet européen de Bruxelles.

Publicado por esta às 10:30 AM

Les socialistes français disent oui à la Constitution européenne

[Fonte:Le Temps]
Fortement mobilisés à l'occasion du référendum interne, les militants du PS auraient voté en faveur de la Constitution européenne à plus de 55%. Les partisans du non, emmenés par l'ancien premier ministre Laurent Fabius, ont rapidement reconnu leur défaite dans la nuit. Pour le plus grand plaisir de François Hollande, qui conforte sa position de premier secrétaire du parti.
Les socialistes français, fortement mobilisés, ont voté en faveur de la Constitution européenne lors d´un référendum interne organisé mercredi. Le oui aurait obtenu plus de 55 % des suffrages, selon les premières tendances. Le premier secrétaire du Parti socialiste français, François Hollande, a annoncé le succès du oui en déclarant, dans la nuit, que "cette victoire en appelle d´autres".

Forte participation
Le oui l'emporterait avec plus de 55 % des voix, a de son côté affirmé le numéro trois du PS, François Rebsamen. La participation aurait dépassé largement les 75 %, "la plus importante au PS depuis 1971", a-t-il ajouté, en saluant la "leçon de démocratie" donnée par les militants socialistes "en toute transparence".
Un peu plus tôt, Laurent Fabius, numéro deux du PS et chef de file des partisans du non, avait reconnu la défaite de son camp, en se basant sur des résultats partiels, les résultats définitifs du scrutin ne devant être proclamés que vendredi. Un de ses proches, Claude Bartolone, a pour sa part reconnu "un écart significatif" en faveur du oui.

«Triple victoire»
Pour François Hollande, qui apparaît maintenant comme l'homme fort du PS, ce vote représente une "triple victoire" pour l'Europe, pour la démocratie et enfin pour son parti, "à travers une participation exceptionnelle au scrutin interne, qui fait du PS un exemple de renouveau des pratiques politiques, et qui lui permet en plus d'être fidèle à son idéal et à ses alliés européens".
Quelque 120 000 adhérents, inscrits depuis au moins six mois dans les 3700 sections socialistes, étaient appelés à se prononcer sur le projet de constitution signé le 29 octobre à Rome par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, qui fera l´objet en 2005 d´un référendum parmi les Français.

Présidentielle de 2007 en ligne de mire
Cette consultation inédite marquait un nouvel épisode de la lutte entre les dirigeants de la gauche en vue de la présidentielle de 2007. L´intense débat au sein du parti s'est vite focalisé sur l´opposition entre François Hollande et Laurent Fabius, son second dans la direction actuelle, qui avait fait une campagne très politique en assimilant le oui à un vote pour la droite.

Inquiétudes
Une victoire du non au PS, principal parti d´opposition, aurait pu inciter les Français à voter à leur tour contre la Constitution européenne promue par le président Jacques Chirac. C'est pourquoi le président de la République avait averti dimanche qu´un refus de la Constitution "plongerait l´Europe et la France dans l'impuissance et l´immobilité".
Les socialistes européens qui soutiennent tous la Constitution, sauf ceux de Malte, ont observé d´abord avec étonnement puis avec inquiétude ce débat, incompréhensible, au sein d'un parti jusque là profondément pro-européen. L'ex-premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussent, président du Parti socialiste européen (PSE), n'a pas caché sa joie devant le résultat "formidable" du référendum.

Publicado por esta às 01:54 PM

L'Ukraine repose, après la Turquie, la question des frontières de l'UE

[Fonte:Le Temps]
PARIS (AFP) - L'évolution rapide de la situation en Ukraine pose, après la Turquie, la question des frontières de l'Union européenne, selon des experts européens, qui font valoir que l'UE pourra désormais difficilement refuser à Kiev une perspective d'adhésion.

La question ukrainienne s'est imposée jeudi lors d'une rencontre entre le président français Jacques Chirac et le chancelier allemand Gerhard Schroeder à Luebeck (Allemagne), qui n'avaient prévu dans un premier temps que de se concerter sur la Turquie, à quinze jours du sommet européen de Bruxelles.

Le sommet européen, les 16 et 17 décembre, doit prendre une décision sur l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie, un pays qui est en grande partie en dehors du continent européen, contrairement à l'Ukraine.

"Le refus de l'UE de soulever la possibilité d'une adhésion de l'Ukraine semble intenable", déclare Kataryna Wolczuk, du Centre for european reform, basé à Londres. "S'il y a des changements démocratiques rapides en Ukraine, cela modifiera complètement la donne", renchérit Wojciech Saryusz-Wolski, de l'European Policy Centre, à Bruxelles. "Ce sera très difficile pour l'UE de maintenir son refus".

Pour un diplomate européen, s'exprimant sous couvert d'anonymat, "s'il y a un président réformateur, l'Union européenne devra faire des gestes extrêmement forts vis-à-vis de l'Ukraine". L'eurodéputé et ancien ministre polonais des Affaires étrangères Bronislaw Geremek a déclaré mercredi à Bruxelles que "l'UE devrait répondre à l'Ukraine maintenant, lui dire qu'il y a une place pour elle dans l'Union". S'exprimant aux côtés de M. Geremek, le président de la commission de l'intégration européenne au sein du Parlement ukrainien, Boris Tarasyuk, partisan du candidat de l'opposition Viktor Iouchtchenko, a qualifié d'"irresponsable" le "manque de stratégie" de l'UE vis-à-vis de l'Ukraine.

L'Ukraine de Léonid Koutchma n'avait pas mis en oeuvre les réformes nécessaires pour prétendre à une accession même lointaine et l'UE s'était contentée de proposer à Kiev le statut de "pays frontalier de l'Union élargie" qui ne satisfait pas les autorités ukrainiennes. Cet état des choses était d'autant plus confortable pour les Européens qu'ils ne souhaitaient surtout pas déstabiliser la Russie.

Selon une étude réalisée en juin 2000 par le ministère allemand des Affaires étrangères en coopération avec le Quai d'Orsay, une adhésion de l'Ukraine entraînerait un sentiment d'isolement à Moscou. Une Ukraine démocratique et prête à se réformer mettrait toutefois l'Union européenne en porte-à-faux. "L'UE est ouverte à tous les pays européens qui remplissent les critères de Copenhague", rappelle M. Saryusz-Wolski. "Si l'Ukraine s'engage à remplir ces critères, l'UE va devoir apporter rapidement une réponse", poursuit-il. "Il lui faudra reconnaître les aspirations ukrainiennes de façon plus claire".

Aujourd'hui, le Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, Javier Solana, tente de résoudre la crise à Kiev "les mains vides", relève Kataryna Wolczuk. "Il a le prestige de l'Europe, mais il pourrait être beaucoup plus efficace" s'il avait quelque chose à offrir aux Ukrainiens, estime-t-elle.

"L'arrivée au pouvoir d'un candidat pro-occidental forcera les leaders européens à accorder une plus grande attention à un pays que personne ne prenait au sérieux il y a encore un mois", soulignait jeudi Fedor Loukianov, rédacteur en chef de la revue "La Russie dans la politique globale", dans un article publié sur internet.

Publicado por esta às 01:57 PM

dezembro 06, 2004

L'Eurogroupe à nouveau confronté à la hausse de l'euro lundi

[Fonte:Le Temps]
BRUXELLES (AFP) - Les ministres des Finances de la zone euro se retrouvent lundi soir à Bruxelles pour discuter à de nouveau des parades possibles à la hausse de l'euro, qui pénalise les exportations et la croissance, dans un contexte de spéculations sur une intervention des banques centrales japonaise et européenne sur les marchés.

Lors de leur précédente réunion il y a trois semaines, alors que l'euro flirtait avec les 1,30 dollar, les ministres s'étaient contentés de juger "indésirable" la "volatilité excessive" des monnaies.

Le même jour, le secrétaire américain au Trésor, John Snow, avait douché les espoirs européens d'une intervention concertée en faveur du billet vert en jugeant que la valeur des devises devait être "déterminée sur un marché ouvert et concurrentiel".

Depuis l'euro a encore progressé et a inscrit un nouveau record historique vendredi à New York, à 1,3460 USD.

Pour rendre l'euro moins attractif, les ministres ne pourront toutefois compter sur une baisse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne, option exclue jeudi par son président, Jean-Claude Trichet.Concernant l'autre option susceptible de freiner la baisse du billet vert, à savoir une intervention sur le marchés des changes sous la forme d'achats massifs de dollars, M. Trichet, qui sera présent lundi soir, est resté évasif. Il a rappelé que "l'intervention est une arme qui historiquement existe" pour les banques centrales mais n'a pas commenté les déclarations des autorités japonaises laissant entendre qu'une intervention concertée avec l'Europe avait été discutée.

Le ministre des Finances japonais Sadakazu Tanigaki a de nouveau suggéré vendredi que les autorités monétaires nippones pourraient vendre du yen pour soutenir le billet vert.

"Les derniers mouvements sur le marché des changes semblent trop rapides et ne reflètent pas les fondamentaux économiques", a déclaré M. Tanigaki. "Tout en continuant à surveiller étroitement ces développements, nous prendrons des mesures appropriées, en temps utile, si nécessaire", a-t-il assuré.

Pour soutenir une croissance hésitante, revue à la baisse par la BCE à 1,9% pour 2005, les ministres pourront cependant se réjouir du repli des cours du pétrole qui ont atteint vendredi leur plus bas niveau depuis trois mois, ayant chuté de six dollars en deux jours.

Après la réunion de l'Eurogroupe, les ministres voudront mardi avec leurs collègues du reste de l'UE tourner la page de l'épisode des statistiques grecques, qui avaient permis à la Grèce de rejoindre la zone euro sur la base de chiffres dont on sait maintenant qu'ils étaient trompeurs.

Les ministres dresseront les responsabilités des uns et des autres, suite à la réévaluation drastique des déficits publics grecs entre 1997 à 2003 intervenue récemment.

Dans un rapport adopté mercredi, la Commission européenne a blâmé en premier lieu le gouvernement et les autorités statistiques grecs mais a reconnu la responsabilité de son office Eurostat, qui aurait dû tirer la sonnette d'alarme plus tôt.

Bruxelles a aussi constaté des déficiences aux niveaux des Etats membres, de leurs organismes statistiques et des banques centrales qui auraient pu réagir aux doutes émis depuis plusieurs années par Eurostat.

En partageant les responsabilités, la Commission entend se donner les moyens d'avancer dans les prochaines semaines des mesures pour renforcer le pouvoir d'inspection d'Eurostat et mettre en place des "standards européens" sur l'activité des autorités statistiques nationales.


Publicado por esta às 09:27 AM

FRANCE. L'Europe dit merci au PS

[Fonte:Le Temps]
La victoire du "oui" au référendum du Parti socialiste français sur le projet de Constitution européenne est un signal dans le bon sens, estime la presse européenne. Mais elle y voit également un arbitrage des militants dans la lutte de pouvoir interne au parti

Publicado por esta às 09:30 AM

Mahmoud Abbas et Marwan Barghouti, les deux visages de la transition palestinienne

[Fonte:Le Temps]
PROCHE-ORIENT. Face à l'ancien leader du Fatah en Cisjordanie, emprisonné, et à huit autres candidats qui concourent au scrutin du 9 janvier, l'ex-premier ministre a les faveurs des Américains et de l'Union européenne.


Luis Lema
Lundi 6 décembre 2004

L'un sera cette semaine en Syrie et au Liban, puis sans doute dans les Etats du Golfe. Il voit sans discontinuer des diplomates étrangers, sait qu'il trouvera ouvertes les portes de la Maison-Blanche, parle et agit déjà comme un président. L'autre est dans une cellule de 3 mètres carrés, surveillé par une caméra vingt-quatre heures par jour. Il lit la presse israélienne, la seule qui lui soit livrée, et deux livres par semaine. S'il parle et s'il agit, lui aussi, c'est grâce à sa femme, Fadwa, qui est devenue sa seule courroie de transmission avec le monde extérieur. Mahmoud Abbas, 69 ans, et Marwan Barghouti, 45 ans, sont les deux visages de la transition palestinienne.

Aux dizaines de journalistes qui se pressent dans son modeste appartement de Ramallah, Fadwa Barghouti ne cesse de répéter la même explication: son mari, dit-elle, n'a pas fait preuve d'inconsistance en annonçant, à quelques jours d'intervalle, qu'il ne briguerait pas, puis qu'il briguerait, le poste de président de l'Autorité palestinienne laissé vacant par la mort de Yasser Arafat. «Simplement, il a pris conscience de certaines choses», explique-t-elle.

Laissant échapper des soupirs de soulagement, la direction palestinienne avait simplement tourné la page Barghouti en apprenant son désistement. La poursuite de l'Intifada? Assimilée à du terrorisme, elle n'est plus évoquée par les chefs de l'OLP, et notamment par un Mahmoud Abbas (Abou Mazen) qui avait publiquement regretté sa «militarisation» lorsqu'il était premier ministre, l'année dernière. La libération de Barghouti? Elle n'a pas même été mentionnée par les membres de «la vieille garde», tout à leur nécessité d'apparaître comme des dirigeants responsables.

Autour de Marwan Barghouti, le vide s'est fait dans les rangs de la jeune génération qui a combattu à ses côtés, pendant des années, la corruption et le manque de démocratie régnant dans les instances palestiniennes. Tous ont débranché leur téléphone. Il n'est pas l'heure de s'opposer, du moins publiquement, à la machine qui s'est mise en route. Face à huit autres candidats qui n'ont pas la carrure indispensable pour concourir au scrutin du 9 janvier, Abou Mazen doit apparaître comme le seul prétendant légitime. Gare à ceux qui manifesteront trop bruyamment leur soutien à un homme qui fut le chef du Fatah pour la Cisjordanie mais qui s'est vu forcer de s'inscrire au scrutin comme candidat indépendant.

Les Etats-Unis, Israël, l'Union européenne, une bonne partie du monde arabe: tous ont choisi désormais les cheveux blancs et le complet veston du candidat officiel face aux menottes du jeune prétendant, qui brandit ses mains en signe de défi. «Le courant qu'incarne Marwan juge que nous avons le droit de nous défendre face à l'occupation. Nous devons résister et négocier à la fois. Parce que négocier sans résister ne fait que nous affaiblir, et résister sans négocier, c'est courir à la catastrophe», affirme sa femme.

De fait, si n'était la condamnation de la justice israélienne en mai dernier, Marwan Barghouti apparaîtrait comme le candidat idéal pour une bonne partie des Israéliens. Sa vision politique, il l'a souvent partagée par le passé avec ses interlocuteurs de l'Etat hébreu: elle consiste en l'établissement de deux Etats, l'israélien et le palestinien. Sur le fond, rien ne la distingue de celle que défend Abou Mazen.

Même si elle lui déplaît, la candidature de Marwan Barghouti servira-t-elle, in fine, les desseins de Mahmoud Abbas? C'est la thèse à laquelle veulent croire certains Palestiniens, qui tentent d'ôter tout caractère dramatique à cette fracture apparue au sein du Fatah: «Après tout, l'élection n'en sera que plus démocratique, affirme l'un d'eux, sous le couvert de l'anonymat. Et surtout, cela permettra d'éviter un choc frontal avec le Hamas.» Le mouvement islamiste a appelé en effet à boycotter le scrutin. «Marwan Barghouti est particulièrement populaire au sein des jeunes radicalisés et dans les camps de réfugiés, c'est-à-dire sur les terres du Hamas. Sa présence sur les listes électorales permettra de réduire leur frustration face au candidat de l'appareil.»

Publicado por esta às 09:31 AM

dezembro 09, 2004

L'adhésion ou rien: pour Erdogan, pas question d'un partenariat privilégié entre la Turquie et l'UE

[Fonte:Le Temps]
TURQUIE. Le premier ministre turc ne veut pas d'une demi-réponse, ni d'un nouveau délai a l'issue du sommet des 16 et 17 décembre à Bruxelles. «Nous voulons une date pour les négociations d'adhésion», déclare le chef du gouvernement d'Ankara. La pression est mise sur l'Union européenne.

Publicado por esta às 11:31 AM

TURQUIE. Le premier ministre turc ne veut pas d'une demi-réponse, ni d'un nouveau délai a l'issue du sommet des 16 et 17 décembre à Bruxelles. «Nous voulons une date pour les négociations d'adhésion», déclare le chef du gouvernement d'Ankara. La pression

[Fonte:Le Temps]
SECURITE. Depuis la signature des accords bilatéraux, les diplomates suisses participent directement à l'évaluation et aux développements de Schengen. Au niveau politique, des eurodéputés soulignent qu'il faudra renforcer le contrôle démocratique sur le réseau qu'il installe

Publicado por esta às 11:36 AM

Seul à rêver d'adhésion à l'UE, le Nomes souffle ses bougies en petit comité

[Fonte:Le Temps]
ABSENCE. Comme les milieux économiques qui lui ont coupé les vivres, les élus aux Chambres fédérales ne soutiennent plus guère le mouvement. Schengen, a-t-on entendu, clôt le chapitre de l'échec de l'EEE. Après les Bilatérales, il va «nécessairement se passer quelque chose».

Publicado por esta às 11:38 AM

dezembro 13, 2004

Les chefs d'Etat européens laisseront-ils enfin la Turquie adhérer à l'Union?

[Fonte:Le Temps]
Faut-il faire entrer la Turquie comme membre à part entière dans l'Union européenne? L'Europe a déjà engagé sa parole il y a presque 40 ans en reconnaissant la vocation européenne d'Ankara. Le 17 décembre, les chefs d'Etat européens devront prendre leurs responsabilités et décider s'ils donnent le feu vert aux négociations qui dureront plusieurs années. En Turquie, l'adhésion est populaire et les Turcs prendraient très mal d'être une fois encore priés de patienter. Mais les craintes sont nombreuses en Europe, tant la Turquie risque de changer le visage de l'Union. L'enjeu captive aussi les Turcs établis depuis longtemps en Suisse pour qui l'Europe est déjà, au quotidien, une évidence, même si la Suisse n'est pas près d'adhérer à l'UE.


Bernard Bridel, envoyé spécial à Istanbul et Diyarbakir
Lundi 13 décembre 2004

Un T et un R blancs sur fond bleu suivi d'une classique série de chiffres noirs sur fond blanc: s'il ne tenait qu'aux plaques d'immatriculation des voitures, la Turquie serait déjà en Europe. Mais voilà, alors que l'Union européenne (UE) doit décider, lors de son sommet des 16 et 17 décembre prochains à Bruxelles, d'ouvrir des négociations d'adhésion avec Ankara, la nouvelle question d'Orient ne se résume pas à quelques symboles normalisés sur un morceau de tôle. Loin s'en faut, même si les embouteillages qui étouffent Istanbul n'ont rien à envier à ceux du périphérique parisien ou du grande raccordo annulare romain.

De ce rendez-vous historique avec le Vieux Continent, derrière lequel elle court depuis des lustres, la Turquie, modernisée au pas de charge en 24 mois par son premier ministre Recep Tayyip Erdogan, attend une réponse claire à la question essentielle: a-t-elle oui ou non répondu aux exigences fixées par l'Union?

A Bruxelles, où il plaidait encore sa cause vendredi dernier, le premier ministre turc a sèchement répondu à ceux des 25 pays membres qui, au fur à mesure que la date du sommet approche, ajoutent de nouvelles conditions – comme la reconnaissance de la République de Chypre avant le 17 décembre –, ou suggèrent qu'on offre plutôt à la Turquie un «partenariat privilégié». Pas de critères supplémentaires, a-t-il déclaré, estimant que son pays avait répondu aux demandes qui lui avaient été adressées: «Nous ne pouvons pas stopper l'avancée de la Turquie vers le monde moderne par des excuses artificielles ou des prétextes.»

Des bords du Bosphore à leur frontière orientale – qui pourrait faire un jour de l'Iran et de l'Irak des voisins de l'UE – les Turcs et leurs médias, très majoritairement acquis à l'adhésion, ne parlent que de ça. Ils approuvent largement la fermeté de leur premier ministre. «La fierté nationale n'est pas une chose avec laquelle on plaisante», rappelle un étudiant de l'Université de Galatasaray.

Chef du service étranger du quotidien Milliyet à Istanbul, Kadri Gürsel souligne: «Si l'UE donne une date pas trop éloignée pour le début des négociations et qu'elle n'y ajoute pas trop de mais, ce sera un formidable atout pour mettre définitivement fin au mouvement islamiste en Turquie.» Le paradoxe, c'est qu'on devra ce succès à un premier ministre qui, même s'il ne le mentionne plus, s'est fait élire sous l'étiquette d'«islamiste». «Grâce à l'espoir européen, l'islamisme, mais aussi le séparatisme kurde vont perdre leur base», parie le journaliste. En revanche, met en garde Kadri Gürsel, «s'il n'y a pas de date claire, ou que de nouvelles conditions sont imposées à la Turquie, la stabilité de la Turquie pourrait être remise en cause.»

Loin d'Istanbul, l'espoir de l'adhésion ne faiblit pas. Au Kurdistan turc par exemple. Responsable à Diyarbakir d'un centre de réhabilitation pour les victimes de la guerre et de la violence domestique dans sa région, Yavuz Binbay est convaincu des bienfaits de la pression européenne sur les institutions et la société turques: «Bien sûr, l'écrasante majorité de mes concitoyens sont partisans de l'adhésion, mais pour des raisons parfois très différentes.» Cet homme a passé huit ans dans les prisons turques, il a été torturé. «Pour nous Kurdes, l'Europe veut dire plus de liberté et plus d'espoir de développement dans l'est du pays; pour le chômeur, c'est la perspective d'un emploi; pour le candidat à l'immigration, c'est la chance de partir, etc. En revanche, beaucoup de Turcs ne savent pas très bien ce qu'impliquera notre adhésion. On ne peut pas réfléchir qu'en termes économiques, il faut penser aux problèmes culturels, religieux que cela impliquera.»

Comme la plupart des gens rencontrés, Yavuz Binbay est convaincu que l'entrée de la Turquie dans l'Union sera très bénéfique pour cette dernière. «Certes, la Turquie est musulmane, mais son caractère laïc facilitera le processus d'adaptation.» A contrario, un refus de l'UE «serait très dangereux et risquerait de pousser la Turquie vers le monde radical musulman ou asiatique», conclut Binbay.

Si le rêve européen séduit une large majorité de Turcs, certains le voient aussi d'un mauvais œil: les petites minorités ultranationaliste ou islamiste pures et dures, mais aussi des intellectuels. Ainsi, le professeur d'histoire ottomane Vahdettin Engin, de l'Université de Marmara, sur la rive asiatique du Bosphore. «En tant qu'historien, je ne crois pas au succès de la construction européenne», attaque-t-il. «Certes, la Turquie est européenne, mais c'est l'Europe qui ne nous voit pas comme des Européens, parce qu'en arrière-fond il y a la question de l'islam.» Et ce sceptique de conclure: «Comme l'a dit Atatürk, la Turquie tire sa force de sa situation géographique, car elle est un pont entre l'Orient et l'Occident. Ce n'est pas parce que nous ne serons pas dans l'Union européenne que nous couperons les liens avec l'Europe.»

Une phrase dont il faudra peut-être se souvenir si les négociations entre Ankara et Bruxelles devaient s'achever un jour sur un constat d'échec.

Publicado por esta às 11:25 AM

Les Kurdes donnent de la voix

[Fonte:Le Temps]
Manifestation imposante, dimanche à Diyarbakir. En faveur de l'adhésion de la Turquie à l'UE et... d'Abdullah Öcalan.
Bernard Bridel, Diyarbakir
«Nous voulons faire partie de la Turquie avec notre identité kurde, nous voulons l'adhésion à l'UE.» Brandie au sein de la foule bigarrée qui se presse devant le podium dressé devant la mosquée Sumer, à deux pas de la gare de Diyarbakir, la banderole annonce d'emblée la couleur. Oui, les Kurdes sont partisans de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, car avec elle, leurs droits devraient s'améliorer. Après que sept à dix mille d'entre eux l'ont dit haut et fort samedi à Bruxelles, ils étaient au moins cinquante mille, dimanche dans leur «capitale» du sud-est turc, à le répéter.

Longue vie à Öcalan

Mais le fait le plus marquant de cette manifestation, organisée par le Parti démocratique du peuple (Dehap, principal parti pro-kurde), c'est l'incroyable popularité dont semble toujours jouir Abdullah Öcalan, le chef emprisonné des séparatistes du PKK.

Banderoles lui souhaitant longue vie, photos format journal brandies à bout de bras, slogans demandant sa libération repris en chœur par les manifestants: l'homme incarcéré depuis 1999 sur l'île d'Imrali en Méditerranée est loin d'être tombé dans l'oubli, comme aime à le laisser accroire Ankara. Non, la question kurde n'est pas réglée.


Publicado por esta às 11:27 AM

Emre Gönen: «Une Turquie européenne exportera de la stabilité» (Interview parue dans Le Temps)

[Fonte:Le Temps]
Emre Gönen est professeur d'Intégration européenne à l'Université Bigli d'Istanbul. Pour lui, la Turquie est mûre pour négocier.


Propos recueillis à Istanbul par Bernard Bridel
Lundi 13 décembre 2004

Le Temps: La date du 17 décembre est-elle le début de la fin du long processus de rapprochement entre la Turquie et l'Europe?

Emre Gönen: Oui, le terme me semble être approprié, évidemment seulement si tout se passe bien pour la Turquie. Du côté turc, tout est en place pour que des négociations d'adhésion puissent s'ouvrir. Mais la nécessité d'une confirmation politique au plus haut niveau européen se fait sentir. Ce sera l'aboutissement logique d'un très long processus qui a débuté en 1959, quand la Turquie a fait une demande d'association.

– C'est une preuve d'acharnement?

– Non, c'est un acte de foi.

– Quel peut être l'apport spécifique de la Turquie à l'UE?

– Étant à la jonction du Caucase, des Balkans et du Moyen-Orient, mon pays pourra jouer un rôle unique, celui d'exporter de la stabilité vers ces régions-là. Une Turquie stable et démocratique est, pour reprendre l'expression de Michel Rocard, une assurance vie pour cette région. L'autre apport de la Turquie, c'est sa jeunesse au moment où les sociétés européennes font face à un déficit démographique alarmant.

– Cette Turquie stable et démocratique peut-elle exister en dehors de l'UE?

– Oui et non. La République turque existait bien avant l'Acte unique. Nous n'avons pas découvert comment nous démocratiser à travers nos relations avec l'UE. Mais, et ce n'est pas contradictoire, sans le soutien de l'UE, il aurait été très difficile pour la Turquie de mettre en place un programme cohérent de réformes démocratiques. Aujourd'hui, le programme existe, il est appliqué, il a donné des résultats probants en un laps de temps très court.

– Le fait que la Turquie ait des frontières avec l'Iran, l'Irak et la Syrie n'est-il pas une raison majeure qui pourrait faire échouer les négociations d'adhésion?

– Je ne le crois pas. Membre ou non de l'UE, la Turquie conservera ses frontières avec les pays que vous citez. Elle est membre de l'OTAN depuis 1953, elle a une armée fiable, opérationnelle, qui a fait ses preuves. Enfin, l'histoire le montre: l'influence d'un pays démocratique sur son voisin non démocratique est toujours beaucoup plus grande que l'inverse.

– Mais les relations entre la Turquie et les pays arabes n'ont jamais été bonnes.

– Vous avez raison, c'étaient des relations de dominant à dominé. Avec l'Iran, il y avait surtout une rivalité entre empires. Toutefois, le délitement de la classe dirigeante des pays arabes rend leurs populations plus attentives à ce qui se passe en Turquie. Le refus d'Ankara d'autoriser les Américains à ouvrir un front nord pour envahir l'Irak en 2003 est un événement qui a laissé les Arabes pantois et les a beaucoup fait réfléchir sur le modèle turc.

– Ce modèle est-il exportable?

– Je ne le pense pas. La laïcité turque déplaît beaucoup dans le monde arabe.

– N'est-ce pas illusoire de penser que la Turquie, une fois membre de l'UE, pourrait jouer un rôle de pont entre Orient et Occident?

– L'adhésion de la Turquie serait un gros choc culturel pour tous les tenants d'un islamisme radical. Et ce serait un formidable atout pour les gens qui, dans le monde arabe, prônent des structures démocratiques. Ce serait donc très bénéfique. Et si le mode de vie turc s'apparentait au mode de vie général en Europe, ce serait très bien.

– La Turquie est-elle européenne?

– Sur le plan géographique, bien sûr que la Turquie n'est pas européenne, puisque seul 3% de son territoire se trouvent en Europe. Mais nous avons pris notre place dans tout le système européen depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La Turquie est ainsi membre fondateur du Conseil de l'Europe, membre de l'OTAN avec la seconde armée en taille après celle des Etats-Unis, membre de l'OCDE, et elle est associée dans le système européen de sécurité. Il ne lui reste que l'adhésion à l'Union pour achever son intégration. La Turquie est tournée vers l'Occident depuis au moins 200 ans.

– Pourquoi est-ce avec Recep Erdogan que le processus d'adhésion semble s'être débloqué, lui l'islamiste modéré?

– L'écrivain Aziz Nesin a écrit une nouvelle qui voyait les fous prendre le pouvoir. Comme ils n'avaient pas de programme, ils ont décidé de faire exactement le contraire de ce que les autres avaient fait jusqu'ici. Je crois que c'est un peu ce qu'Erdogan et son équipe ont fait. Il faut dire qu'il y avait une telle gabegie, une telle incapacité, une telle corruption dans la classe politique traditionnelle. Il y a eu un ras-le-bol général. La population a fait preuve d'une grande maturité politique. Il y a eu, si j'ose dire, une sorte de génocide politique. S'il y avait des élections demain, l'AKP triompherait à nouveau. En prenant des voix de partout. Erdogan a eu dans toute cette affaire un sens politique formidable. Le malheur de la Turquie, c'est qu'elle a eu Mustafa Kemal et que tous ses successeurs ont bien de la peine à l'égaler. La comparaison est toujours en sa faveur.

– Que se passerait-t-il si c'était non le 17 décembre, ou que la décision était reportée de deux ou trois ans? La voie solitaire, ou plutôt une alliance avec la Russie?

– Nous n'avons jamais eu de plan alternatif depuis 200 ans. La Turquie a l'air d'une éprouvette dont le seul bout est dirigé vers l'Ouest. Avec la Russie, je crois que nous aurions beaucoup plus de relations si nous étions membres de l'UE. La Turquie poursuivrait son chemin. Elle ne sortirait ni de l'OTAN, ni de l'OCDE, mais ce serait un formidable instrument donné aux partisans des totalitarismes de tous bords. Les kémalistes purs et durs, les islamistes, les nationalistes à tous crins... Ce serait un grand danger, mais la Turquie serait assez mature pour le surmonter.

– A quel horizon une adhésion serait-elle envisageable?

– Au-delà de 5 ans, des négociations ne sont plus fiables, vous ne pouvez pas négocier pour négocier pendant dix ans. Du coup, je pense qu'à l'horizon 2012-2013, il n'y aura plus rien à négocier.


Publicado por esta às 11:30 AM

Totalitarisme européen?

[Fonte:Le Temps]
Le psychodrame qui s'est déroulé au Parlement européen à Strasbourg n'est pas, comme on le clame partout, une victoire de la démocratie, mais plutôt celle du totalitarisme européen. Le nouveau président de la Commission européenne, chargé de former l'équipe qui devrait devenir en quelque sorte le gouvernement de l'Union, n'a pas vu arriver cette frange parlementaire dont l'intention n'était pas...

Publicado por esta às 11:39 AM

dezembro 16, 2004

Les Européens s'apprêtent à dire oui à des négociations avec la Turquie

[Fonte:Le Temps]
BRUXELLES (AFP) - Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent jeudi soir à Bruxelles pour un sommet qui, sauf coup de théâtre, engagera le Vieux continent sur la voie d'un nouvel élargissement en décidant d'ouvrir des négociations d'adhésion avec la Turquie.

Selon toute vraisemblance, les pourparlers devraient débuter à l'automne 2005 mais la route s'annonce longue et tortueuse d'ici à une entrée effective d'Ankara, qui ne pourra pas intervenir avant dix ou quinze ans.

Les discussions se dérouleront dans des conditions strictes et pourront notamment être suspendues en cas d'incartade turque aux principes fondamentaux de l'Union.

La Turquie frappe à la porte de l'Europe depuis plus de 40 ans. L'écrasante majorité des dirigeants de l'UE soutiennent ses aspirations, mais un certain nombre d'entre eux sont confrontés à des opinions hostiles à une telle intégration. C'est le cas notamment de la France et l'Autriche.
A Paris, le président Jacques Chirac s'est dit favorable à l'adhésion de la Turquie si "elle remplit toutes les conditions", dans une interview mercredi soir à la télévision privée TF1.

"La question qu'il faut se poser, c'est +est-ce que l'Europe, et notamment la France, ont ou non intérêt à ce que la Turquie les rejoigne?+ Ma réponse est oui, si...", a déclaré le chef de l'Etat français.

M. Chirac a aussi souligné que le sommet de Bruxelles allait uniquement se prononcer sur l'ouverture de pourparlers avec Ankara. "Négociation, effectivement, cela ne veut pas dire adhésion", a-t-il fait valoir.

Président en exercice de l'UE, le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende espère dès le dîner d'ouverture du sommet un feu vert unanime de ses pairs à l'ouverture des pourparlers avec la Turquie.

"Il semble qu'on s'achemine vers un oui", a-t-il déclaré mercredi, tout en précisant que la décision restait dépendante d'éventuels "déraillements".

Inquiet des précautions prises par les Européens, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a de son côté fait monter la pression en menaçant de geler sa candidature si des "conditions inacceptables" étaient posées à son adhésion.

L'autre incertitude du sommet reste l'épineuse question de la reconnaissance juridique par la Turquie de la République de Chypre, la partie grecque de l'île divisée entrée seule dans l'UE le 1er mai. Les Européens espèrent un engagement de M. Erdogan en ce sens avant la fin du sommet vendredi.

Publicado por esta às 09:48 AM

La Turquie attire toujours plus les entreprises suisses

[Fonte:Le Temps]
OPPORTUNITES. Avec ses plus importantes sociétés déjà présentes sur ce carrefour entre l'Europe et l'Asie, la Suisse est le sixième investisseur et le septième exportateur en Turquie. Berne voit la place économique turque d'un bon œil et la confiance en ce pays ira en grandissant en cas d'ouverture de négociations avec Bruxelles.


Ram Etwareea
Jeudi 16 décembre 2004

Nestlé, la multinationale suisse de l'alimentation, est présente en Turquie depuis plusieurs décennies. Quatre usines fabriquent boissons, produits laitiers, plats cuisinés, chocolats et pâtisseries. Nestlé Turquie importe aussi des médicaments et aliments pour animaux domestiques. «Mais par rapport au potentiel du marché turc, nous ne sommes qu'au début de notre implantation», déclare François-Xavier Perroud, porte-parole du géant veveysan. Le pays, avec ses 70 millions d'habitants et un pouvoir d'achat en croissance, constitue un marché prometteur.

De par sa situation géographique au carrefour entre l'Orient et l'Occident, la Turquie est une formidable tête de pont pour desservir toute l'Asie centrale. Nestlé exporte ses produits «Made in Turkey» dans les pays turcophones comme le Turkménistan, l'Azerbaïdjan ou encore l'Ouzbékistan. «Il y a certes des problèmes de bureaucratie ou de corruption, comme dans beaucoup de pays. Mais, dans l'ensemble, la Turquie a pris une option sur la modernité. Son désir de se joindre à l'Union européenne (UE) démontre qu'elle a envie de maîtriser ces problèmes», affirme François-Xavier Perroud. Bref, Nestlé vote pour la candidature turque à l'UE.

Nestlé n'est pas la seule entreprise suisse à avoir pignon sur rue. Novartis, Roche, Clariant, ABB, Ciba, Swissôtel, Firmenich, Givaudan, Syngenta, UBS, Credit Suisse y sont installés depuis de nombreuses années. Selon Rodolfo Laub, chef du secteur Relations bilatérales Europe-Asie centrale au sein du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), la Turquie, qui est à quelques heures de vol de Genève ou de Zurich, offre de grandes opportunités. Avec un total de 2,3 milliards de francs, la Suisse est le sixième investisseur étranger dans l'économie turque et tout indique que les capitaux continueront à y affluer. Le pays est également un grand client du label «Swiss Made», notamment de machines, de produits pharmaceutiques et chimiques, de montres et de textiles. Septième fournisseur, la Suisse a exporté pour 1,6 milliard de francs en 2003.

Côté importations, c'est quatre fois moins. «La Suisse est un petit marché pour les producteurs turcs», fait remarquer Marcel Cavaliero, président de la Chambre de commerce et de l'industrie Suisse-Turquie, basée à Genève. De même, les investisseurs turcs ne sont pas nombreux en Suisse, quand bien même deux banques turques – la Finans Bank Suisse SA et la IS Bank – ainsi que quelques autres entreprises de services sont installées à Genève et à Zurich. En réalité, il y a même eu un désinvestissement ces dernières années: 42 millions de francs en 2002, contre 155 millions en 1999. Deux usines de tissage ont cessé leurs activités à cause de coûts de production élevés. «La principale tâche de la Chambre, c'est de convaincre les milieux politiques et économiques des possibilités de faire des affaires en Turquie», explique-t-il.

Berne voit la place économique turque d'un bon œil. Depuis janvier 2004, la Garantie contre les risques aux exportations (GRE) a abaissé la catégorie de risques pour ce pays. A la fin 2003, ses engagements s'élevaient à 8,9 milliards de francs, ce qui fait de la Turquie son principal pays bénéficiaire, avec une part de 13%. Un accord de libre-échange entre les deux pays est en vigueur depuis 1992, et un accord sur la protection des investissements depuis 1990. Par ailleurs, une vieille convention de commerce lie les deux pays depuis 1930.

Marcel Cavaliero ne voit pas d'incidence immédiate sur les relations économiques Suisse-Turquie au cas où Bruxelles ouvrirait des négociations pour l'adhésion turque à l'UE. «Mais, au fur et à mesure que les négociations avancent et si elles sont favorables, la confiance dans l'économie turque ira en grandissant», prédit-il. Il fait remarquer que la Turquie a renoué avec la stabilité politique, poursuit un ambitieux programme de réformes économiques et est plus compétitive que l'ensemble des pays européens. «Les hommes d'affaires suisses devraient pouvoir prendre des participations dans des entreprises turques», encourage-t-il.

Syndicaliste turc réfugié en Suisse et économiste auprès du Syndicat industrie et bâtiment (SIB), Murad Akincilar est assez sceptique à l'idée de l'adhésion de son pays à l'UE. En revanche, il estime que l'ouverture des négociations aura un impact positif sur le respect des clauses sociales dans l'industrie turque. Dans le passé, certaines entreprises suisses ont profité des bas salaires et des lois de travail trop permissives. Il estime que la métallurgie et le textile emploient encore un million d'enfants. «La place économique turque a besoin d'un saut qualitatif au niveau tant humain que technologique. Et l'ouverture des négociations avec l'UE pourrait l'aider dans ce sens», dit-il.


Publicado por esta às 09:51 AM

Les eurodéputés donnent un signal clair en acceptant l'ouverture de négociations avec la Turquie

[Fonte:Le Temps]
UNION EUROPEENNE. Les chefs d'Etat et de gouvernement se réunissent ce soir et demain à Bruxelles pour un sommet dominé par le dossier d'adhésion d'Ankara. Les Vingt-Cinq devraient accepter d'entamer les négociations. Les Turcs ont affirmé qu'ils gèleraient leur candidature en cas de conditions inacceptables.


Eléonore Sulser, Bruxelles
Jeudi 16 décembre 2004

Les parlementaires européens ont indiqué mercredi la voie que devraient suivre, sauf surprise, les chefs d'Etat et de gouvernement européens réunis en Sommet ce jeudi soir et vendredi à Bruxelles. Lors d'un vote consultatif à bulletin secret à Strasbourg, ils ont jugé par 407 voix contre 262 et 29 abstentions qu'Ankara pouvait commencer ses négociations d'adhésion avec l'Union européenne.

Si la France se déchire depuis des semaines en des débats qui ont fini par faire vaciller la position de Jacques Chirac lui-même – il s'est rallié à l'idée que des négociations pourraient déboucher sur un partenariat qui ne serait pas une adhésion – une majorité de pays européens soutient beaucoup plus franchement la candidature turque. Certes, tous sont d'accord pour y poser des conditions et considérer les dix à quinze ans de pourparlers qui s'annoncent comme un «processus ouvert». Vienne partage les réticences françaises, mais les Britanniques, les Allemands, les Espagnols, les Italiens, les Belges, les Scandinaves – les Danois mis à part – et la plupart des nouveaux pays adhérents – à l'exception évidente de Chypre – veulent que l'Europe envoie un signal positif à la Turquie. Les Néerlandais, qui présideront cette réunion des Vingt-Cinq, n'envisagent guère l'échec, même s'ils reconnaissent qu'un «déraillement», pour reprendre l'expression du premier ministre Jan Peter Balkenende, n'est pas à exclure lors des dernières tractations avec Ankara et entre les Vingt-Cinq.

Le rôle de Chypre

C'est, pour de nombreux diplomates, la grande inconnue: jusqu'où les Chypriotes sont-ils prêts à s'obstiner et les Turcs à coopérer? Nouvelle en Europe, la république grecque a caressé l'idée d'un veto si la Turquie ne reconnaissait pas son existence. Bruxelles espère qu'Ankara acceptera lors du sommet de s'engager à signer un accord qui étend l'Union douanière avec l'Europe aux dix pays de l'élargissement. Ce serait un premier pas vers une reconnaissance effective, que les Chypriotes devraient se résigner à attendre encore un peu.

Le génocide arménien

Le Parlement européen et Paris souhaitent que la Turquie, dans son processus de rapprochement avec l'Union, fasse un «travail de mémoire» et reconnaisse son rôle dans le massacre de 1,5 million d'Arméniens entre 1915 et 1917. Mais ces vœux ne constituent, ni pour l'assemblée strasbourgeoise ni pour le gouvernement français, une condition à l'ouverture des négociations. Les associations arméniennes manifesteront vendredi aux abords du quartier européen.

Les clauses de sauvegarde

Ankara bataille fermement et a même menacé hier de geler sa candidature si son futur statut d'Etat membre est assorti de restrictions trop contraignantes. L'Europe songe en effet à imposer aux Turcs une sorte de statut spécial après l'adhésion qui empêcherait, par exemple, les travailleurs turcs de s'établir aussi librement que les autres Européens dans le pays de l'Union de leur choix.

Le début des négociations

La France aurait voulu qu'on ne commence pas avant fin de 2005 voire début 2006, mais de nombreux pays ne voient pas la nécessité d'attendre autant. Bien des observateurs estiment que l'on devrait décider de lancer les pourparlers dans le courant de l'automne prochain. L'Europe veut aussi garder le contrôle du déroulement des discussions et envisage de se prononcer à l'unanimité à chaque étape des négociations, qui pourront être interrompues si la Turquie devait renoncer aux réformes fondamentales qu'elle a lancées.

Roumanie, Bulgarie, Croatie

Les conditions posées à Ankara rejailliront-elles sur les autres candidats à l'adhésion? Les négociations étant achevées avec la Roumanie et la Bulgarie, l'UE devrait signer les traités d'adhésion au printemps. Leur arrivée est prévue pour 2007 mais pourrait être retardée à 2008 si ces pays ne sont pas prêts économiquement. La Croatie, elle, devrait se voir encouragée à mieux collaborer avec le Tribunal pénal international de La Haye avant de commencer au printemps ses négociations d'adhésion.


Publicado por esta às 09:54 AM

dezembro 17, 2004

Déception turque au sommet européen

[Fonte:Le Temps]
Le début des négociations entre l'Union européenne et la Turquie passe par une reconnaissance préalable par cette dernière de Chypre. Les discussions se poursuivaient vendredi matin sans que la Turquie ait répondu à l'offre des Européens.


Vendredi 17 décembre 2004 12:23
Agences


Les dirigeants de l'Union européenne (UE) tentaient d'arracher vendredi au sommet de Bruxelles un accord avec le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, sur l'ouverture de négociations d'adhésion le 3 octobre 2005, qui bute sur le problème de la reconnaissance de Chypre.
Le président en exercice de l'UE, Jan Peter Balkenende, a réuni avec lui vendredi matin le président français Jacques Chirac, le chancelier allemand Gerhard Schröder et les premiers ministres britannique et grec, Tony Blair et Costas Caramanlis, en marge du sommet. Jan Peter Balkenende avait juste auparavant rencontré Recep Tayyip Erdogan.

«Contrat de fiançailles»
Le projet de conclusions du sommet préparé dans la nuit par la présidence néerlandaise, sorte de contrat de fiançailles avec Ankara en vue du mariage prévu pour dans 10 à 15 ans, tablait sur un engagement vendredi du premier ministre turc à reconnaître Chypre.
Mais le problème était vendredi matin de définir la forme de cet engagement. Le projet des 25 était d'obtenir dans la journée qu'Ankara paraphe un protocole diplomatique étendant aux dix nouveaux membres de l'UE, dont la République de Chypre, l'accord d'association de 1963 qui lie Turcs et Européens.
Un tel geste de la Turquie équivaudrait à une reconnaissance de Chypre, à laquelle Recep Tayyip Erdogan s'est refusé jusqu'à présent.
Le paraphe aurait constitué un accord de principe, qui aurait été confirmé par la suite par une signature en bonne et due forme, attendue par les 25 avant le 3 octobre 2005, date d'ouverture prévue des négociations d'adhésion.

Difficiles négociations
Les Turcs «sont d'accord» pour signer avant le 3 octobre, a expliqué un diplomate européen. En revanche, ils refusent de s'engager dès maintenant par un paraphe, trop engageant selon eux. «La Grèce et Chypre veulent être surs que la formulation va véritablement engager un processus de normalisation. Les Turcs, eux, veulent s'assurer qu'ils gardent la maîtrise du processus», a-t-il expliqué. «Les négociations se poursuivent, mais elles sont très difficiles, c'est le moins que l'on puisse dire», a affirmé de son côé un diplomate turc.
Dans la matinée, la présidence néerlandaise a mis au point avec l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne un compromis, qui, selon plusieurs sources, renonce à demander le paraphe à la Turquie au bénéfice d'une autre forme d'engagement.
Les 25 ont dans l'intervalle repris leurs travaux sur le reste de l'ordre du jour du sommet, en recevant notamment le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, pour discuter de la réforme de l'organisation internationale.

Déception
Dès le début de la matinée, un diplomate turc avait indiqué qu'Ankara était déçu par les propositions des Européens. «Il y a de faibles chances» de parvenir à un accord sur le projet actuel, avait-il indiqué sous couvert de l'anonymat. «J'espère que ça ira», avait déclaré pour sa part le chancelier allemand Gerhard Schroeder, avant un petit déjeuner de travail avec le président français Jacques Chirac et le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero. «Je pense que l'on peut trouver des modalités qui permettront» d'obtenir l'accord des Turcs comme des Chypriotes, a-t-il déclaré.

«Processus ouvert»
Dans leur projet de conclusions, les chefs d'Etat et de gouvernement européens prônent un «ancrage ferme» de la Turquie à l'Union européenne «avec le lien le plus fort possible», si jamais Ankara n'était pas en mesure d'adhérer. Les 25 réaffirment que les négociations «sont un processus ouvert, dont l'issue ne peut être garantie à l'avance».
Le projet de texte conserve la possibilité que le futur traité d'adhésion comporte des «longues périodes de transition, des dérogations, des arrangements spécifiques ou des clauses de sauvegarde permanentes», dans des domaines comme la libre circulation des personnes, les aides structurelles ou l'agriculture.
Le sommet de Bruxelles devait par ailleurs confirmer la date d'avril 2005 pour l'ouverture de négociations avec la Croatie et la signature du traité d'adhésion de la Roumanie et la Bulgarie, attendues toutes deux dans l'UE le 1er janvier 2007.
Les Européens devaient aussi réaffirmer leur «volonté politique» de travailler à la levée de l'embargo sur les armes à la Chine.

Publicado por esta às 01:36 PM

dezembro 21, 2004

Jean Russotto, avocat, président du Comité Suisse-Union européenne, à Bruxelles: «UE: la Suisse ne doit pas croire qu'elle est débarrassée de la question de l'adhésion»

[Fonte:Le Temps]
Jean Russotto, avocat, président du Comité Suisse-Union européenne, à Bruxelles, se félicite des bons accords conclus cette année avec l'Union européenne. Mais, avertit-il, loin de clore les débats futurs sur nos relations avec l'Europe, ils en signalent plus que jamais la nécessité. Il serait donc sage de ne pas nous endormir sur une apparence de lauriers.

Publicado por esta às 04:20 PM

janeiro 05, 2005

Trois minutes de silence dans l'UE à la mémoire des victimes d'Asie

[Fonte:Le Temps]
BRUXELLES (AFP) - L'ensemble de l'Union européenne, à l'exception du Danemark, observera mercredi en milieu de journée, à 11H00 GMT, trois minutes de silence à la mémoire des victimes des raz-de-marée en Asie.

La présidence luxembourgeoise de l'UE avait décidé d'une telle mesure le week-end dernier pour saluer les quelque 146.000 morts du cataclysme, selon un bilan qui reste provisoire.

Le Danemark a toutefois décidé de ne pas participer à cette manifestation, faisant valoir que le royaume avait déjà observé deux minutes de silence dimanche. "Ce serait trop", a estimé Michael Kristiansen, un porte-parole du Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen. Les drapeaux seront néanmoins mis en berne sur tous les bâtiments officiels au Danemark.

A Bruxelles, quatre commissaires européens observeront les trois minutes de silence sur le rond-point Robert Schumann, entre le siège de la Commission européenne et le bâtiment du Conseil européen.

Il s'agira de la commissaire au Budget, Dalia Grybauskaité (Lituanie), du commissaire à l'Environnement, Stavros Dimas (Grèce), de la commissaire à la Politique régionale, Danuta Hubner (Pologne) et du commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia (Espagne), a-t-on indiqué de source communautaire.

Le président du Parlement européen, Josep Borrell, se joindra à la cérémonie. En revanche, le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, ne sera pas présent. Le président de la Commission sera au même moment en route vers Jakarta (Indonésie), où la communauté internationale doit définir jeudi sa stratégie après la catastrophe du 26 décembre.

Le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a confirmé mardi, dans un communiqué, que trois minutes de silence seraient observées mercredi à midi en France. Le chef du gouvernement "souhaite que l'ensemble de nos concitoyens puissent se joindre à cet hommage rendu en association avec les autres pays de l'Union européenne".

M. Raffarin a donné à ses ministres "des instructions pour permettre aux agents des services publics relevant de leur autorité de s'associer à cet hommage". A Matignon, ces trois minutes de silence seront observées dans la cour du 57 rue de Varenne sous la présidence du secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Henri Cuq, le Premier ministre assistant à la même heure à la réception des corps constitués à l'Elysée.

Une telle cérémonie avait été organisée en mars dernier, au lendemain des attentats de Madrid.

Publicado por esta às 09:54 AM

L'UDC ouvre une enquête sur le droit international, qu'elle soupçonne de trop influencer le droit suisse

[Fonte:Le Temps]
INTEGRATION. Avant tous les autres partis, les démocrates du centre présentent leurs priorités politiques 2005: l'UE et le rejet de Schengen y figurent en bonne place. Ils se prononceront samedi sur l'extension de la libre circulation et dénoncent par ailleurs le joug que le droit international fait peser sur la législation suisse.

Publicado por esta às 09:56 AM

En 2005, le nouveau rendez-vous de la Suisse avec l'Europe risque d'être plus ambigu qu'en 1992

[Fonte:Le Temps]
VOTATIONS. En juin, le peuple suisse devrait se prononcer sur les Accords de Schengen/Dublin. En septembre, sur l'extension de la libre circulation des. En 1992, il s'agissait de dire oui ou non à l'entrée dans une construction conçue comme une antichambre à l'adhésion à l'UE. Les choses sont devenues plus complexes.

Publicado por esta às 09:57 AM

janeiro 12, 2005

Airbus-Boeing: l'Union européenne et les Etats-Unis enterrent la hache de guerre

[Fonte:Le Temps]
AVIATION. Bruxelles et Washington renoncent à porter devant l'Organisation mondiale du commerce le différend sur les subventions accordées à leur industrie aéronautique. Cette décision allège les relations transatlantiques, tandis que la concurrence entre les constructeurs reste vive, notamment sur le marché des long-courriers où chacun lancera un nouvel appareil.


Jean-Claude Péclet
Mercredi 12 janvier 2005

François Loos se trompait. Le 3 janvier dernier, le ministre français délégué à la Concurrence déclarait qu'après la réélection de George Bush, Washington n'avait aucun intérêt à «laisser retomber le soufflé» de la dispute commerciale déclenchée entre Airbus et Boeing. Mardi pourtant, les deux principaux constructeurs aéronautiques du monde ont enterré la hache de guerre. Ou plutôt les autorités qui leur versent des subventions l'ont fait pour eux. L'Union européenne et les Etats-Unis ont conclu un accord de principe sur l'élimination complète de ces subsides, estimés à quelque 23 milliards de dollars au total pour Boeing (selon Airbus) et à 15 milliards de dollars pour Airbus (selon Boeing).

Sans doute reste-t-il beaucoup de travail avant de concrétiser cet accord dans tous ses détails. Le nouveau commissaire européen chargé du Commerce, le Britannique Peter Mandelson, et son homologue américain Robert Zoellick se donnent trois mois pour régler par des pourparlers bilatéraux la querelle qui avait été portée devant l'Organisation mondiale du commerce l'automne dernier. Le directeur général de l'OMC, Supachai Panitchpadki, s'est d'ailleurs immédiatement félicité de cette solution.

«L'objectif est d'éliminer complètement les subventions, mais il reste beaucoup d'obstacles à surmonter avant que nous puissions atteindre cette étape», a déclaré Peter Mandelson lors d'une conférence de presse à Strasbourg. Robert Zoellick a abondé dans le même sens dans un communiqué. «Nous sommes ravis du déblocage de la situation. La décision d'aujourd'hui est une étape très positive, même s'il reste beaucoup à faire pour garantir des règles équitables dans le marché de l'aviation civile commerciale», ont souligné de leur côté EADS et BAE Systems, les deux actionnaires d'Airbus.

La bataille commerciale continue

Pour mémoire, les Etats-Unis avaient exigé l'été dernier l'élimination des subventions à Airbus – des prêts remboursables accordés au consortium constitué par la France, l'Allemagne, l'Espagne et le Royaume-Uni à hauteur de 33% des coûts de développement. Ils estimaient que ces aides, justifiables pour une industrie naissante, étaient devenues superflues pour une société devenue leader mondial.

En effet, Airbus a détrôné Boeing en 2003, et probablement en 2004 aussi. L'an dernier, le constructeur européen a enregistré 300 commandes d'appareils, selon les estimations de La Tribune, et en a livré 320, tandis que Boeing recensait 249 commandes et 285 livraisons.

Le 6 octobre dernier, Washington dénonçait l'accord de 1992 sur les aides à l'industrie aéronautique et annonçait le dépôt d'une plainte à l'OMC contre l'Union européenne, qui ripostait aussitôt en demandant des consultations sur les «subventions massives» accordées au constructeur américain. La démarche des Etats-Unis n'était qu'une manœuvre de diversion «pour détourner l'attention du déclin endogène de Boeing», déclarait alors le commissaire européen Pascal Lamy. Le conflit menaçait d'alourdir sérieusement le contentieux transatlantique, portant déjà sur les OGM, les bananes, les droits d'auteur et la viande aux hormones.

Même si la question des subventions est réglée dans les mois à venir, la bataille commerciale entre Boeing et Airbus ne diminuera pas d'intensité. Les deux compagnies prévoient de mettre en service dans trois ans un long-courrier de moyenne capacité, le 7E7 pour Boeing, l'A350 pour Airbus. Le marché de ces appareils est estimé à quelque 3000 appareils.



Publicado por esta às 09:11 AM

Le manque criant de coordination de l'ONU

[Fonte:Le Temps]
Les Nations unies, incapables de bien coordonner l'assistance aux rescapés du tsunami, pourraient bien essuyer quelques critiques ce jeudi au sommet de Djakarta. Une délégation européenne a fait escale hier à Banda Aceh, à Sumatra, avant de se rendre dans la capitale indonésienne.
En un tour de chauffe avant le sommet de Djakarta ce jeudi, le commissaire européen au Développement, le Belge Louis Michel, et le ministre luxembourgeois chargé du Développement Jean-Louis Schiltz, ont fait escale mercredi matin à Banda Aceh, visitant divers lieux du sinistre, des camps de déplacés et des hôpitaux. Si MM. Michel et Schiltz voyageaient de concert avec divers cadres de l'Unicef et le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Lee Jong-wook, l'enjeu pour les Européens était de prendre conscience de l'étendue du sinistre et de ramener l'information au conseil extraordinaire des ministres européens qui se tiendra ce vendredi 7 janvier à Bruxelles et au cours duquel l' Union devrait fixer le montant et les modalités de l'aide qu'elle apportera aux pays touchés par le tsunami.

«Trois R»

Pour Jean-Louis Schiltz, dont le pays a débloqué une aide de 5 millions d'euros, les objectifs «nationaux» de cette visite coïncident bien avec ceux de l'Union: exprimer sa solidarité avec les peuples et gouvernements locaux, préparer la réunion de vendredi à Bruxelles, et demeurer attentif à ce que les soins soient effectivement suivis d'une seconde phase d'assistance en réhabilitation.

Même écho du côté de Louis Michel: «L'enjeu européen est d'être certain que les «trois R» (ndlr: «relief», «rehabilitation», «reconstruction») s'enchaînent sans temps mort.» La réhabilitation a d'ailleurs déjà commencé, dès avant la réunion de Djakarta, comme l'a confirmé au commissaire européen le ministre adjoint indonésien aux Affaires spéciales: «Nous avons déjà enterré 32 000 corps à Banda Aceh, et nous en enterrons encore 300 chaque jour. Mais, dans le même temps, nous souhaitons également rouvrir les écoles, car c'est la semaine de la rentrée. Il faut que nous leur trouvions des locaux alternatifs.»

Michael Elmquist, coordinateur humanitaire pour les Nations unies, ressent lui aussi ce souhait de réhabilitation: «Les autorités indonésiennes disent vouloir rouvrir au plus vite les administrations publiques, pour envoyer un signal réconfortant à la population.» A Banda Aceh, une première banque a rouvert il y a deux jours, de même que des pompes à essence et des lignes téléphoniques. Mais la première assistance ne doit pas être oubliée, et pour cette seule première phase, les Nations unies pourraient bien essuyer quelques critiques ce jeudi à Djakarta: «Nous devons considérer que 800 000 personnes ont besoin d'aide à Aceh, précise le coordinateur ONU. Mais nous n'avons pas de salle de réunion, alors que nous rassemblons dans notre coordination huit agences de l'ONU et 27 ONG. Et je dois dire que la coordination n'est pas bonne. Mon message est qu'il faut maintenir le niveau de l'aide et surtout celui de la coordination.»

C'est précisément pour son incapacité à assurer cette coordination générale que l'ONU est dénoncée comme défaillante: «Lors des briefings de coordination, on a l'impression qu'il y a 200 partenaires», glisse une source anonyme française. Eh non: 35 seulement, selon le propre aveu de Michael Elmquist. Il est d'ailleurs à cet égard dramatique de constater à quel point l'ONU a rassemblé peu d'acteurs dans son sillage, et comment parmi ce peu d'acteurs règne déjà une «belle pagaille».

L'esprit même avec lequel travaillent les cadres de l'ONU n'est pas exempt de défauts: ce sont les plus «beaux» camps que visitait ce mercredi la délégation de l'Unicef; et, plutôt que de se rendre au cœur de Banda Aceh pour prendre la mesure réelle du sinistre, le convoi Unicef a tourné le dos à l'avenue Diponegoro, préférant visiter, à 400 mètres de là, le siège détruit des Nations unies. Bel exemple d'onucentrisme!

Pas d'interlocuteurs valables

Enfin, les Nations unies, en Indonésie comme en Afghanistan, semblent avoir peur de leur ombre et placent la province d'Aceh à un «risque 4», sur une échelle ONU qui compte 5 niveaux seulement... Et ce tout en admettant que les séparatistes du GAM ne s'en sont plus pris à un seul Occidental depuis quatre ans. Résultat: l'ONU en était toujours mercredi à explorer l'hypothèse de rallier par route la ville de Meulaboh, sur la côte ouest, alors que de grandes ONG y sont installées, et durablement, depuis l'aube déjà.

Autre indice, certes anecdotique mais effarant, du débordement indonésien: la qualité médiocre des interlocuteurs disponibles à Banda Aceh face aux représentants de l' Union européenne. Rappelons qu'Aceh est une province placée sous la loi martiale: le gouverneur y est donc coiffé par un lieutenant général. Mais ce gouverneur est aussi inculpé de corruption... En outre, depuis le début de la crise, la province a été reprise en main par le directeur du «centre catastrophes», le Bakornas. A priori, cela aurait dû avoir pour conséquences de multiplier les interlocuteurs disponibles. Non, le seul interlocuteur provincial disponible face à l' Union européenne était un simple secrétaire incapable de s'exprimer en anglais.

Publicado por esta às 09:20 AM

Quand un secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères attend la retraite pour se prononcer sur l'Europe

[Fonte:Le Temps]
A l'occasion de son départ, on apprend que la Suisse avait un secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères. Ce fonctionnaire n'avait pas fait de vagues pendant son activité, et ce n'est qu'après sa démission qu'il donne des interviews qui pourraient remuer la scène politique. En effet, il se prononce pour une adhésion de la Suisse à l'Union européenne et demande un vaste débat sur la question.

Publicado por esta às 09:22 AM

janeiro 14, 2005

2005, année des ratifications de la Constitution européenne, sera celle de tous les dangers pour l'UE

[Fonte:Le Temps]
UNION EUROPEENNE. Vingt-trois pays sur vingt-cinq doivent encore approuver le Traité constitutionnel, ce qui ne va pas de soi dans plusieurs pays. Les responsables européens redoutent que, dans l'attente du résultat final, aucun projet d'envergure ne puisse être lancé et que l'Europe ne soit en panne


Eléonore Sulser, Bruxelles
Vendredi 14 janvier 2005

«Approuver le nouveau Traité constitutionnel est avant tout un bien pour l'Europe, pour sa démocratie, pour sa transparence, pour son rôle dans le monde», plaide José Manuel Durao Barroso dans une interview récente à La Stampa. «Des risques existent, mais ne spéculons pas encore sur des hypothèses négatives. En le faisant, nous ne ferions qu'augmenter les doutes.»

Le président de la Commission européenne va devoir s'habituer à ce rôle de promoteur de la Constitution européenne, car durant toute l'année qui vient et les premiers mois de 2006, l'avenir du continent élargi va se jouer au rythme des ratifications nationales. Pour que ce texte – qui dotera notamment l'Union d'un président et lui donnera une représentation unique en politique étrangère – devienne réalité, il faudra que vingt-trois peuples ou assemblées nationales l'aient tour à tour approuvé, sur les vingt-cinq que compte l'UE. Les parlements lituaniens et hongrois ont en effet déjà dit «oui» fin 2004.

Selon un sondage Eurobaromètre publié à l'automne dernier, deux tiers des 450 millions de citoyens européens soutiennent l'idée d'une Constitution européenne, ce qui ne signifie pas pour autant qu'ils voteraient en faveur du texte actuel. De son côté, le Parlement européen l'a très largement approuvé mercredi dernier. Mais tout va se compliquer lorsqu'on passera au niveau national. Depuis des mois, les leaders européens disent leurs craintes de voir les enjeux nationaux menacer l'avancée de l'Europe et s'inquiètent d'un Continent crispé dans la longue attente du résultat final.

La première consultation populaire aura lieu le 20 février prochain en Espagne. Comme au Luxembourg ou aux Pays-Bas, le vote des Espagnols sera consultatif. Les sondages annoncent une issue positive, mais Madrid s'inquiète de possibles faibles taux de participation. Preuve que même si certains référendums n'ont lieu qu'à titre indicatif, leur impact politique sera très important. Jacques Chirac et Gerhard Schröder l'ont compris, qui ont annoncé leur intention de se rendre en Espagne à la veille du vote.

Selon que l'on est un grand ou un petit pays de l'Union, les résultats n'auront pas les mêmes conséquences. Comme les Danois ou les Irlandais en ont fait l'expérience, un petit pays qui refuse un Traité européen offre en général une seconde chance à l'Europe, en repassant par les urnes. En revanche, l'échec de la Constitution dans un grand pays comme la France ou même la Grande-Bretagne ouvrirait une crise inédite: aucun poids lourd européen n'a jamais dit «non» à un traité fondamental pour l'Union. Si Javier Solana, le haut représentant pour la politique étrangère de l'Union, a son idée sur la manière de répondre à un éventuel «non» britannique – «Cela poserait la question des relations avec les membres de l'Union qui ont voté «oui» – Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois, a prédit en octobre qu'un «non» français risquait de plonger l'Europe dans une «crise absolue». «Il n'y aurait plus de rêve européen, plus d'idéal européen à nourrir: ce serait la paralysie totale», prévient-il.

Depuis qu'il a pris la présidence de l'Union européenne, au début de l'année, Jean-Claude Juncker multiplie les mises en garde sur le même ton: «Je vois le risque que nous puissions entrer dans une phase d'enlisement et d'immobilisme causée par la succession des procédures référendaires et de ratification parlementaire de la Constitution européenne», a-t-il lancé au début de la semaine, en notant que «les hommes politiques ont cette particularité qu'ils n'aiment pas gouverner au moment où ils s'adressent au suffrage universel».

Les Européens verront au fil des mois si ces sombres prédictions se confirment et si l'Europe se retrouve bel et bien paralysée. Peut-être garderont-ils néanmoins à l'esprit ce paradoxe: c'est précisément pour empêcher le Traité de Nice – qui resterait en vigueur en cas d'échec de la Constitution – de mettre l'Europe à Vingt-Cinq en panne que ce pénible processus de ratification de la Constitution européenne doit avoir lieu.


Publicado por esta às 11:47 AM

Un climat délétère ne profite à personne

[Fonte:Le Temps]
Lorsque l'économie évalue la nécessité d'étendre la libre circulation des personnes aux nouveaux pays de l'UE, elle en soupèse autant les incidences économiques que l'impact psychologique. Elle analyse le profit que la Suisse peut tirer d'un afflux légal de main-d'œuvre des pays de l'Est, réfléchit aux portes que l'industrie d'exportation peut s'ouvrir dans ces pays, mais elle sonde aussi les conséquences qu'un non aurait dans les relations avec l'Union européenne.

Il n'est jamais inutile de rappeler que c'est à la demande de l'UDC que la Suisse a choisi la voie bilatérale. Aujourd'hui, les démocrates du centre finassent et contestent la valeur des accords âprement négociés avec Bruxelles. Ils jettent le discrédit sur les négociateurs suisses, qu'ils font passer pour des incapables, et contribuent à créer un climat délétère dont la Suisse ne peut tirer aucun profit. L'objectif de l'UDC est clair: empêcher tout rapprochement de l'UE et continuer à faire croire que la Suisse n'a pas besoin de soigner ses relations extérieures pour retrouver sa santé économique. Ce n'est pas un hasard si les (rares) grands industriels qui portent l'étiquette de ce parti ont fait un choix différent à propos de la libre circulation des personnes. Ils ont bien compris que l'on ne créera pas les conditions d'une croissance durable si l'on se coupe de l'extérieur.

L'UDC prétend mieux défendre les intérêts de l'économie que le PRD parce qu'elle se battrait mieux pour améliorer les conditions-cadres intérieures. Cela reste à prouver. Ses réticences à propos de la décartellisation et de la suppression des barrières intercantonales montrent que son sens du protectionnisme consiste non seulement à se «protéger» contre l'extérieur, mais aussi à protéger sa propre clientèle. Une clientèle guère rompue à l'exercice de la concurrence et pour qui les équilibres intérieurs et la paix sociale comptent peu.

Publicado por esta às 11:50 AM

L'UE et la Turquie

[Fonte:Le Temps] (article d'opinion)
C'est vraiment un débat central que cette possible adhésion de la Turquie à la Communauté européenne. Elle éveille des craintes fondées, car d'autres pays pourraient eux aussi revendiquer le rattachement, auxquels il ne sera plus possible de répondre par la négative. La plupart des limites naturelles de l'Europe sont mises en cause dans ce dossier, au point qu'il devient difficile de définir désormais son identité. Plutôt qu'une réalité géographique, religieuse, démocratique ou historique, elle prend la tournure d'une construction, opportuniste et volontaire. Que faut-il en penser?

En faveur d'une adhésion, on peut arguer de la nécessité d'un recentrage géographique et culturel vers le Sud depuis l'arrivée en masse des pays de l'Est dans une communauté européenne devenue ipso facto très «Mittel-Ost Europa». Difficile en effet de revendiquer un berceau méditerranéen, grec et latin, mais aussi égyptien et assyrien, sans oublier le site religieux israélo-palestinien, tout en affirmant s'arrêter à Athènes. Sous l'angle des relations avec le monde arabe, voire avec le monde musulman, cette adhésion peut aussi présenter quelque intérêt. Si l'Europe revendique des valeurs laïques, rien ne s'oppose à ce qu'elle inclue un pays d'une autre religion, sans compter que, de toute façon, une partie toujours plus importante de ses actuels ressortissants est déjà non chrétienne.

Mais un des meilleurs arguments à l'adhésion serait de raffermir le caractère laïc de la Turquie pour faire barrage à l'intégrisme, tout comme les pères fondateurs de la CE ont prioritairement visé la pacification durable du territoire européen après les trois guerres mondiales qui l'avaient marqué au fer rouge. La Turquie deviendrait ainsi à la fois un rempart et un modèle.

Malheureusement, il est doublement trop tard pour se poser toutes ces questions. Trop tard parce qu'il n'est plus possible de dire non, au risque de créer un ressentiment durable, voire indélébile, entre des pays aujourd'hui amis. C'est ce qui explique le vote du 17 décembre du Conseil des ministres européens, vote positif malgré le double refus des Turcs, à la fois de reconnaître Chypre et le génocide des Arméniens. Trop tard également pour qu'une adhésion porte ses fruits, la Turquie profonde s'étant déjà trop éloignée de l'idéal laïc prôné et instauré par Mustafa Kemal Atatürk, le gouvernement actuel ayant été élu sous l'étiquette islamiste. A noter enfin que les Turcs se disent favorables à l'Europe essentiellement pour des raisons économiques, et non par attachement profond à ses valeurs fondamentales.

Que va-t-il donc se produire? Les référendums prévus dans de nombreux pays montreront une Union européenne au mieux partagée, au pire franchement négative. Les Turcs qui espèrent beaucoup en l'Europe en seront pour le moins froissés. Les relations avec eux s'en ressentiront et une bonne partie d'entre eux pourrait alors verser dans un islam moins modéré, plus revendicateur de valeurs opposées à celles de l'Occident. L'Europe, qui s'est lancée imprudemment dans cette aventure sans tenir compte de l'opinion de ses citoyens, risque donc bien de récolter la tempête.

Publicado por esta às 11:52 AM