outubro 11, 2004

Commission Barroso : polémique autour de la candidature de M. Buttiglione

[Fonte: Le Monde]

Rocco Buttiglione, actuel ministre des affaires européennes de Silvio Berlusconi, avait provoqué un tollé, mardi 5 octobre, lors de son audition par la commission des libertés publiques. Ce démocrate-chrétien de 62 ans, dont le gouvernement a longtemps résisté à l'adoption du mandat d'arrêt européen, avait tenu des propos d'une franchise étonnante sur ses choix moraux. La commission des libertés publiques du Parlement européen a émis, lundi 11 octobre, un avis négatif à la désignation de l'Italien Rocco Buttiglione en tant que commissaire européen à la justice et aux affaires intérieures, ont déclaré des responsables. Toutefois, les négociations entre groupes politiques du Parlement se poursuivent pour parvenir à un compromis. Cet avis — motivé par plusieurs prises de position très conservatrices de M. Buttiglione sur l'homosexualité ou le rôle des femmes — n'est pas contraignant. Les députés européens doivent en effet se prononcer, le 27 octobre, sur l'ensemble de l'équipe mise en place par le futur président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. OPPOSITION DE LA GAUCHE. L'avis de la commission des libertés publiques, présidée par le Français Jean-Louis Bourlanges, sera envoyé au président du Parlement ainsi qu'aux présidents de groupe, qui doivent discuter mercredi de la liste des futurs commissaires. Rocco Buttiglione, actuel ministre des affaires européennes de Silvio Berlusconi, avait provoqué un tollé, mardi 5 octobre, lors de son audition par la commission des libertés publiques. Ce démocrate-chrétien de 62 ans, dont le gouvernement a longtemps résisté à l'adoption du mandat d'arrêt européen, avait tenu des propos d'une franchise étonnante sur ses choix moraux. L'homosexualité, avait déclaré cet ami de Jean Paul II, est "un péché" et "la famille existe pour permettre aux femmes d'avoir des enfants et d'avoir un mâle qui les défend". La gauche du Parlement européen, des libéraux aux socialistes en passant par les écologistes et les communistes, a très mal pris ces déclarations. Dans un communiqué, les Verts "se félicitent de la décision prise aujourd'hui par la commission des libertés publiques du PE concernant l'audition de M. Buttiglione". La Néerlandaise Kathalijne Buitenweg, eurodéputée Verte, a précisé que "les Verts demandent à M. Barroso de tirer les conséquences de ce rejet de la nomination de M. Buttiglione à la Commission européenne". "Si tel ne devait pas être le cas, nous demandons aux groupes politiques ayant rejeté cette nomination d'être cohérents au moment du vote d'investiture de la Commission, le 27 octobre prochain, à savoir de voter contre l'ensemble de la Commission européenne", a-t-elle ajouté. LES "RELENTS INTÉGRISTES" DU VOTE. La défiance manifestée contre le ministre italien des affaires européennes a déclenché un tollé de protestations au sein de la droite italienne. "Rocco Buttiglione est rejeté deux fois : comme catholique et comme libéral", s'est insurgé Marco Follini, secrétaire général de l'UDC, le petit parti centriste de la coalition dont M. Buttiglione était le président. Silvio Berlusconi a condamné lundi "les relents intégristes" du vote. "Le vote sans précédent d'une commission du Parlement européen contre le professeur Rocco Buttiglione, commissaire désigné par le gouvernement italien est un mauvais début, en termes politiques, pour l'Assemblée de Strasbourg", a-t-il dit, cité par l'agence Ansa. "Sur le plan culturel et civil, la mise en cause de la liberté de conscience et d'opinion d'un commissaire de formation et de confession catholiques, et la contestation de la distinction laïque faite par lui entre morale et loi, entre morale et droit, a des relents intégristes, voire obscurantistes", a conclu le chef du gouvernement. "C'est un vote anticatholique", a lancé Francesco Giro, responsable des relations avec le monde catholique de Forza Italia, parti de Silvio Berlusconi. Le ministre de l'agriculture, Gianni Alemanno, dirigeant du parti Alliance nationale, a dénoncé "un acte grave, non seulement contre l'Italie, mais contre tout le monde catholique". "C'est un vote idéologique qui malheureusement a toutes les caractéristiques d'un vote discriminatoire et presque raciste", a déclaré Roberto Calderoli, ministre chargé des réformes et dirigeant de la Ligue du Nord. LA PROBABLE ÉQUIPE BARROSO. Militant de l'association catholique conservatrice Communion et Libération, Rocco Buttiglione est connu pour être un proche du Vatican, dont il partage les positions en matière d'avortement, de fécondation artificielle et d'école privée. L'audition des nouveaux commissaires par le Parlement européen, et plus particulièrement la controverse autour de M. Buttiglione, a mis en lumière des faiblesses au sein de l'équipe de José Manuel Barroso, mais cela ne devrait pas remettre en cause son approbation globale à la fin du mois. Le suspense sur cette procédure d'investiture est très limité dans la mesure où le Parlement, dominé par la droite, a déjà approuvé fin juillet à une nette majorité la nomination du conservateur portugais à la tête de la Commission. Le Parlement ne peut en outre que récuser l'exécutif européen dans son ensemble et pas l'un des commissaires désignés par les gouvernements des 25 Etats membres.

Publicado por jpdias às 11:30 PM

Les propos de M. Buttiglione sur les femmes et les homosexuels provoquent un tollé à gauche

[Fonte: Le Monde]

Les déclarations du futur commissaire à la justice, la liberté et la sécurité, l'Italien Rocco Buttiglione, mettent en émoi le Parlement européen, qui devra se prononcer, à la fin du mois, sur la nouvelle Commission. M. Buttiglione, catholique proche du Vatican, dont on connaissait les positions ultraconservatrices dans le domaine des mœurs et de la famille, a justifié les craintes des libéraux et de la gauche en condamnant l'homosexualité comme un péché et en définissant le rôle de la femme en des termes à faire hurler les féministes les plus modérées. "La famille existe, a-t-il dit, pour permettre à une femme d'avoir des enfants et d'être protégé par un homme qui prend soin d'elle." Certes, le futur commissaire, par ailleurs éminent professeur de philosophie politique, a assuré, citant Kant, que le droit devait être distingué de la morale et que ses opinions sur l'homosexualité n'auraient aucune influence sur sa politique. "On peut considérer beaucoup de choses comme immorales, a-t-il précisé, mais on ne peut pas pour autant les interdire." Quant à sa conception de la famille, elle relève, selon lui, de la philosophie, et non de la politique. SOUTIEN DU PPE. Ces précisions n'ont pas suffi à désarmer ses adversaires, qui envisagent de demander à José Manuel Barroso, le futur président de la Commission, d'attribuer un autre portefeuille à M. Buttiglione. Les critiques les plus virulentes sont venues du président du Parlement européen, le socialiste espagnol Josep Borrell. "Je ne voudrais pas, en tant que citoyen espagnol, avoir un ministre de la justice qui pense que l'homosexualité est un péché et que la femme doit rester au foyer pour faire des enfants sous la protection de son mari, a-t-il déclaré jeudi 7 octobre au micro d'Europe 1. Ce sont des propos choquants, c'est le moins qu'on puisse dire." Les socialistes, par la voix de l'Autrichien Hannes Swoboda et de la Française Martine Roure, ont exprimé "des doutes sérieux" sur la capacité de M. Buttiglione d'occuper le poste qui lui a été confié. "Il ne voit le rôle des femmes que dans le contexte du mariage et de la maternité", ont-ils noté avec réprobation. La coprésidente des Verts, l'Italienne Monica Frassoni, a jugé que le futur commissaire n'était "pas crédible". Autre élue des Verts, la Néerlandaise Kathalijne Buitenweg a lancé : "Comment pourrais-je avoir confiance en cet homme pour qu'il protège les homosexuels contre les discriminations ?" Mis en cause par la gauche, M. Buttiglione a obtenu le soutien de ses amis conservateurs du Parti populaire européen (PPE), majoritaire au Parlement. L'Allemande Ewa Klamt a affirmé que la Commission bénéficierait de la "grande expérience" de M. Buttiglione et que le poste de commissaire à la justice, la liberté et la sécurité serait "en de bonnes mains". Son compatriote Klaus-Heiner Lehne a déclaré que le futur commissaire avait laissé "une excellente impression". L'Italien Antonio Tajani a estimé que les déclarations de M. Borrell étaient "une insulte aux institutions parlementaires". Divisée, la commission des libertés civiles, chargée de donner un avis, n'a pas été capable de se mettre d'accord, en dépit des efforts de son président, le Français Jean-Louis Bourlanges. Pour sa part, M. Buttiglione a expliqué que ses propos avaient été mal interprétés. "Je ne veux pas que les femmes restent à la maison, a-t-il dit, mais elles sont surchargées et nous devons leur permettre d'être mères tout en poursuivant leur carrière."Il n'entend pas non plus attenter à la liberté des homosexuels. "On ne peut imposer aux autres notre conception du bien", a-t-il souligné, en précisant qu'on pouvait tenter de changer leurs opinions par le dialogue, mais non les obliger par la loi à agir différemment. M. Buttiglione s'est dit victime de discrimination, en tant que catholique et en tant que ministre de Silvio Berlusconi, de la part de ceux-là même qui se vantent de lutter contre les discriminations. Ces arguments n'ont pas semblé convaincre la gauche. Comme elle n'a pas à se prononcer sur chacun des 24 commissaires, mais sur l'ensemble du collège, elle devra donc décider si elle choisit de rejeter en bloc la Commission présidée par M. Barroso au cas où celui-ci refuserait de désavouer M. Buttiglione.

Publicado por jpdias às 11:33 PM

outubro 12, 2004

La candidature Buttiglione suscite toujours des remous

[Fonte: Le Monde]

La candidature au poste de commissaire de Rocco Buttiglione, un proche du Vatican, continue de susciter des remous au Parlement européen : Jean-Louis Bourlanges, le président (UDF) de la commission des libertés, devait émettre un avis défavorable, lundi 11 octobre, au terme d'une séance mouvementée. Réunie à huis clos lundi, la commission des libertés a en effet estimé, par 27 voix (gauche et libéraux) contre 26 (droite), que M. Buttiglione ne pouvait occuper le poste de commissaire en charge de la justice que lui propose le futur président de la Commission, José Manuel Durao Barroso. Les socialistes souhaitaient toutefois que M. Buttiglione puisse disposer d'un autre portefeuille, son éviction pouvant avoir des conséquences sur leurs propres candidats. "S'il s'occupait des betteraves, ce ne serait pas aussi grave", a ainsi ironisé Josep Borrell, le président du Parlement, sur Europe 1. Or à la question"M. Buttiglione peut-il occuper un autre poste au sein du collège ?", une majorité (28) a répondu "non", et une minorité (25) "oui". Le vote ayant eu lieu à bulletins secrets, il semble que les "oui" proviennent des rangs du Parti populaire européen (PPE, droite), mais aussi de la gauche. Le PPE considère que les votes de la commission des libertés n'ont aucune valeur, puisqu'ils sont "contradictoires". Il fait valoir que la commission juridique, présidée par un proche de Silvio Berlusconi, qui, elle aussi, a auditionné M. Buttiglione, a émis un vote favorable. De Rome, le président du Conseil italien a dénoncé "les relents intégristes" du vote parlementaire.

Publicado por jpdias às 11:43 PM

outubro 13, 2004

Les eurodéputés fragilisent à nouveau la future Commission Barroso

[Fonte: Le Monde]

Les évaluations de commissaires par les eurodéputés n'étaient pas toutes achevées mardi après-midi. Selon son entourage, le président Borrell attendait encore celles des libéraux Mariann Fischer Boel, commissaire danoise désignée à l'agriculture, et Siim Kallas, commissaire estonien à l'administration interne, l'audit et la lutte antifraude.

Le futur président de la Commission européenne, le Portugais José Manuel Durao Barroso, a essuyé, mardi 12 octobre, un nouveau revers au Parlement européen, où un second membre de son équipe, le socialiste hongrois Laszlo Kovacs, a été désavoué, comme la veille le conservateur italien Rocco Buttiglione.

Actuel ministre des affaires étrangères hongrois, désigné pour le poste de commissaire à l'énergie, Laszlo Kovacs avait été entendu le 30 septembre par les députés de la commission de l'énergie. M. Kovacs avait été immédiatement critiqué pour manque de maîtrise technique de ses futurs dossiers, notamment par les Verts.

Le président de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie, le conservateur britannique Giles Bryan Chichester, a transmis mardi une évaluation sans complaisance au président du Parlement européen. M. Kovacs "n'a pas convaincu la plupart des membres" de la commission "de son aptitude à assumer la haute charge pour laquelle il est proposé", écrit M. Chichester dans sa lettre.

CE VOTE NÉGATIF EST UNE PREMIÈRE

La mise en cause du socialiste Kovacs est pour tous les observateurs la réponse du berger à la bergère des eurodéputés conservateurs à la gauche, après le désaveu infligé à l'un de leurs champions, l'Italien Rocco Buttiglione.

La commission des libertés civiles du Parlement européen a rejeté lundi la nomination de M. Buttiglione au poste de commissaire à la justice, la liberté et la sécurité, dans un vote à la majorité très étroite (27 contre 26) qui a pris par surprise beaucoup de responsables politiques.

Ce vote constitue une première : dans le passé, certains aspirants commissaires s'étaient vu épinglés par le Parlement, mais aucun n'avait subi l'affront d'un vote négatif.

Les chefs politiques du Parlement européen devaient se retrouver mercredi autour du président de l'assemblée, le socialiste espagnol Josep Borrell, pour tirer les conclusions des offensives croisées contre M. Buttiglione et M. Kovacs.

Leur marge de manœuvre est faible, car le Parlement n'a pas la possibilité de récuser un individu au sein de la Commission. Il devra se prononcer par un seul vote sur la Commission Barroso dans son ensemble, le 27 octobre.

Un refus d'investiture, que personne n'envisage pour l'instant, serait un tremblement de terre politique comparable à la démission collective début 1999 de la Commission présidée par le Luxembourgeois Jacques Santer, que le Parlement menaçait de censurer.

LE SILENCE DE BARROSO

En attendant, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a fustigé des "relents intégristes" dans le vote contre Rocco Buttiglione, motivé par l'opposition de ce dernier à l'homosexualité et ses positions ultraconservatrices sur le rôle de la femme dans la société.

Les évaluations de commissaires par les eurodéputés n'étaient pas toutes achevées mardi après-midi. Selon son entourage, le président Borrell attendait encore celles des libéraux Mariann Fischer Boel, commissaire danoise désignée à l'agriculture, et Siim Kallas, commissaire estonien à l'administration interne, l'audit et la lutte antifraude.

Cantonné au rôle d'observateur des querelles entre les parlementaires de tous bords, M. Barroso garde pour l'instant le silence sur ses intentions.

Le successeur élu de Romano Prodi "attend de rencontrer les dirigeants du Parlement européen pour prendre position sur les auditions, et cette réunion aura lieu le 21 octobre", a déclaré mardi une porte-parole de la Commission. "Pour l'instant, M. Barroso (...) maintient sa confiance dans toute l'équipe, qui inclut M. Buttiglione", a-t-elle ajouté, en refusant de "spéculer" sur un éventuel remaniement.

Publicado por jpdias às 11:41 PM

outubro 14, 2004

Le cas Buttiglione provoque un scandale en Italie

[Fonte: Le Monde]

"Tout est clarifié." Silvio Berlusconi a accueilli avec satisfaction les déclarations du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui, depuis Londres, mardi 12 octobre, a renouvelé sa confiance à Rocco Buttiglione, "un homme très capable".

Le président du conseil italien espère qu'ainsi sera clos un chapitre durement ressenti par son pays. Le vote négatif de la commission des libertés publiques du Parlement européen contre le commissaire désigné par le gouvernement italien avait été qualifié de "gifle à l'Italie" par l'ensemble de la presse transalpine.

Les membres de la commission avaient rejeté la nomination de M. Buttiglione au poste de commissaire à la justice, la liberté et la sécurité après ses propos sur l'homosexualité, qualifiée de "péché", et sur la place des femmes dans la société. Ce proche de Jean-Paul II, membre de l'association catholique conservatrice Communion et libération, avait estimé, lors de son audition devant les parlementaires européens, le 5 octobre, que "la famille existe pour permettre à la femme d'avoir des enfants et d'être protégée par son mari".

"Ce vote sans précédent (...) est un mauvais début, en termes politiques, pour l'assemblée de Strasbourg", avait aussitôt réagi M. Berlusconi, pour qui "la mise en cause de la liberté de conscience et d'opinion d'un commissaire de formation et de confession catholiques, et la contestation de la distinction laïque qu'il a faite entre morale et loi, entre morale et droit, a des relents intégristes, voire obscurantistes". La quasi-totalité des dirigeants de la majorité de centre droit a dénoncé "un vote anticatholique".

Franco Frattini, le ministre des affaires étrangères, fait partie des rares à souligner, mercredi 13 octobre dans le Financial Times, "une attaque contre le gouvernement Berlusconi". Dans l'entourage du président du conseil italien, on soulignait plutôt une offensive idéologique de "ceux qui se sont déjà opposés à la référence aux racines chrétiennes de l'Europe dans le préambule de la Constitution".

Pour l'éditorialiste de La Stampa, l'incident traduit "l'aversion éprouvée en Europe pour Silvio Berlusconi, pour un certain militantisme catholique soupçonné de fondamentalisme et pour le soutien de l'Italie à la politique du président américain George Bush".

"PLAISANTERIE MALHEUREUSE"

Dans un entretien au quotidien romain Il Messagero, mardi 12 octobre, M. Buttiglione s'est dit victime d'un "lobby" animé par "des préjugés contre ses convictions morales et religieuses". "Une conscience que je ne troquerai pas contre un fauteuil", a-t-il insisté plus tard.

Malgré les apaisements procurés par les déclarations de M. Barroso, le cas Buttiglione a dégénéré en une énorme polémique de politique intérieure, mardi, à cause d'un commentaire du ministre chargé des Italiens dans le monde. "Pauvre Europe : les enculés sont majoritaires", a affirmé dans un communiqué Mirko Tremaglia, 78 ans, membre d'Alliance nationale (AN) et ancien du parti post- fasciste MSI.

"Les journaux parlent de "lobby des gays'', j'ai simplement utilisé la même formule, mais en la traduisant en italien", a-t-il tenté de se justifier face au tollé général. Son ancienne camarade de parti, Alessandra Mussolini, aujourd'hui dirigeant d'une petite formation d'extrême droite, Alternative sociale, a été l'une des premières à demander sa démission, à l'unisson de toute l'opposition de centre gauche. Pour M. Buttiglione, "il a exagéré", tandis que Stefania Prestigiacomo, la ministre chargée de l'égalité des chances, n'y a vu qu'"une plaisanterie malheureuse, sans intentions discriminatoires".

Au-delà de cette tourmente intérieure, les observateurs retiennent que M. Buttiglione sera vraisemblablement confirmé dans ses fonctions, mais que, dans l'exercice de son mandat de commissaire chargé des questions de justice et d'immigration, il souffrira de ce "péché originel". Selon La Republica, le futur commissaire restera "diminué dans sa crédibilité politique", et il pourrait même s'avérer être "un canard boiteux, un poids pour le président de la Commission".

Publicado por jpdias às 11:39 PM

outubro 15, 2004

Au Parlement, les "grands groupes" s'entendent pour sauver "leurs" commissaires

[Fonte: Le Monde]

Le Parti populaire européen et les socialistes refusent de cautionner les jugements des commissions qui, après avoir auditionné les membres de l'équipe Barroso, en récusent deux.

A quoi servent les "grands oraux" du Parlement européen ? Quelque peu désabusés, nombre d'eurodéputés rencontrés dans les couloirs, mercredi 13 octobre, s'interrogeaient sur l'utilité des onze journées d'auditions organisées depuis le 27 septembre, afin de tester les compétences des candidats aux différents postes de commissaires du collège devant être présidé par José Manuel Durao Barroso, à partir du 1er novembre.

Malgré le tollé provoqué par les déclarations du très catholique Italien Rocco Buttiglione sur l'homosexualité, sa nomination, à laquelle s'est opposée la commission des libertés, a été défendue par M. Barroso sans susciter de rébellion. L'intéressé a cependant laissé entendre jeudi matin dans un entretien à la BBC qu'il ne s'accrocherait pas. "J'ignore si j'ai suffisamment de foi pour être décapité en raison de mes convictions, mais j'ai suffisamment de foi pour renoncer à un emploi à la Commission si cela est nécessaire", a-t-il dit.

Les résultats des auditions ont été examinés, mercredi, par les présidents des groupes, qui devaient convenir de l'attitude à prendre lorsqu'ils recevront M. Barroso, jeudi 21 octobre. "Une majorité d'entre eux ont jugé qu'il n'était pas opportun d'entamer un débat de fond", a indiqué le président du Parlement, Josep Borrell, à l'issue de leur réunion.

Le groupe du Parti populaire européen (PPE, droite), celui des socialistes européens et, selon plusieurs témoignages, celui des démocrates-libéraux, ont décidé de transmettre à M. Barroso, sans autre commentaire, le contenu des appréciations portées par les différentes commissions parlementaires. Ils ont ainsi montré qu'ils refusaient de cautionner ces jugements. Les Verts et les communistes ont protesté contre la "collusion des grands groupes" : neuf des 24 candidats aux postes de commissaires appartiennent à la famille du PPE, huit à celle des libéraux, et sept à celle des socialistes. "On se tient tous par la barbichette", résume le Français Alain Lamassoure (PPE).

S'ils avaient accepté le verdict des commissions, le PPE et le PSE (Parti socialiste européen) auraient perdu gros, puisque deux de leurs candidats ont été rejetés, comme l'a annoncé Joseph Daul (PPE), qui préside la conférence des présidents de commission, en précisant qu'il s'agit là d'"une première dans l'histoire du Parlement".

La commission des libertés, présidée par l'UDF Jean-Louis Bourlanges, a, le 11 octobre,récusé la candidature de Rocco Buttiglione, catholique proche du Vatican, pressenti pour le poste de commissaire en charge de la justice, de la liberté et de la sécurité.

"PACTE DE NON-AGRESSION"

Le lendemain, la commission de l'industrie, présidée par un conservateur anglais, a fait de même pour la candidature du socialiste hongrois Laszlo Kovacs au poste de commissaire à l'énergie, sur lequel elle réservait son avis, depuis le 30 septembre. Elle n'est convaincue ni par sa "compétence professionnelle" ni par son "aptitude à assumer la haute charge" à laquelle il aspire. Les commissions parlementaires ont, en outre, émis des réserves sur les candidatures de trois libérales, Neelie Kroes (concurrence), Mariann Fischer-Boel (agriculture) et Ingrida Udre (fiscalité).

En "signant un pacte de non-agression, les présidents de groupe ont montré qu'ils sont constructifs", explique Françoise Grossetête, vice-présidente du PPE : "Ils espèrent que M. Barroso va maintenir ces candidats dans leurs postes et que la nouvelle Commission pourra commencer à travailler dès le 1er novembre", indique-t-elle. A gauche, l'Allemand Jo Leinen exprime aussi le souci d'éviter une crise, "alors qu'il faudra ratifier la Constitution".

De tels "arrangements" sont toutefois contestés à l'intérieur des groupes, par les députés qui ont déjà protesté, en juillet, contre la manière dont le PPE et le PSE se sont partagé le perchoir. Harlem Désir, vice-président français du groupe PSE, affirme qu'"un marchandage "Buttiglione contre Kovacs" ruinerait la crédibilité du Parlement, qui a conquis le droit d'or- ganiser des auditions". Bernard Poignant, président de la délégation française, constate que, "avec Buttiglione, la commission Barroso sera non seulement libérale et conservatrice, mais aussi réactionnaire".

Des négociations avec la Turquie dès 2005?

Le premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, s'est prononcé, mercredi 13 octobre, pour l'ouverture "au premier semestre 2005" des négociations d'adhésion avec la Turquie. Son pays présidera alors l'Union européenne. "Je souhaite que les négociations soient lancées au premier semestre 2005. Nous sommes prêts mais nous sommes à la merci des grands crocodiles", a déclaré M. Juncker à l'Agence France-Presse au cours d'une manifestation organisée à Bruxelles par la Fondation Bertelsmann. Une position similaire a été défendue à Rome par le chancelier allemand Gerhard Schröder et le président du conseil italien, Silvio Berlusconi, lors d'une conférence de presse commune tenue à l'issue du sommet italo-allemand annuel. "Du point de vue allemand, nous sommes pour entamer sans retard" les négociations, a déclaré M. Schröder, approuvé par M. Berlusconi.

Publicado por jpdias às 11:36 PM

outubro 16, 2004

UE : Cohn-Bendit appelle le Parlement à rejeter la nouvelle Commission

[Fonte: Le Monde]

L'eurodéputé vert Daniel Cohn-Bendit, coprésident du groupe parlementaire écologiste au parlement européen (PE), prône un rejet en bloc de la nouvelle Commission, les compétences de "six à sept" membres étant selon lui "douteuses", dans un entretien au Frankfurter Rundschau de samedi.

"Nous, les Verts, considérons que six à sept Commissaires ont des compétences douteuses. Cette Commission est faible. Un rejet par le parlement éviterait un futur désastre", a précisé au quotidien allemand, Frankfurter Rundschau, le député Daniel Cohn-Bendit, coprésident du groupe écologiste au parlement européen.

Jeudi, les eurodéputés socialistes ont menacé de refuser l'investiture au nouvel exécutif, si le président de la future Commission européenne José Manuel Durao Barroso n'y modifiait pas la répartition des portefeuilles pour changer de poste l'ultra-conservateur italien Rocco Buttiglione.

Commissaire désigné à la Justice, la Liberté et la Sécurité, M. Buttiglione a été récusé par le PE après avoir qualifié l'homosexualité de "péché" et réduit le rôle de la femme dans la société à la maternité, lors de son audition devant la commission des Libertés civiles de l'assemblée.

Mais l'Italien "n'est qu'un parmi beaucoup de candidats incompétents" à un poste au sein de la future Commission, souligne Daniel Cohn-Bendit. Et de citer le Hongrois Laszlo Kovacs, commissaire européen désigné à l'Energie, qui "a autant de compréhension pour ce secteur qu'un lièvre pour la chasse".

Selon l'ancien leader de Mai 1968, au cas où elle réunirait une courte majorité du PE lors du vote pour ou contre la Commission dans son ensemble le 27 octobre à Strasbourg, cette dernière aurait "des difficultés à se maintenir dans cette configuration pendant les cinq années à venir."

Publicado por jpdias às 11:27 PM

outubro 26, 2004

Paris et Berlin soutiendront la candidature turque à l'UE

Fonte Le Monde

Rappelant que les Français seraient consultés par référendum au terme de négociations d'adhésion qui dureront "dix ou quinze ans", le président français Jacques Chirac s'est dit à Berlin "persuadé qu'à l'époque, le problème se posera avec beaucoup moins de passion".
Le président français Jacques Chirac a retrouvé mardi 26 octobre à Berlin le chancelier allemand Gerhard Schröder, à l'occasion d'un 4e conseil des ministres franco-allemand, à l'issue duquel les deux hommes doivent s'entretenir avec le premier ministre Recep Tayyip Erdogan de l'adhésion turque à l'UE.

Accueillis à la chancellerie vers 11 heures, M. Chirac et Jean-Pierre Raffarin se sont entretenus entre autres de la révision du pacte de stabilité de l'UE sur la base des propositions de la Commission, a indiqué l'Elysée. Les perspectives financières 2007-2013 ont aussi été discutées, Berlin et Paris souhaitant toujours plafonner la future enveloppe budgétaire à 1 % du produit intérieur brut communautaire, contrairement à la Commission. Au menu de ce premier entretien ont figuré aussi le prochain sommet UE-Russie du 11 novembre à La Haye, et l'investiture de la Commission Barroso avant le vote de mercredi au Parlement européen, sans qu'aucun pronostic ne soit fait par l'un ni l'autre, a-t-on indiqué de même source.

Mais la grande affaire a été la question turque. MM. Chirac et Schröder ont largement parlé de la Turquie avant leur rencontre avec M. Erdogan et en vue du sommet de Bruxelles en décembre. Le président français et le chancelier allemand ont affirmé à Berlin qu'ils appuieraient l'ouverture des négociations d'adhésion avec le but qu'elles aboutissent à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.

M. Chirac, dans une conférence de presse, a affirmé que son "vœu le plus cher" était que les négociations d'adhésion d'Ankara se terminent par l'adhésion de la Turquie. M. Schröder a abondé dans le même sens en affirmant que le but des négociations devait être l'adhésion d'Ankara et "aucun autre but". Il a réclamé "détermination et transparence", et souligné que l'objectif des négociations "ne devait laisser aucune question en suspens".

LES FRANÇAIS SE PRONONCERONT

Jacques Chirac, en se disant "favorable" aux conclusions de la Commmission européenne qui préconise l'ouverture de ces négociations, a estimé qu'elles pourraient s'ouvrir "en 2005 ou autour de 2005". "Le problème doit être apprécié dans le temps", a-t-il dit, en se déclarant persuadé que l'adhésion "est de l'intérêt de l'Europe, de l'intérêt de la Turquie, et de l'intérêt de la paix et de la démocratie dans le monde et dans la région". Une entrée de la Turquie demandera "un effort très important" essentiellement de la part de ce pays, a-t-il fait valoir.

Le sommet européen de Bruxelles en décembre appuiera probablement les recommandations de la Commission européenne sur l'ouverture de négociations pour l'adhésion de la Turquie, a déclaré le président français. "La décision sera prise lors du conseil européen des 16 et 17 décembre. Cette décision s'appuiera sur la recommandation de la Commission qui est favorable à l'ouverture des négociations", a-t-il dit. "Le 16 ou le 17 décembre, le conseil européen va adopter probablement les propositions - je ne peux pas en préjuger naturellement", a ajouté Jacques Chirac.

Rappelant que les Français seraient consultés par référendum au terme de négociations qui dureront "dix ou quinze ans", il s'est dit "persuadé qu'à l'époque, le problème se posera avec beaucoup moins de passion".

DÉTERMINATION TURQUE

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait affirmé mardi que son pays n'accepterait aucune alternative à une adhésion pleine et entière à l'Union européenne, peu avant de partir pour le sommet "très important" avec les dirigeants français et allemand à Berlin. "Ce sommet (...) est très important par rapport à nos objectifs en matière de politique étrangère car l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne a cessé d'être un processus ambigu pour l'UE et a pris une direction irréversible", a-t-il déclaré.

M. Erdogan a rappelé qu'Ankara refuserait toute alternative à une adhésion pleine et entière à l'UE, concédant cependant que le processus d'adhésion pourrait prendre beaucoup de temps. "Ce à quoi le processus de négociations conduit, c'est une adhésion complète, personne ne doit tenter d'infléchir cela (...). Le temps que ça prendra est (une question) sujette à débat, c'est un autre problème", a-t-il affirmé. "Le processus d'adhésion de la Turquie mettra à l'épreuve pour la première fois le caractère pluraliste ou non de l'UE", a ajouté le premier ministre turc.

DÉBAT EN EUROPE SUR LA QUESTION TURQUE

Le débat fait rage en Europe sur la vocation de la Turquie - un pays relativement pauvre et peuplé de 70 millions de musulmans - à intégrer l'UE depuis que la Commission européenne a émis, le 6 octobre, une recommandation favorable au lancement de négociations d'adhésion avec Ankara. Les dirigeants des pays membres de l'UE doivent prendre une décision cruciale le 17 décembre sur l'ouverture ou non de ces pourparlers.

Le rapport de la Commission a affirmé qu'Ankara remplissait désormais les critères requis par l'UE en matière de démocratie pour commencer les pourparlers d'adhésion, mais a précisé que ceux-ci ne garantissaient pas l'entrée automatique de la Turquie dans l'Union.

Publicado por esta às 06:27 PM

Le président des eurodéputés libéraux tente de sauver la Commission Barroso

Fonte Le Monde

Le vote du Parlement européen est attendu mercredi.
Strasbourg de notre bureau européen

"Comment Barroso a-t-il pu en arriver là ?", se désolait la droite européenne, lundi 25 octobre, après avoir fait et refait ses comptes. Deux jours avant le vote d'investiture de la nouvelle Commission au Parlement européen, prévu mercredi 27 octobre, l'issue du scrutin était plus qu'incertaine. La droite ne pouvait plus compter sur le soutien de la gauche, mais seulement sur celui d'une partie des libéraux et de certains souverainistes.

Les trois grands groupes du Parlement étaient pourtant prêts à s'entendre pour faire voter l'investiture du collège censé prendre ses fonctions le 1er novembre, sous la présidence du conservateur portugais José Manuel Durao Barroso. Le groupe du Parti populaire européen (PPE, droite) était ravi de compter dix commissaires issus de ses rangs. Celui des libéraux se réjouissait d'en avoir obtenu huit. Celui du Parti socialiste européen (PSE) estimait faire bonne figure avec sept représentants.

Ces trois groupes ont, dans un premier temps, ignoré les protestations de leurs bases, qui réclamaient le rejet de deux candidats - l'Italien conservateur Rocco Buttiglione, pressenti pour le poste de commissaire à la justice, à la liberté et à la sécurité, mais dont les propos sur l'homosexualité ("un péché") ont choqué, et du socialiste hongrois Laszlo Kovacs, pressenti pour le poste de commissaire à l'énergie, dont la compétence est contestée.

CONCESSIONS MINEURES

L'homophobie de M. Buttiglione a pourtant été vivement critiquée, que ce soit par le travailliste anglais Michael Cashman, président d'un intergroupe sur "les droits des gays et des lesbiennes", ou, chez les libéraux, par le radical italien Marco Pannella, ou l'Allemande Silvana Koch-Mehrin : elle a rappelé que le président du Parti libéral (FDP) allemand, Guido Westerwelle, a depuis longtemps révélé son homosexualité.

M. Buttiglione ayant aggravé son cas en tenant des propos machistes, un certain nombre de femmes sont également montées au créneau, comme la socialiste hongroise Zita Gurmai. Les socialistes français et italiens - qui n'ont pas de commissaire à protéger - ont alors fait valoir qu'"un marchandage "Buttiglione contre Kovacs" ruinerait la crédibilité du Parlement européen".

Martin Schulz, le président du PSE, et Graham Watson, celui des libéraux, n'ont pu alors que réclamer le changement de portefeuille de M. Buttiglione, contre l'avis du PPE. M. Barroso n'a fait que des concessions mineures et accumulé les maladresses, en se disant notamment "certain" du vote positif du Parlement. Tony Blair et Gerhard Schröder sont venus à sa rescousse, en priant les eurodéputés de sauver "leurs" commissaires. Un membre du cabinet de Peter Mandelson, commissaire (Labour) pressenti au commerce, est venu démarcher les travaillistes à Bruxelles, vendredi 22 octobre. "C'est paradoxal, puisque M. Mandelson s'est lui-même fait attaquer du fait qu'il est gay !", constate Michael Cashman. Le chancelier Schröder a convoqué les députés allemands à Berlin. Mais les troupes ont tenu tête, et la presque-totalité du groupe socialiste (200) devrait donc voter contre la Commission Barroso.

Elle devrait avoir le renfort des Verts (42), des communistes (41), mais aussi des souverainistes d'Indépendance et démocratie (37) et de certains non inscrits (7 Front national et 3 Vlaams Blok).

Dans le camp opposé, quelque 240 membres du PPE devraient voter pour l'investiture. Les 28 conservateurs britanniques pourraient toutefois s'abstenir, car ils sont partagés entre le désir de priver M. Mandelson de son poste et celui de respecter les décisions des gouvernements. Le PPE devrait avoir le renfort de l'Union pour l-Europe des nations (27) et, chez les non-inscrits, de Samoobrona (6), leur chef de file, Ryszard Czarnecki, rappelant que M. Buttiglione est "l'un des trois seuls commissaires qui parlent polonais".

Le vote du groupe des libéraux (88 membres) sera donc déterminant. Son président, Graham Watson, le supplie d'accorder l'investiture, au motif que "jamais plus" l'occasion ne se représentera d'avoir autant de commissaires : en Slovénie, le gouvernement a changé ; et aux Pays-Bas, Neelie Kroes, dont la candidature présente des risques de conflit d'intérêts, provient d'un gouvernement de coalition. Une grande majorité des libéraux (60 selon certaines évaluations) refuse de le suivre, au nom des libertés, mais aussi de la crédibilité du Parlement (chez les UDF, notamment). Le chef libéral du gouvernement belge, Guy Verhofstadt, qui avait été pressenti comme président de la Commission, avant que le Conseil européen ne lui préfère M. Barroso, a déclaré, dimanche, à propos de M. Buttiglione : "Un homme qui tient des propos aussi dénigrants ne conviendrait pas dans mon gouvernement."

Rafaële Rivais

Publicado por esta às 06:32 PM

novembro 23, 2004

L'Europe des Vingt-Cinq connaît de nouvelles avancées en matière de défense

Fonte: Le Monde


Une réunion des ministres de la défense des Vingt-Cinq a entériné, lundi 22 novembre, la création de treize groupes de combat, composés chacun de 1 500 hommes. L'Union européenne espère ainsi être capable de réagir plus rapidement en cas de crise émergente, n'importe où dans le monde. Parallèlement, le budget de la nouvelle Agence européenne de la défense, qui doit aider l'UE à combler ses lacunes dans le domaine de l'armement, a été adopté.
L'Union européenne a décidé la création de treize groupements tactiques lui permettant de se doter d'une capacité de réaction rapide en cas de crise émergente, n'importe où dans le monde, a annoncé, lundi 22 novembre, le ministre de la défense néerlandais, Henk Kamp, dont le pays occupe actuellement la présidence européenne.

Ces groupes de combat seront composés chacun de 1 500 hommes, pouvant être déployés en quinze jours au maximum. La France, l'Italie, l'Espagne et le Royaume-Uni formeront chacun un groupement tactique.

Tous les Etats membres de l'Union européenne ont décidé de participer à au moins l'un de ces groupements tactiques, les pays candidats pouvant s'y joindre, selon M. Kamp, qui précise que "le concept de groupements tactiques est complémentaire de la force de réaction rapide de l'OTAN".

L'UE disposera dès 2005 d'un groupement tactique en permanence disponible, puis de deux dès 2006, selon le ministre, qui précise que ces groupements seront "totalement opérationnels en 2007".

DES GROUPES COMPLÉMENTAIRES DE CEUX DE L'OTAN

A tour de rôle à partir de cette date, deux des treize groupements dont la formation a été annoncée lundi à Bruxelles seront en alerte, de façon à ce que l'UE les ait à sa disposition au cas où une, voire deux crises dans le monde rendraient nécessaire son intervention, comme ce fut le cas en Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo) à l'été 2003.

"Ces groupements tactiques sont en première ligne dans le renforcement des capacités, donnant à l'Union européenne une force crédible, (pouvant être) rapidement déployée et cohérente, capable de mener des opérations seule ou dans la phase initiale d'opérations plus importantes", selon le communiqué de la présidence néerlandaise de l'UE, publié à l'issue d'une réunion des ministres de la défense européens.

Au cours de cette même réunion, les ministres de la défense des Vingt-Cinq ont approuvé le budget et le programme de travail 2005 de la nouvelle Agence européenne de la défense, créée en juillet dernier, a indiqué son directeur général, le directeur Nick Witney.

Les Etats membres ont évité de "marchander" sur les tâches précises assignées à l'Agence pour les mois à venir et ont permis ainsi une adoption rapide de celle-ci, s'est félicité M. Witney.

Le deuxième comité directeur de l'Agence, composé des ministres de la défense de l'UE, a approuvé un budget de 20 millions d'euros pour 2005, qui devrait lui permettre d'atteindre l'effectif de 77 personnes dans le courant de l'année.

L'Agence européenne de la défense doit aider l'UE à combler ses lacunes dans le domaine de l'armement.

UNE AGENCE QUI COOPÈRE AVEC LE COMMISSAIRE À L'INDUSTRIE

Sur le fond, son programme de travail pour 2005 prévoit notamment de travailler avec le commissaire européen Günter Verheugen (chargé de l'industrie) pour stimuler l'intégration européenne en matière de marchés publics de défense.

Ces marchés sont souvent pour l'instant des chasses gardées des industries nationales. M. Verheugen était présent à la réunion du comité directeur, lundi 22 novembre, et s'est montré très intéressé par la coopération avec l'Agence, a déclaré M. Witney.

Dans le secteur des véhicules blindés, l'Agence devra par ailleurs rechercher des pistes de rapprochement en matière d'"exigences techniques, de programmes et (potentiellement) d'industries", selon M. Witney.

Sur un plan plus technique, l'Agence participera à la recherche sur les avions sans pilote à long rayon d'action (UAV). Elle travaillera aussi à l'amélioration des capacités de l'UE sur l'un de ses points faibles militaires, le tryptique commandement, contrôle et communication, essentiel pour piloter des opérations militaires importantes.

Avec AFP

Publicado por esta às 12:11 PM

La France cherche une alternative à l'adhésion pure et simple de la Turquie

Fonte: Le Monde


La formulation exacte de cette alternative n'est pas encore arrêtée et doit être calibrée pour ne pas heurter la Turquie. Ce serait une solution si, "pour une raison ou pour une autre", l'adhésion à l'Union européenne était impossible.
La France souhaite que les dirigeants européens évoquent dans les conclusions de leur sommet de Bruxelles la possibilité d'une "alternative" à l'adhésion pure et simple en cas d'échec des négociations avec la Turquie, a-t-on appris, lundi 22 novembre, de source française.

La Commission européenne a recommandé en octobre dernier l'ouverture "sans délai" de pourparlers d'adhésion avec la Turquie, mais la décision revient aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, qui se réunissent les 16 et 17 décembre.

Jacques Chirac est l'un des plus fervents partisans de l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne, mais il doit tenir compte d'une opinion publique réticente et de l'opposition de membres de son parti, l'UMP, qui y sont tout à fait opposés.

LA TURQUIE REFUSE D'ÉVOQUER UN "PARTENARIAT PRIVILÉGIÉ"

L'UMP et son futur président, Nicolas Sarkozy, prônent la conclusion d'un partenariat privilégié avec la Turquie, ce qu'Ankara rejette avec force puisqu'il s'agirait d'un recul par rapport aux engagements pris. Certaines capitales cherchent à concilier les deux.

"Jacques Chirac veut que les négociations soient ouvertes avec pour objectif l'adhésion", a-t-on déclaré de source française, ajoutant que la date d'ouverture serait "fin 2005, début 2006", afin de ne pas provoquer d'interférence avec le référendum de 2005 sur la Constitution européenne.

"Mais si, pour une raison ou un autre, ce n'est pas possible, peut-être peut-on envisager ce qu'on ferait au cas où les négociations n'aboutiraient pas", a-t-on ajouté, en soulignant que l'Autriche et les Pays-Bas souhaitaient aussi qu'une alternative à l'adhésion puisse être évoquée dans le texte.

La formulation exacte de cette alternative n'est pas encore arrêtée et doit être calibrée pour ne pas heurter la Turquie.

"Je ne sais pas quels mots on utilisera", a expliqué la source. "C'est une discussion qui commence." Le 14 novembre, Jacques Chirac avait déjà indiqué la possibilité d'une "troisième hypothèse" entre l'adhésion pure et simple et le maintien du statut actuel des relations UE-Turquie.

Le président de la République affirmait alors : "Il y a une troisième hypothèse : c'est que dans trois ans, dans quatre ans, dans cinq ans, on s'aperçoive que certes il y a des progrès, que certes on a fait des choses, mais qu'il y a encore des obstacles qui sont tels que l'on ne les surmontera pas. A ce moment-là, il faudra trouver une autre solution, c'est-à-dire la création d'un lien suffisamment fort pour être conforme à nos ambitions de paix et de coopération, sans être l'intégration dans l'Union européenne."

Avec Reuters

Publicado por esta às 12:19 PM

La Commission européenne s'efforce de tuer la menace d'une "affaire" Barrot

Fonte: Le Monde


Le vice-président de la Commission et commissaire aux transports est mis en cause pour avoir dissimulé des informations sur la "condamnation amnistiée" dont il avait fait l'objet en France en 2000 dans l'affaire du financement de son ancien parti, le Centre des démocrates sociaux (CDS). M. Barrot se défend de toute volonté de dissimulation. Il bénéficie de l'appui des socialistes du Parlement européen. Cet appui sera plus que probablement décisif, dans la mesure où M. Barrot dispose déjà de l'appui des conservateurs, mais la polémique laissera des traces.
La Commission européenne dirigée par le Portugais José Manuel Durao Barroso, à peine entrée en fonctions, s'est efforcée lundi 22 novembre de tuer dans l'oeuf une nouvelle menace de crise, liée à la remontée à la surface des démêlés judiciaires passés de son vice-président français Jacques Barrot.

Dans une lettre au président du Parlement européen (PE), M. Barrot a réfuté avoir jamais "dissimulé" des informations sur la "condamnation amnistiée" dont il avait fait l'objet en France en 2000 dans l'affaire du financement de son ancien parti, le Centre des démocrates sociaux (CDS).

Le président Barroso, qui ignorait lui-même ces faits, lui a maintenu son soutien et le porte-parole de l'exécutif communautaire, Françoise Le Bail, a balayé les "spéculations ou supputations" sur une éventuelle démission.

M. Barroso juge que la lettre de M. Barrot "apporte des éléments clairs de nature à rassurer les parlementaires" et "estime que, dans ces conditions, M. Barrot fera un excellent commissaire et vice-président", a-t-il souligné.

"Je n'avais rien à dissimuler et je n'ai absolument pas cherché à dissimuler quoi que ce soit", a assuré Jacques Barrot au président du PE, Josep Borrel.

Il s'est appuyé sur la loi française, qui a effacé les sanctions prononcées dans l'affaire du CDS et interdit leur évocation publique, pour expliquer n'avoir "pas cru devoir faire état d'une condamnation amnistiée qui avait fait l'objet en son temps d'une assez abondante publicité".

"Je crois, en mon âme et conscience, être en mesure de servir les intérêts européens en parfaite honnêteté et en toute transparence", a-t-il conclu.

La controverse autour de M. Barrot est délicate à gérer pour la Commission, dont les eurodéputés n'ont voté l'investiture qu'après trois semaines de crise sur sa composition et un remaniement forcé, à la suite de la récusation du premier commissaire italien désigné Rocco Buttiglione.

APPUI DES SOCIALISTES EUROPÉENS

Elle l'est aussi au Parlement européen, où l'affaire a été réveillée jeudi dernier par un eurodéputé britannique du parti europhobe UKIP, Nigel Farage.

L'Allemand Martin Schulz, patron des 200 élus socialistes qui forment le deuxième groupe de l'assemblée, a demandé des explications sur le cas Barrot. Mais lundi, le président du groupe socialiste au Parlement européen s'en est remis aux services juridiques du Parlement européen pour porter un jugement sur la lettre d'explication fournie par Jacques Barrot sur ses démêlés judiciaires passés.

"Si les services juridiques considèrent que les explications données dans cette lettre sont satisfaisantes, alors l'affaire sera close pour le groupe socialiste", a déclaré M. Schulz dans un communiqué.

Le chef de file des 200 élus socialistes, qui a eu un entretien téléphonique lundi matin avec M. Barrot, a affirmé que ce dernier lui avait "exprimé ses regrets de n'avoir pas évoqué plus tôt" sa condamnation amnistiée de 2000 dans le dossier du financement du CDS, son ancien parti en France.

Cet appui sera plus que probablement décisif, dans la mesure où le commissaire aux transports dispose déjà de l'appui des conservateurs, mais la polémique laissera des traces.

"Il n'y aura plus d'affaire Barrot jeudi soir", a prédit un responsable du Parlement européen en faisant référence à la réunion des chefs des groupes politiques qui décidera dans trois jours du sort de ce fidèle allié de Jacques Chirac.

En fait, seule une poignée d'eurodéputés britanniques - la dizaine d'élus de l'UKIP et le patron des démocrates et libéraux (ADLE, 88 élus), Graham Watson - ont réclamé jusqu'ici le départ du commissaire français.

Désavoué par une partie de ses troupes (les centristes français de l'UDF), M. Watson a annulé lundi une conférence de presse et réduit son "appel" de la veille à une "démission" de Jacques Barrot à une simple position personnelle.

"Si j'étais M. Barrot, je reconnaîtrais la situation et j'offrirais ma démission", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"Dans cette affaire, je pense qu'il y a un peu de "french bashing" ( dénigrement systématique des Français)", a déclaré à l'AFP la chef de file de l'UDF au sein du groupe ADLE, Marielle de Sarnez, tout en appelant "à prendre en compte" le scepticisme de nombreux Européens à l'égard de l'amnistie française.

Les Verts, qui ont voté contre la Commission Barroso, ont estimé que M. Barrot avait "eu tort de ne pas mentionner" ses démêlés passés, mais appelé à ne pas se "focaliser sur son cas" alors que d'autres commissaires comme la Néerlandaise Neelie Kroes et la Danoise Mariann Fischer Boel sont contestées.

En marge d'une réunion des ministres des affaires étrangères européens, le chef de la diplomatie française Michel Barnier a expliqué à son homologue britannique Jack Straw son incompréhension de voir l'affaire du CDS resurgir, a constaté un photographe de l'AFP.

Partisan de passer l'éponge sur des faits amnistiés, le ministre allemand Joschka Fischer a appelé la Commission à se mettre au travail, "afin que le monde n'attende pas après l'Europe".

Avec AFP et Reuters

Publicado por esta às 12:24 PM

Peter Mandelson, commissaire européen au commerce : "Un "non" à la Constitution conduirait à l'affaiblissement de l'Europe"

Fonte: Le Monde


L'ancien ministre britannique minimise les divisions entre Etats membres, ainsi que les désaccords transatlantiques.
Comment allez-vous expliquer aux Britanniques que le texte de la Constitution européenne ne comporte rien de ce qu'ils craignent et aux Français qu'il contient beaucoup de ce qu'ils espèrent ?

La Commission devra fournir des informations et chaque commissaire s'impliquer dans le débat de son pays.

Les risques sont clairs. Le débat peut être dominé par des enjeux nationaux ou des questions qui n'ont rien à voir avec la Constitution, comme la Turquie. Il y a un risque que des forces politiques jouent un jeu non constructif, mais il est très bon que le débat ait lieu. Il faut rappeler que c'est une Constitution qui est en jeu. Il ne s'agit pas d'imposer un programme libéral pour l'Europe. Les politiques que nous définirons ensemble à l'intérieur de ce cadre ne font pas partie du cadre lui-même. Ceux qui affirment que le rejet du traité constitutionnel déclencherait une sorte de crise bénigne, une catharsis dont quelque chose de meilleur pourrait émerger, s'illusionnent. Je n'ai vu aucune alternative crédible au traité constitutionnel présentée dans le débat français. Ce serait une vraie crise, qui conduirait à l'affaiblissement de l'Europe et des objectifs économiques et sociaux que nous voulons, nous à gauche, voir émerger.

Que dites-vous à ceux qui estiment que, si les Français disent "non" à la Constitution, le texte est mort, mais que, si ce sont les Britanniques qui le refusent, ils devront négocier leur sortie de l'Union ?

Un "non" est un "non", dans chaque pays, et cela aura la même force dévastatrice pour l'Europe. C'est pourquoi l'action responsable est d'appeler à un "oui" au traité constitutionnel, qui permettra à l'Europe à 25 de fonctionner, et ensuite de débattre des politiques que l'on veut bâtir au bénéfice des citoyens européens et de la place de l'Europe dans le monde.

Etes-vous sur la même longueur d'onde que les socialistes français ?

J'ai plus d'amis au Parti socialiste français que dans n'importe quelle autre formation de gauche sur le continent. Je suis leurs débats avec un grand intérêt. Il est absolument crucial pour l'avenir de l'Europe, et pour la position de la France en Europe, qu'ils votent "oui".

Quel modèle économique voyez-vous pour l'Europe, vous qui avez dit que le Royaume-Uni était un modèle du fait de ses succès ?

C'est le modèle préféré de la plupart des Britanniques. Mais mon modèle préféré est la convergence de la flexibilité britannique, orientée vers les marchés ouverts, et une approche de style continental fondée sur l'investissement dans la recherche dans le secteur privé, le social, et le développement des infrastructures publiques. Ceux qui glosent, au Royaume-Uni, sur nos succès économiques devraient se rappeler que des pays européens dépensent plus pour la recherche, ont des dépenses sociales plus fortes et une croissance supérieure, comme la Finlande, la Suède, le Danemark. Le Royaume-Uni doit combiner sa récente réussite avec un brin d'humilité. Nous devons nous demander pourquoi notre productivité n'est pas meilleure. Nous avons besoin d'un mélange, pas d'un modèle unique.

Tony Blair voulait placer le Royaume-Uni au cœur de l'Europe. Huit ans après son arrivée au pouvoir, vous n'êtes pas dans l'euro et vous disposez d'une clause d'exemption dans le domaine de la justice et des affaires intérieures (JAI)...

La Grande-Bretagne est davantage que vous ne le suggérez partie prenante en matière de JAI. Elle est au cœur des décisions et des politiques européennes, même si elle sacrifie de son influence dans la mesure où elle est hors de l'euro et de l'Eurogroupe. C'est le prix à payer pour ne pas être dans la monnaie unique. J'espère que, dès que les conditions le permettront, le Royaume-Uni saisira la chance d'adopter l'euro. Il n'y a pas de perspective à court terme, mais j'espère que le gouvernement britannique pourra fixer une date cible pour l'entrée, et que nous pourrons nous diriger vers l'euro avec l'accord du peuple britannique, par référendum.

Soutenez-vous les propositions faites par la Commission ou les Etats, dont le Royaume-Uni, de limiter le budget de l'Union à 1 % du produit intérieur brut ?

Les propositions de la Commission sont un bon point de départ pour une très longue négociation. La Commission devra pouvoir exister avec les moyens que la négociation lui aura donnés. Mais cela ne sert à rien d'avoir un énorme programme de travail sans être capable d'en mener plus de la moitié. La Commission doit avoir un cahier des charges qu'elle soit capable de tenir, avec les ressources qui y correspondent.

Quelles sont les leçons de la crise avec le Parlement sur l'investiture de la Commission Barroso ?

La crise a été productive. Le Parlement a trouvé son rôle et son autorité et en a usé de manière responsable. La Commission en est sortie plus forte et plus légitime. Même les Etats membres ont sans doute appris quelque chose. La prochaine fois, ils se rappelleront ce qui s'est passé au moment de choisir les personnalités qu'ils nommeront à la Commission. Le collège sera une équipe forte, dans la ligne des précédentes. Il s'agit d'une équipe ni plus libérale ni moins libérale que les autres. La description faite par certains en France est fausse. Il faudra nous juger à nos actes, par sur notre image et nos discours.

La relation à l'Amérique ne va-t-elle pas être un facteur durable de division des Européens ?

La seule question sur laquelle les Européens se sont divisés, à propos de la relation transatlantique, c'est l'Irak. C'est une question importante, mais elle n'a pas suscité de cataclysme pour l'Europe. C'est un désaccord que nous avons déjà commencé à surmonter. Le président Chirac a dit, à Londres, qu'il voit dans la relation britannique avec les Etats-Unis un avantage pour l'Europe. Entre Européens, il y a d'autres sujets à propos desquels nous sommes d'accord, comme l'avenir de l'Afrique, la gestion des changements climatiques, et sur lesquels nous pourrions présenter une position commune, au G8, dans nos discussions avec les Américains.

Avons-nous toujours des valeurs communes avec les Etats-Unis, qui pratiquent la peine de mort, interdisent le mariage homosexuel, et placent la religion au cœur de la vie politique ?

Il n'y pas un système unique de valeurs homogènes aux Etats-Unis. Mais désormais la convergence de la plupart de nos intérêts internationaux est plus forte que celle de certaines de nos valeurs. Mais ceux qui disent cela prennent pour acquis et oublient notre engagement commun pour des valeurs fondamentales comme la démocratie, les libertés individuelles et l'Etat de droit. Si nous pouvons être en désaccord sur la peine de mort, l'homosexualité, et même sur des pratiques religieuses, cela ne signifie pas que nous prenions des directions fondamentalement différentes.

Propos recueillis par Arnaud Leparmentier et Philippe Ricard

Publicado por esta às 12:30 PM

novembro 24, 2004

L'UE se dote d'une nouvelle force militaire rapide

Fonte: Le Monde


Les ministres de la défense de l'Union européenne ont décidé, lundi 22 novembre à Bruxelles, de se doter de treize "groupes tactiques 1 500", formés d'unités de combat, censés être opérationnels en quinze jours au maximum et déployables partout dans le monde.

Le concept de ces nouveaux fers de lance de la défense européenne avait été lancé par Paris et Londres. Il s'agissait, cette fois, au-delà des promesses verbales, d'identifier les pays européens effectivement capables de contribuer à ces groupes.

En fait, la France et la Grande-Bretagne ont été surprises par le succès de leur initiative. Alors que l'objectif initial était de réunir de 7 à 9 "battlegroups", douze propositions ont été formalisées. Les quatre principaux groupes, qui seront prêts entre 2005 et 2007, seront formés autour d'une nation-cadre (France, Grande-Bretagne, Italie et Espagne), associant des contributions minoritaires d'autres pays. Un autre groupement tactique sera structuré à partir du Corps européen (France, Allemagne, Espagne et Belgique).

Viennent ensuite sept autres propositions : France-Belgique ; Allemagne-Pays-Bas-Finlande ; Pologne-Allemagne-Slovaquie-Lettonie-Lituanie ; Italie-Hongrie-Slovénie ; Grande-Bretagne-Pays-Bas. Un autre groupement tactique sera formé des pays méditerranéens (Italie, Espagne, Grèce et Portugal), et le dernier associera les Etats nordiques (Suède, Finlande, Norvège).

IMMÉDIATEMENT DISPONIBLE

"Dans le passé, trop de pays ont laissé très peu d'autres pays agir", a commenté Geoff Hoon, le ministre britannique de la défense. Son homologue française, Michèle Alliot-Marie, estime qu'à l'avenir les Etats européens devraient intervenir "sur plusieurs théâtres, de façon significative". A partir de 2007, 2 groupements sur 13 seront placés en état d'alerte systématique et immédiatement disponibles. Un groupe sera toutefois disponible dès 2005, et deux en 2006.

La décision de déployer des soldats, dans ce cadre, devra être prise à l'unanimité des vingt-cinq Etats membres de l'Union. Un groupement tactique devra disposer de ses propres moyens de transport stratégique, de sa logistique et d'un quartier général. L'idée de base était de permettre aux petits pays d'apporter à des nations-cadres leur contribution dans des "niches" spécifiques (forces spéciales, déminage, capacités médicales, expertise NBC (nucléaire, bactériologique et chimique, etc.). La question du transport stratégique, qui reste la principale lacune actuelle de la défense européenne pourrait bénéficier d'une approche multinationale.

Les groupements tactiques sont supposés remplir les missions que leur confieront à la fois l'Union européenne, les Nations unies et l'Alliance atlantique. A priori, l'instance chargée de la mise en œuvre des groupements tactiques devrait être le COPS (Comité politique et de sécurité) de l'UE, sous la présidence de Javier Solana, haut représentant de l'Union pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC).

Il reste désormais à expliquer comment s'effectuera l'articulation entre les groupements tactiques, la force de réaction rapide de l'UE, les éléments "très rapides" de cette force, et l'"objectif global" d'Helsinki, qui prévoit la mise sur pied d'une force de 60 000 hommes pouvant être déployée dans un délai de soixante jours.

Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas de disposer de plusieurs niveaux de forces autonomes, mais plutôt de décliner des troupes, selon différents formats, en fonction de circonstances et de besoins différents. En France, le "dispositif Guépard" (utilisé pour la Côte d'Ivoire) permet de disposer d'une gamme d'unités hautement entraînées, à plusieurs niveaux d'alerte, mais qui pourront composer, le moment venu, un groupement tactique.

Laurent Zecchini

Publicado por esta às 10:47 PM

Ouverture de négociations avec la Turquie : les membres de l'UE décideront rappelle sa présidence

Fonte: Le Monde


La Turquie devra discuter avec 25 Etats membres, y compris Chypre, qui décideront si la Turquie respecte les critères de Copenhague en matière de droits de l'homme et de réformes. C'est ce qu'a affirmé mercredi 24 novembre Ben Bot, le ministre des affaires étrangères des Pays-Bas, pays qui exerce actuellement la présidence de l'UE.
Les Etats membres de l'Union européenne (UE) sont maîtres concernant une éventuelle ouverture de négociations d'adhésion de la Turquie, a rappelé mercredi 24 novembre la présidence néerlandaise de l'UE, maintenant le suspens jusqu'au prochain Conseil européen du 17 décembre.

"Les Etats membres sont les maîtres (...) Nous nous baserons sur le rapport de la Commission mais c'est aux Etats membres de décider", a déclaré le ministre des affaires étrangères néerlandais, Ben Bot, à l'issue de la dernière réunion bilatérale entre Ankara et l'UE avant le conseil crucial de Bruxelles, le 17 décembre.

La Commission européenne a recommandé, sous condition, l'ouverture de négociations d'adhésion, dans un rapport publié le 6 octobre. Toutefois, les Etats membres décideront eux-mêmes si la Turquie respecte les critères de Copenhague en matière de droits de l'homme et de réformes, a insisté M. Bot.

L'ÉPINEUSE QUESTION DE CHYPRE


La Turquie, qui était représentée par le ministre des affaires étrangères, Abdullah Gul, lors de cette rencontre, estime qu'elle respecte ces critères et souhaite une ouverture rapide, si possible en 2005, des négociations d'adhésion.

Les opposants d'une adhésion de la Turquie, qui redoutent notamment l'arrivée d'un immense pays majoritairement musulman, estiment qu'il faudrait, au moins dans un premier temps, se contenter d'établir un partenariat, ce qu'Ankara juge inacceptable.

M. Bot, qui a souligné les "immenses progrès" réalisés par Ankara, a cependant indiqué que si les Etats membres se prononçaient en faveur de négociations, "nous nous en tiendrons au langage adopté qui parle d'ouverture dans les plus brefs délais".

Il n'a cependant donné aucune indication, se bornant à évoquer le courant de 2005.

M. Bot a indiqué qu'il serait souhaitable qu'Ankara puisse rapporter des progrès notamment au niveau de l'adoption et la mise en pratique des six lois concernant la liberté d'association, les fondations religieuses et les procédures judiciaires d'ici le Conseil européen.

Le ministre des affaires étrangères turc, Abdullah Gul, a affirmé que la Turquie était en bonne voie sur ces réformes ainsi que sur le respect des droits des minorités religieuses.

La présidence de l'UE a par ailleurs espéré des améliorations sur la question de Chypre. La Turquie refuse de reconnaître Chypre, nouveau membre de l'Union européenne.

UNE DES "PRIORITÉS" DE LA COMMISSION BARROSO

Chypre est divisée depuis que l'armée turque a envahi en 1974 le tiers nord de l'île, en riposte à un coup d'Etat d'ultranationalistes chypriotes-grecs qui voulaient rattacher l'île à la Grèce.

M. Bot a rappelé que la Turquie "négociera avec 25 membres" dont Chypre. "J'espère que la situation progressera d'ici l'ouverture des négociations (d'adhésion)", a-t-il souligné.

La présidence de l'UE a par ailleurs souligné qu'en cas de décision favorable sur l'ouverture des négociations, il serait souhaitable de procéder à un état des lieux comparatif de la législation turque avec la législation européenne. Cet état des lieux pourrait débuter avant l'ouverture proprement dite des négociations d'adhésion, a souligné le nouveau Commissaire européen à l'élargissement Olli Rehn.

Ankara est défavorable à une telle mesure.

Le nouveau Commissaire européen à l'élargissement, le Finlandais Olli Rehn, qui participait à sa première réunion officielle sur la question turque, a pour sa part indiqué que le développement des relations UE-Turquie sera "une de ses priorités clé" de la Commission Barroso.

Avec AFP

Publicado por esta às 10:51 PM

M. Barroso exclut de réviser les grands principes du pacte de stabilité

Fonte: Le Monde


Le président de la Commission a cependant souligné qu'il était prêt à travailler avec les Etats de l'UE pour "assurer la flexibilité nécessaire" du pacte, "dans le respect de ses grands principes".
Le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, s'est déclaré opposé mercredi 24 novembre à une révision des grands principes du pacte de stabilité, après une demande en ce sens formulée par le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi.

"Nous ne pensons pas que ce soit une contribution pour la crédibilité du pacte d'avoir une révision fondamentale de ce pacte", a affirmé M. Barroso lors de sa première conférence de presse en tant que président de l'exécutif européen.

M. Barroso réagissait à une demande adressée mardi par M. Berlusconi à la présidence néerlandaise de l'UE en faveur d'une renégociation des paramètres du traité de Maastricht sur le déficit public.

Le président de la Commission a rappelé que "la Constitution européenne signée à Rome" le mois dernier avait réaffirmé la "validité" des grands principes du pacte de stabilité, comme le respect d'un plafond maximum de 3 % du PIB pour le déficit public.

FLEXIBILITÉ

"Le respect des grandes règles du pacte de stabilité et de croissance est inscrit dans la Constitution", a-t-il souligné. Le président de la Commission a ajouté qu'il était prêt à travailler avec les Etats de l'UE pour "assurer la flexibilité nécessaire" du pacte, "dans le respect de ses grands principes".

Confronté à des difficultés pour concilier obligations européennes et baisses d'impôts, M. Berlusconi a réclamé une révision des critères plafonnant le déficit public à 3 % et la dette à 60 % du PIB.

"Si un gouvernement veut réduire les taxes, il doit aussi réduire les dépenses. Ceux qui pensent relancer le développement en augmentant les dépenses se trompent", avait affirmé M. Barroso lundi.

De son côté, la présidence néerlandaise de l'UE a souligné mardi que la discussion sur l'avenir du pacte aura lieu au mois de mars, sous la présidence luxembourgeoise.

Le chantier de la réforme du pacte est déjà lancé et les ministres des finances européens en ont discuté lors de leur réunion la semaine dernière à Bruxelles sans qu'à ce stade aucun consensus se dégage sur les modalités.

Toutes les pistes de réforme, notamment celles avancées par la Commission européenne, proposent une plus grande flexibilité dans l'application du texte et la prise en compte de la conjoncture économique, mais maintiennent le critère de 3 %.

Avec AFP

Publicado por esta às 11:12 PM

Le service juridique du Parlement européen accepte les explications de Jacques Barrot

Fonte: Le Monde

Avec le verdict du service juridique du Parlement européen, le vice-président de la Commission et commissaire aux transports peut désormais espérer éviter l'épreuve de force avec les eurodéputés.
Le service juridique du Parlement européen a jugé recevables les explications fournies par le commissaire européen Jacques Barrot, qui réfute avoir caché des informations sur ses démêlés judiciaires passés, dans un avis remis au président de l'assemblée, Josep Borrell.

"Rien dans cet avis ne contredit la position de M. Barrot", qui se défend de toute dissimulation en invoquant la loi française qui efface les condamnations amnistiées et interdit leur évocation publique, selon cette source.

M. Borrell évoquera les suites à donner à cet avis avec les chefs politiques du Parlement, jeudi 25 novembre, à l'occasion d'une conférence des présidents de groupe, a-t-on indiqué de même source.

JACQUES BARROT PEUT COMPTER SUR LE SOUTIEN DU PPE

Jacques Barrot, vice-président de l'exécutif européen et commissaire aux transports, a été attaqué par des eurodéputés, principalement britanniques, pour ne pas avoir fait état, lors de son audition parlementaire, d'une condamnation amnistiée en 2000 dans une affaire concernant le financement de son ancien parti, le CDS (Centre des démocrates sociaux).

Le président du groupe démocrate et libéral (ALDE), Graham Watson, avait même appelé ce week-end à la démission de M. Barrot, avant de tempérer quelque peu ses propos le lendemain.

Avec le verdict du service juridique du Parlement européen, M. Barrot peut désormais espérer éviter l'épreuve de force avec les eurodéputés.

M. Barrot peut en effet compter sur le soutien du groupe PPE, le principal groupe du Parlement européen, qui est aussi sa famille politique. Le groupe socialiste, le deuxième du Parlement, avait pour sa part indiqué lundi que l'affaire serait "close" pour lui si le service juridique acceptait les arguments de M. Barrot.

Au groupe ALDE, la tonalité est aujourd'hui beaucoup plus modérée, selon une source interne au groupe. Quant au groupe des Verts, fort critique sur l'équipe Barroso, il a pour sa part indiqué lundi ne pas vouloir se focaliser sur le cas de M. Barrot, même s'il estime que le commissaire français a eu tort de ne pas évoquer les faits.

SOLIDARITÉ DES AUTRES COMMISSAIRES

Mercredi 24 novembre au matin, alors que la nouvelle Commission européenne tenait sa première réunion plénière, M. Barrot a été invité par M. Barroso à informer ses collègues de la situation.

Le collège des commissaires a ensuite "tenu à souligner (sa) solidarité" à l'égard de M. Barrot, a indiqué M. Barroso dans une conférence de presse.

"Si j'avais pu imaginer que ces faits puissent donner lieu à de tels malentendus, j'aurais pris moi-même l'initiative de les évoquer, tant auprès des présidents Prodi et Barroso qu'auprès du Parlement européen", a affirmé de son côté Jacques Barrot.

Le service juridique du Parlement européen a examiné la lettre d'explication envoyée par M. Barrot à M. Borrell, et une lettre du ministre de la justice français, Dominique Perben, expliquant ce qu'est l'amnistie en droit français.

Avec AFP

Publicado por esta às 11:27 PM

novembro 25, 2004

Sommet Russie-UE à La Haye sur fond de crise ukrainienne

Fonte: Le Monde

Le sommet intervient dans un contexte de tension entre l'UE et la Russie, alors que les relations que l'Union européenne souhaite établir avec des pays de l'ex-URSS, comme l'Ukraine, sont mal accueillies par la Russie.
Le président russe, Vladimir Poutine, est attendu, jeudi 25 novembre, à La Haye pour un sommet Russie-Union européenne qui survient en pleine crise entre Moscou et Bruxelles autour de la présidentielle ukrainienne, remportée par le candidat pro-russe et contestée par Bruxelles et Washington.

A la tête de la délégation russe, le président Poutine doit rencontrer pour la première fois le président de la nouvelle Commission européenne, José Manuel Barroso, et son équipe.

M. Barroso a prévenu qu'il exprimerait "haut, clair et fort" le désaccord des Européens avec le déroulement du scrutin en Ukraine, officiellement remporté par Viktor Ianoukovitch alors que l'opposant pro-occidental Viktor Iouchtchenko appellait, jeudi 25 novembre, à une grève générale.

Ce face-à-face intervient alors que le Haut Représentant pour la politique étrangère de l'UE, Javier Solana, lui aussi attendu à La Haye, a souligné que les Vingt-Cinq n'accepteraient pas un scrutin "frauduleux" et a appelé à "revoir" des résultats déjà non reconnus par Washington et Ottawa. Il a téléphoné aux différents protagonistes de la crise ukrainienne pour que soit trouvée "une solution politique négociée".

CONTEXTE DE TENSION

Le sommet intervient dans un contexte de tension entre l'UE et la Russie, alors que les relations que l'Union européenne souhaite établir avec des pays de l'ex-bloc soviétique, comme l'Ukraine, sont mal accueillies par la Russie.

Cela rend plus difficiles les négociations sur les quatre "espaces communs" censés dessiner les futurs contours de la coopération Russie-UE, plat principal du sommet de jeudi. Les négociations butent notamment sur des désaccords au sujet de la justice et de la sécurité extérieure.

Concernant la sécurité extérieure, le dilemme porte sur le "voisinage commun" aux deux parties, les Russes étant très circonspects à l'idée de voir l'UE travailler de concert avec eux dans une région qui s'étend de la Biélorussie au Caucase, en passant par la Moldavie et l'Ukraine.

Au programme également, le problème du transit des biens depuis l'enclave russe de Kaliningrad, de la signature d'accords frontaliers entre la Russie, la Lettonie et l'Estonie, et celui d'une solution politique en Tchétchénie.

Avec AFP


Publicado por esta às 09:41 AM

Les Européens haussent le ton à la veille d'un sommet crucial

Fonte: Le Monde


La rencontre Russie-UE, jeudi, marquera une étape de la lutte d'influence qui se joue en Ukraine.

La situation en Ukraine sera l'un des grands thèmes de discussion, jeudi 25 novembre à La Haye, du sommet qui réunit deux fois par an les représentants de l'Union européenne et de la Russie. Prévue initialement le 11 novembre, cette réunion avait été reportée de quinze jours à la demande de Vladimir Poutine, officiellement parce que le président russe souhaitait rencontrer le nouveau président de la Commission, José Manuel Durao Barroso, dont l'entrée en fonctions avait été retardée, officieusement parce qu'il était mécontent de l'état des négociations.

L'un des principaux sujets de controverse concerne précisément l'attitude des Européens à l'égard des pays qui faisaient anciennement partie de l'Union soviétique et qui, à l'exception des Etats baltes, n'ont pas adhéré à l'Union européenne. L'Ukraine est l'un d'entre eux.

L'Union européenne tente de mettre en place avec ces pays une politique dite de voisinage, qui consiste à leur offrir un "partenariat privilégié". Celui-ci doit prendre la forme de "plans d'action" qui assurent à ses bénéficiaires, indique-t-on à Bruxelles, la plupart des avantages de l'adhésion sans aller jusqu'à leur proposer d'entrer dans l'Union.

Relancée au printemps 2004, après l'arrivée des dix nouveaux Etats membres, cette politique, censée fixer les frontières de l'Union, doit permettre, selon ses promoteurs, de ne pas dresser de nouvelles barrières entre les pays qui sont invités à y entrer et ceux qui n'y sont pas admis.

En contrepartie, les Etats qui sont appelés à bénéficier de ces actions communes, dans plusieurs domaines, politique, économique, judiciaire, s'engagent à respecter la démocratie, l'Etat de droit, les droits de l'homme, l'économie de marché. Même si les plans d'action n'ont pas encore été formellement adoptés, en particulier avec l'Ukraine, l'Union européenne s'estime fondée à s'inquiéter du grave manquement à la démocratie que représenterait une fraude électorale à grande échelle.

Cette question n'a pas cessé de la préoccuper. A l'issue du dernier sommet entre l'Union européenne et l'Ukraine, le 8 juillet, les deux parties soulignaient l'importance qu'elles attachent au déroulement démocratique de l'élection présidentielle, "en accord avec les normes internationales, y compris en ce qui concerne les médias". Au lendemain du premier tour, le 1er novembre, la présidence néerlandaise de l'Union regrettait que les "normes démocratiques" n'aient pas été respectées et constatait que "les conditions garantissant la libre expression de l'opinion des électeurs dans leur choix des candidats n'ont pas été réunies". Le Conseil européen, le 5 novembre, regrettait également que le premier tour "n'ait pas respecté les normes internationales en matière d'élections démocratiques".

PARTENARIAT STRATÉGIQUE

Au lendemain du second tour, la réaction de Bruxelles n'a pas été moins ferme. Le ministre néerlandais des affaires étrangères a fait part de la "grave préoccupation"des ministres européens des affaires étrangères, réunis lundi 22 novembre à Bruxelles, en notant que ces élections ne s'étaient pas déroulées conformément aux normes internationales. Mardi 23, la Commission européenne s'est associée à cette déclaration. Le premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, a fait part au président du Parlement ukrainien de "ses doutes" sur la victoire présumée du premier ministre sortant, Viktor Ianoukovitch, sur son opposant pro-occidental, Viktor Iouchtchenko.

L'Union européenne demande aux autorités de Kiev d'"agir avec retenue" et invite toutes les parties à "s'exprimer dans la non-violence". Bruxelles, souligne un haut fonctionnaire européen, a choisi de négocier avec le gouvernement légitime, au lieu d'aider et d'encourager l'opposition, comme elle le fait en Biélorussie. Cette attitude pourrait changer si une reprise en mains autoritaire se dessinait également en Ukraine.

La Russie considère avec beaucoup de méfiance la politique de voisinage conduite par Bruxelles à l'égard de pays qu'elle regarde comme sa chasse gardée. Elle refuse toute perspective de coopération avec l'Union européenne sur cette question. C'est l'une des raisons du blocage des négociations. Le partenariat stratégique entre Moscou et Bruxelles qui fait l'objet des discussions actuelles comporte en effet quatre domaines de coopération, appelés dans le jargon des négociateurs quatre "espaces communs", dont l'un concerne la sécurité extérieure et, en particulier, l'attitude des deux parties à l'égard de leurs voisins communs.

La Russie ne peut pas empêcher l'Union de s'intéresser à l'Ukraine, explique un diplomate, mais elle n'accepte pas d'agir avec elle dans un voisinage qu'elle tient pour un terrain réservé. La bataille pour la présidence ukrainienne témoigne de la lutte d'influence que se livrent sur place la Russie et l'Union européenne. Le sommet de La Haye devrait permettre d'en mesurer une fois de plus l'intensité.

Thomas Ferenczi

Publicado por esta às 09:47 AM

Pologne, Hongrie et Estonie se rangent aux côtés de l'opposition

Fonte: Le Monde


Les "Nouveaux Européens" ont été les premiers à réagir vivement à la crise ukrainienne en apportant un soutien bruyant à l'opposition ukrainienne. Pologne, Hongrie et Estonie, anciens pays satellites de l'URSS ou République soviétique, et qui entretiennent depuis des relations houleuses avec la Russie, ont dès lundi dénoncé les fraudes massives lors du deuxième tour de la présidentielle et appelé le pouvoir du président Leonid Koutchma à en réviser les résultats.

La crise ukrainienne aura peut-être le mérite de clarifier la politique des autorités polonaises actuellement au pouvoir vis-à-vis de leur voisin. La diplomatie polonaise milite depuis des mois en faveur de l'entrée de l'Ukraine au sein de l'Union européenne. Mais elle a souvent donné l'impression qu'elle considérait que cette perspective, de toute façon lointaine, pouvait s'accommoder d'une certaine tolérance vis-à-vis du régime de Leonid Koutchma.

Ces derniers jours cependant les réactions sont sans ambiguïtés, y compris de la part d'Alexander Kwasniewski. Le chef de l'Etat polonais a souligné mardi que son pays avait "toujours considéré l'élection présidentielle comme un examen pour la démocratie ukrainienne et la crédibilité de l'Ukraine face à ses partenaires dans le monde. Malheureusement, nous ne pouvons considérer cet examen comme satisfaisant".

MANIFESTATIONS DE SOUTIEN

Pour sa part, le ministre des affaires étrangères, Wlodzimierz Cimoszewicz, a dit attendre "que les institutions ukrainiennes, en coopération avec des organisations telles l'OSCE, revoient et vérifient tous les résultats de l'élection et le déroulement du scrutin présidentiel". Pourtant, par le passé, le président polonais s'est souvent fait l'avocat de son ami et homologue ukrainien. Notamment lorsque Leonid Koutchma essuyait les foudres américaines qui l'accusaient d'avoir violé l'embargo international en permettant la vente d'équipements militaires ukrainiens sophistiqués à l'Irak de Saddam Hussein en 2002.

Au cœur même de la crise actuelle, l'ancien conseiller du président Kwasniewski jusqu'en mai 2004 et actuel député européen, Marek Sywiec, avait soulevé un tollé dans la presse polonaise en minimisant l'ampleur des fraudes électorales lors du premier tour de la présidentielle en Ukraine. Marek Sywiec conduisait alors la délégation des observateurs du Parlement européen.

L'opinion publique polonaise suit également avec attention l'évolution de la situation. Plusieurs manifestations de soutien à l'opposition ont été organisées à Varsovie ces derniers jours. L'Ukraine compte une minorité polonaise, de même que la Pologne des Ukrainiens. Sans compter la forte immigration d'Ukrainiens traversant la frontière pour venir travailler.

La presse polonaise était unanime mardi à dénoncer la fraude électorale, et appelait le monde occidental à se "réveiller". "L'Occident, dont la Pologne, devrait se prononcer clairement du côté des forces démocratiques et prévenir les autorités ukrainiennes que les résultats falsifiés de l'élection ne seront pas respectés", écrivait le quotidien libéral Rzeczpospolita.

L'Estonie a appelé l'Union européenne à réagir rapidement face à cette élection qui "ne répond pas aux normes internationales d'un scrutin démocratique". La Hongrie a également dénoncé les "fraudes et votes multiples", le porte-parole du ministère hongrois des affaires étrangères précisant : "cela a été confirmé par nos treize observateurs".

Ancien satellite de l'URSS et aspirant à l'UE, la Roumanie s'est déclarée "intéressée à ce que son voisin de l'Est s'engage sur une voie démocratique et européenne".


Publicado por esta às 09:50 AM

novembro 30, 2004

La Bulgarie profite des premières retombées du processus d'adhésion à l'UE

Fonte: Le Monde


La situation économique s'améliore dans ce pays qui doit intégrer l'Union européenne en 2007.

Quinze ans après le renversement du dictateur communiste Todor Jivkov - au lendemain de la chute du mur de Berlin, le 10 novembre 1989 -, la population bulgare (8 millions d'habitants), peu encline à la nostalgie, n'a pas de doute sur la voie choisie : celle de l'adhésion à l'Union européenne, prévue au 1er janvier 2007.

Une fois les négociations achevées en juin 2004, le pays a reçu un satisfecit de la Commission. La transition a aussi commencé à porter ses fruits avec, pour 2004, une croissance enviable (+ 5 %), une hausse des investissements étrangers directs (plus de 2 milliards de dollars), une baisse du chômage (11,7 %) et un petit excédent budgétaire (1 million de dollars) bienvenu pour la coalition libérale au pouvoir, dont le mandat arrive à terme en juin 2005.

Rédactrice en chef adjointe du quotidien Troud, Svetlana Djamdjieva résume le chemin parcouru. "Avant, nous avions le choix entre trois sortes de pains et une seule sorte de presse, aujourd'hui nous avons vingt sortes de pains et une presse diversifiée", dit-elle. Anna, étudiante à l'université de Sofia, se réjouit de l'entrée dans l'espace Schengen, ce qui lui permet de se rendre en Grèce ou en France sans visa. "Je vivais les demandes de visas comme une humiliation, maintenant je me sens comme tout le monde", dit-elle.

D'autres, tel Younal Loutfi, le vice-président du Parlement, voient dans l'adhésion une sorte de juste retour des choses. "Dans les années 1930, la Bulgarie était une démocratie très européenne. Les échanges étaient nombreux, le leva - la monnaie locale - était convertible, le paysage politique était diversifié et nous avions une vraie classe moyenne. En entrant en Europe, nous renouons avec notre passé démocratique", explique-t-il. Conséquence de cette identité européenne retrouvée, "l'intérêt du public bulgare pour le monde extérieur a crû", estime Svetlana la journaliste. Son journal, un ex-fleuron de la presse communiste racheté par un groupe allemand, a, depuis 2001, ouvert trois bureaux à l'étranger, à Berlin, à Moscou et à Bruxelles.

Située à la croisée des mondes turc, européen et balkanique, Sofia la capitale bulgare, de son ancien nom "Sredets", c'est-à-dire "milieu", affiche les attributs de sa récente prospérité. "La nouvelle richesse aime à se montrer", résume la vendeuse d'une boutique de luxe de l'avenue Vitocha. "Il y a quelques riches et tous les autres vivent dans la pauvreté", rétorque Anna l'étudiante. Selon elle, la dénatalité que connaît le pays est aussi à mettre au compte des revenus trop bas de la population, particulièrement chez les jeunes, "dans l'incapacité matérielle de fonder une famille".

Le 9 novembre, "fête de la démocratie", des manifestants ont arpenté le centre-ville pour protester contre les bas salaires (60 euros par mois). Le gouvernement actuel, emmené par l'ancien roi Siméon II, souhaite une augmentation de 25 %, ce qui n'est pas du goût du Fonds monétaire international.

"On nous dit que c'est excessif, mais notre croissance le permet. Et puis la revalorisation du salaire moyen, qui était à 43 euros en 2001, est l'une de nos priorités", affirme Milen Veltchev, le ministre des finances. "Nous avons réduit les impôts, passés de 38 % à 24 % pour les revenus des particuliers, de 28 % à 15 % pour les entreprises, et malgré cela nous avons collecté les mêmes sommes !", se félicite-t-il. En trois ans, grâce à une réforme drastique, les revenus de la douane ont augmenté de 70 %.

Cet automne, la Commission européenne a mis en garde contre une corruption massive. "Oui, beaucoup reste à faire, nous le reconnaissons. Mais d'après Transparency International - une ONG qui traque la corruption -, il y a un léger mieux", tempère le ministre des finances. "L'équipe au pouvoir n'est pas attaquée là-dessus, c'était plutôt le fait du gouvernement précédent", prend soin de préciser son collègue de parti, Daniel Valtchev, le vice-président du Mouvement national Siméon II.

LIBERTÉ DE PAROLE

Avec les législatives de juin 2005 en vue, les partis d'opposition affûtent leur stratégie électorale. En tête avec 23 % des intentions de vote, le Parti socialiste bulgare (PSB) mise sur le soutien de la province. Son étoile montante, Sergueï Stanichev, dénonce "les réformes faites n'importe comment, la mort de l'agriculture, le délitement du secteur de la santé et la disparité entre les régions". Pour ne pas être en reste, les partis de la droite libérale tentent de s'allier. Nikolaï Mladenov, jeune chef de l'Union des forces démocratiques, a la dent dure envers le "parti du roi". Ce débat passionne-t-il les Bulgares ? "L'enthousiasme s'est érodé, sans doute parce que l'impression générale est que le cours des choses est immuable, quelle que soit la formation au pouvoir", explique Anna l'étudiante.

Comme la plupart de ses compatriotes, elle aime à regarder tous les soirs à 22 h 30 "le show de Slavi", à la télévision (BTV, de Rupert Murdoch), une émission qui marie la politique, la satire et la variété. "Ça me remonte le moral", renchérit un autre étudiant. "Slavi est si proche de nous", explique la serveuse d'un restaurant de l'avenue Dondoukov.

A quand l'émergence du "Mouvement de Slavi" ? "Je suis le plus célèbre", reconnaît l'intéressé sans détours. Comblé par la liberté de parole dont il jouit à l'antenne, cet animateur vedette reconnaît toutefois des relations difficiles avec les gouvernements en place depuis 2000, mais tient à rendre hommage "au roi, le plus démocrate d'entre tous".

Marie Jégo

Publicado por esta às 03:09 PM

Trois questions à Solomon Passi

Fonte: Le Monde

La Bulgarie est bien placée pour adhérer à l'Union européenne en janvier 2007 comme prévu. Cela est moins vrai pour la Roumanie, dont l'adhésion doit avoir lieu au même moment. Ministre des affaires étrangères de la République de Bulgarie, est-ce que le retard pris par votre voisin roumain vous inquiète ?

Notre intérêt, c'est que nos deux pays avancent.
Nous espérons sincèrement que nos voisins roumains vont boucler au plus vite leurs chapitres de négociations. Quant à freiner notre adhésion, nous espérons qu'il n'en sera rien. Les négociations conduites avec l'Union se déroulent selon des principes bien définis, chaque pays étant évalué à la mesure de ses propres progrès. C'est un principe juste qui a servi de base à l'adhésion des pays-membres et s'applique, bien sûr, aux futurs adhérents. Ceux qui viennent après nous, la Croatie, la Turquie, mais aussi la Macédoine et l'Albanie, doivent comprendre que leurs progrès dépendent d'eux seuls.

On sent un intérêt particulier des Bulgares pour l'Ukraine. Pensez-vous qu'un jour, cette République ex-soviétique pourrait avoir vocation à rejoindre l'Union ?

Vous savez, il y a quinze ans, en 1990, lorsque, pour la première fois, l'idée de l'appartenance de la Bulgarie à l'Union européenne et à l'OTAN fut évoquée au sein de notre parlement, rares étaient ceux qui pensaient que ces objectifs étaient réalisables. Or voilà qu'en quinze ans, le monde a prouvé qu'il pouvait se développer plus vite que nous le pensions. Et c'est la même chose à l'heure actuelle. Ce qui nous semble impossible aujourd'hui finira peut-être par se réaliser demain. Je suis persuadé que l'Union européenne, à 27 pays, s'ouvrira encore à l'adhésion d'autres membres. Je pense tout particulièrement aux pays des Balkans et à ceux de la Mer noire et du Caucase. J'en suis sûr, l'élargissement de l'OTAN prendra la même direction.

La Russie s'apprête à faire en décembre de nouvelles propositions sur le fonctionnement de l'OSCE, dont la Bulgarie assure la présidence tournante. S'agit-il, comme on le dit, d'une sécurité renforcée et d'une attention moindre portée aux droits de l'homme ?

L'un ne peut se faire au détriment de l'autre. L'OSCE ne renoncera pas à ses fonctions de départ, soit la sauvegarde des droits de l'homme. Mais il nous faut absolument mettre en place un nouveau dispositif pour répondre aux nouveaux dangers. A sa création, en 1975, le terrorisme mondial n'existait pas. De toute évidence, l'OSCE devra s'adapter à ces nouvelles réalités.

Propos recueillis par Marie Jégo

Publicado por esta às 03:16 PM

Les socialistes européens interviennent pour le "oui"

Fonte: Le Monde


"Le débat des socialistes français sur le traité constitutionnel n'est pas un débat franco-français, il s'agit d'un débat qui concerne tous les Européens, toute la gauche européenne" : cette déclaration de guerre aux partisans français du "non" à la Constitution a été cosignée par les 21 chefs des délégations nationales du groupe socialiste du Parlement européen, jeudi 25 novembre.

Accusés de se mêler de ce qui ne les regarde pas, ces socialistes européens persistent et signent : "La décision des militants de la plus grande force politique française aura des conséquences pour toute l'Europe", expliquent-ils, en appelant à voter pour le traité, "parce qu'il est bon pour l'Europe et bon pour la gauche".

Les opposants français au projet de Constitution ont pourtant reproché à Poul Nyrup Rasmussen, le président du Parti socialiste européen, d'être intervenu en faveur du "oui", en France, à Montbéliard, en septembre. Leurs onze eurodéputés ont ensuite protesté contre le fait que le président du groupe socialiste européen, Martin Schulz, ait organisé un vote sur cette question, à Bruxelles, le 10 novembre, sans attendre le résultat de la consultation interne au PS français, prévue le 1er décembre.

"MANQUER À L'ÉTHIQUE"

Ces onze opposants ont envoyé à M. Schulz copie d'une lettre très sèche adressée à leur président de délégation, Bernard Poignant, dans laquelle ils demandent notamment : "Qu'est-ce qui justifiait un tel vote, (...) si ce n'est la volonté d'instrumentaliser le débat du groupe socialiste européen au service des partisans du "oui" en France ?"

Ils indiquent qu'ils ont refusé de prendre part à ce vote, dans l'attente du résultat du 1er décembre, et ils reprochent aux partisans du "oui" d'avoir "manqué à cette éthique". M. Poignant leur a répondu qu'il a "respecté la règle que la délégation s'est fixée en septembre", et qui veut que "chacun soit libre de son vote sur la Constitution". Il estime en outre que le groupe européen n'avait pas à "épouser le calendrier français".

L'anglais Richard Corbett, corapporteur socialiste du Parlement européen sur le projet de traité, qu'il appelle à approuver, lors du vote qui sera organisé en janvier 2005 à Strasbourg, a répondu par écrit à leurs objections, le 18 novembre. Il remarque que "la question n'est pas de savoir" si le texte de la Constitution adopté par les chefs d'Etat et de gouvernement "constitue un recul par rapport au texte élaboré par la Convention", comme l'a affirmé Marie-Noëlle Lienemann, mais "s'il représente un progrès ou un recul par rapport aux traités en vigueur" : "Et là il n'y a aucun doute à avoir, car la nouvelle Constitution ne contient que des avancées...", précise-t-il.

M. Corbett qualifie d'"insensé" un amendement des opposants français qui "regrette que la Constitution interdise la pleine réalisation de l'Europe sociale" : "Au contraire, je pense que la Constitution renforce la capacité de l'Union à réaliser l'Europe sociale", affirme-t-il, en rappelant qu'elle "donne une force juridique contraignante à la Charte des droits fondamentaux", qui prévoit le droit syndical et le droit de grève, et qu'elle "introduit le concept d'économie sociale de marché".

Le travailliste anglais proteste au passage contre une certaine anglophobie : "J'ai vu un texte d'un collègue du PS français qui déplore le fait que de nombreux amendements contenus dans la version finale de la Constitution venaient du gouvernement britannique, écrit-il. On peut s'opposer à ces amendements sur le fond, mais les condamner pour la seule raison qu'ils sont britanniques est une attitude quasiment raciste", s'indigne-t-il.

Raphaële Rivais

Publicado por esta às 03:22 PM

dezembro 02, 2004

Jacques Chirac et Gerhard Schröder soutiennent à l'unisson l'adhésion de la Turquie à l'UE

Fonte: Le Monde


L'Allemagne et la France "partagent le même objectif qui est de faire entrer la Turquie dans l'UE, car c'est l'intérêt de tous et de chacun d'avoir une Europe forte, solide et assurée de ses frontières", a déclaré Jacques Chirac.
La France et l'Allemagne, rassurées par le "oui" des socialistes français à la Constitution européenne, se sont efforcées, jeudi 2 décembre, de dissiper toute impression de positions divergentes concernant le dossier de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Alors que l'Allemagne était jusque-là apparue extrêmement ferme sur l'objectif de l'adhésion d'Ankara tandis que la France avait plaidé pour la recherche d'une troisième voie en cas d'échec des négociations, Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont affirmé, lors d'un sommet informel à Lübeck, leur volonté d'œuvrer à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

"La France et l'Allemagne veulent arrêter une position commune sur ce point pour le Conseil européen" du 17 décembre, a déclaré le chancelier Gerhard Schröder lors d'une conférence de presse commune avec le président Jacques Chirac à l'issue d'un sommet informel à Lübeck, dans le nord de l'Allemagne. "Nous sommes tout à fait d'accord avec les propositions faites en la matière par la Commission européenne. (...) C'est une bonne base de travail", a-t-il rappelé. "Ce que nous voulons, c'est l'adhésion de la Turquie", a-t-il insisté.

Gerhard Schröder a reconnu que les négociations avec Ankara pourraient durer longtemps et que le résultat était "ouvert". "On ne peut pas préjuger de l'issue", mais "l'objectif c'est l'adhésion et rien d'autre", a-t-il dit. "Cela dit, si les négociations ne devaient pas aboutir, il faut que nous ayons une solution et la commission a fait des propositions qui vont dans le bon sens."

Jacques Chirac, qui s'est dit "tout à fait en phase" avec la position du chancelier Schröder, a souligné de son côté que "la France et l'Allemagne partagent le même objectif, qui est de faire entrer la Turquie dans l'UE, car c'est l'intérêt de tous et de chacun d'avoir une Europe forte, solide et assurée de ses frontières". "Si l'ensemble des conditions requises ne sont pas remplies, la négociation s'interrompra", a-t-il ajouté, et il faudra "rechercher le moyen d'éviter que cette rupture conduise à une espèce de séparation entre la Turquie et l'Europe". Jacques Chirac a rappelé que la Turquie devait, pour entrer dans l'Union, respecter les critères de Copenhague en matière de droits humains et d'économie de marché. Il a lui aussi souligné que la négociation serait "longue et difficile", et répété qu'"en toute hypothèse" la décision serait soumise aux Français par référendum "le moment venu".

LE VOTE SOCIALISTE, UNE "BONNE NOUVELLE" POUR L'EUROPE

Au lendemain du "oui" des socialistes français au projet de Constitution européenne, Jacques Chirac s'est félicité d'une "bonne nouvelle pour l'Europe". "Je n'ai pas à porter de jugement sur un débat interne au Parti socialiste français. Je considère que c'est une bonne nouvelle pour l'Europe", a-t-il déclaré. "Il appartient donc à tous les Françaises et Français de se prononcer l'année prochaine car c'est une question absolument majeure pour notre avenir commun", a ajouté Jacques Chirac. "Je me suis réjoui de la décision prise par le Parti socialiste, et je pense que cela montre une maturité du débat politique sur l'Europe", a renchéri le social-démocrate Gerhard Schröder.

Au sujet du pacte de stabilité économique et monétaire, Gerhard Schröder a déclaré que Paris et Berlin étaient persuadés que le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, dont le pays assure à partir de janvier la présidence tournante de l'Union, saurait faire des propositions qui permettent aux Etats "plus de flexibilité" dans la mise en œuvre du pacte et une meilleure prise en compte des "efforts qu'ils consentent" dans l'interprétation des critères des déficits.

Le sommet franco-allemand se tenait dans le cadre des rencontres dites de Blaesheim, qui réunissent de façon informelle environ toutes les six semaines le président français et le chancelier allemand. Selon une source française, Jacques Chirac et Gerhard Schröder, accompagné par leurs ministres des affaires étrangères Michel Barnier et Joschka Fischer, ont aussi évoqué lors de leurs entretiens les perspectives d'élargissement de l'Union à la Bulgarie, la Croatie et la Roumanie. Dans la délégation française, on fait état d'une "grande identité de vues" sur tous ces sujets.

Le nouveau ministre de l'économie français, Hervé Gaymard, devait pour sa part rencontrer son homologue allemand, Hans Eichel, jeudi après-midi à Berlin, pour une "première prise de contact" trois jours après sa nomination, lundi, selon son entourage.

Avec AFP et Reuters

Publicado por esta às 10:49 PM

dezembro 07, 2004

Six jours de réflexion belge sur la Constitution européenne

Fonte: Le Monde


La Belgique n'aime pas les référendums. En 1950, appelés à se prononcer sur la reprise par le roi Léopold III de ses pouvoirs constitutionnels, 72 % des Flamands répondirent "oui", pour seulement 42 % des Wallons.

L'affaire dégénéra en violents affrontements qui firent trois morts et elle se solda, un an plus tard, par l'abdication du monarque au profit de son fils, Baudouin. Depuis, le thème de la "consultation populaire" sent le soufre, dans un pays où les compromis politiques sont fragiles.

Mais, pour un débat aussi important que celui de la Constitution européenne, ne faut-il pas abandonner les peurs d'antan et oser consulter les citoyens ? Saisi d'une proposition de loi, le Conseil d'Etat vient de répondre que cela supposait une révision de la Constitution. Autant dire ouvrir un autre débat délicat, qui créerait de nouvelles divisions alors que le pays est déjà tiraillé entre une Flandre prospère où émerge une majorité populiste, voire séparatiste, et une Wallonie majoritairement socialiste qui peine à retrouver la voie de la prospérité et semble, aujourd'hui, acquise à l'idée de la monarchie, garante présumée de l'unité du pays.

Afin de sortir le débat de l'ornière, le Sénat, "chambre de réflexion" de l'incertain système fédéral, a imaginé une solution originale : une semaine de discussion publique autour du projet de traité établissant la Constitution des Vingt-Cinq. Pour cette première européenne, responsables politiques, juristes, observateurs spécialisés, diplomates étrangers et opinion publique doivent discuter, pendant six jours, d'économie européenne, d'immigration, de liberté et de sécurité, de pauvreté, de coopération au développement ou encore du rôle des jeunes et des femmes dans la construction d'une grande Union.

Lundi 6 décembre, dans la très guindée salle du Sénat, on avait resserré les fauteuils rouge et or, frappés d'un grand "S" et d'une couronne royale, pour ajouter des rangées de chaises pliables et permettre au public de s'installer dans l'hémicycle. L'ambassadeur de Turquie côtoyait des étudiantes en droit, la responsable d'une association de Congolais n'était pas loin de la princesse Astrid, la fille du roi Albert II, qui fit une brève apparition.

Pour cette séance inaugurale que certains trouvèrent un peu "orientée", trois figures du monde politique belge, un juge de la Cour de Luxembourg et l'ancien ministre et conventionnel français Pierre Moscovici vinrent dire tout le bien qu'il fallait penser d'un texte qui, même s'il a été amendé, "ne comporte que des avancées, et pas un seul recul par rapport aux traités", comme le pense M. Moscovici. Seul Elio Di Rupo, président du PS francophone, a manifesté ses regrets pour les lacunes de la Constitution en matière sociale. Il ne distingue, lui, que "de légères améliorations" par rapport au traité de Nice et annonce donc, dans une formule innovante mais peu claire, que son parti se résout à "un oui de combat".

Référendum, pas référendum ? "C'est toujours le moyen de répondre aux questions qui ne sont pas posées", tranche, à sa façon, Jean-Luc Dehaene, qui fut vice-président de la Convention. "Le système a des défauts et des vertus mais force à aller au bout des problèmes" et "l'idée d'Europe est suffisamment forte pour triompher", objecte M. Moscovici, bien forcé cependant de rappeler le 51-49 par lequel se solda, en France, le débat sur Maastricht.

Le public, incisif, bien informé, s'est, lui, partagé entre supporteurs et adversaires du traité. On risque cependant de ne jamais savoir ce que les Belges, paradoxalement soumis au vote obligatoire pour tous les scrutins mais interdits de référendum, pensent vraiment de la charte européenne.

Jean-Pierre Stroobants

Publicado por esta às 06:24 PM

L'UE ne ferme pas la porte à une future adhésion de l'Ukraine

Fonte: Le Monde


Bruxelles espère toutefois que Kiev se satisfera d'une offre de partenariat approfondi.


La Commission européenne doit adopter, jeudi 9 décembre, plusieurs "plans d'action" visant à développer la coopération politique et économique de l'Union européenne avec les pays qui appartiennent à son voisinage immédiat.

L'Ukraine fait partie des sept pays concernés par cette première série de plans. La politique de voisinage proposée par Bruxelles s'adresse à des Etats qui n'ont pas vocation à entrer dans l'Union. Ainsi, elle ne concerne ni la Turquie ni les pays de l'ex-Yougoslavie, qui sont considérés comme des candidats à l'adhésion.

Ce n'est pas le cas de l'Ukraine, à laquelle les Européens offrent la perspective de relations privilégiées incluant "un degré significatif d'intégration économique" et "un approfondissement de la coopération politique" sans aller jusqu'à envisager qu'elle devienne membre de l'Union.

Officiellement, la politique de voisinage est le seul cadre dans lequel est appelé à se développer le partenariat avec l'Ukraine, comme avec les autres voisins de l'Europe, à l'Est comme au Sud. Pour marquer l'importance qu'il attache à cette politique, le nouveau président de la Commission, José Manuel Barroso, a ajouté au titre porté par la commissaire aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, celui de commissaire à la politique de voisinage. Cette politique se distingue nettement de la politique d'adhésion, même si elle vise à atténuer les différences entre les Etats membres et les autres. Il s'agit d'offrir aux nouveaux voisins de l'Union, comme l'expliquait, il y a quelques mois, au lendemain de l'élargissement, Günter Verheugen, chargé de ce dossier dans le précédent collège, "la possibilité d'être réellement partie prenante dans l'Union élargie". M. Verheugen, qui est aujourd'hui l'un des vice-présidents de la Commission Barroso, ajoutait : "Il est dans l'intérêt de l'Europe, dans son ensemble, de voir l'UE entourée d'un cercle de pays pratiquant la bonne gouvernance et proposant de nouvelles perspectives de démocratie et de croissance."

"AUCUNE DÉCISION"

Pourtant, depuis le commencement de la crise ukrainienne, l'hypothèse d'une adhésion de l'Ukraine a refait surface. Elle est notamment soutenue par la Pologne, son principal voisin européen, et n'est pas écartée par certains de ses partenaires.

"La question de l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne n'est pas à l'ordre du jour", a souligné, devant le Parlement européen, mercredi 1er décembre, Mme Ferrero-Waldner. "Mais il est clair que nous ne fermons aucune porte", a-t-elle précisé. Sa porte-parole, Emma Udwin, a déclaré, le lendemain, que, "dans l'avenir immédiat", les relations entre l'Union européenne et l'Ukraine relèvent des accords existants. "Mais nous n'avons pas préjugé ce que l'avenir nous réserve, dans aucune direction, a-t-elle ajouté : nous n'avons pris aucune décision sur une perspective d'adhésion de l'Ukraine. Pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre du jour."

MISE EN GARDE

Michel Barnier, ministre français des affaires étrangères, a écarté catégoriquement cette éventualité, estimant que la politique de voisinage représente déjà une offre intéressante pour l'Ukraine. Dans une note du Centre pour la réforme européenne (Centre for European Reform), un important "think tank" (centre de réflexion) britannique, Charles Grant, son directeur, et Katinka Barysch, son économiste en chef, mettent en garde contre une offre d'adhésion.

"Les Européens, écrivent-ils, ne doivent rien dire qui soit de nature à renforcer la conviction de nombreux Russes selon laquelle l'Ukraine est appelée à choisir entre l'Est et l'Ouest. L'Union européenne peut être tentée de revenir sur l'idée, exprimée par Romano Prodi, que l'Ukraine "a autant de raisons que la Nouvelle-Zélande de faire partie de l'Union". Mais le temps n'est pas venu de parler de l'adhésion de l'Ukraine. A long terme, quand un gouvernement ukrainien sûr et stable aura accompli le type de réformes économiques et politiques qui rendront crédible sa candidature, le sujet reviendra à l'ordre du jour. Mais pour le moment, l'Ukraine doit avoir beaucoup de raisons d'entreprendre des réformes, autres que la carotte de l'adhésion."

Ceux qui envisagent une future adhésion de l'Ukraine soulignent qu'une telle "carotte" s'est révélée efficace pour susciter des réformes démocratiques en Turquie et qu'elle devrait produire les mêmes effets sur les pays des Balkans. Pourquoi, disent-ils, ne pas appliquer le même raisonnement à l'Ukraine s'il apparaît que la "carotte" de la politique de voisinage se révèle insuffisante pour lui permettre de "progresser vers les valeurs européennes", comme l'espère Mme Ferrero-Waldner ?

Le pari de l'Union est que le partenariat approfondi offert à Kiev sera assez attirant pour dissuader l'Ukraine de demander davantage en se portant candidate à l'adhésion. Mais une partie de la réponse dépend aussi de la Russie. Si celle-ci ne veut pas que l'Ukraine adhère à l'OTAN et à l'Union européenne, notent Katinka Barysch et Charles Grant, elle ne doit pas se comporter d'une manière qui conduise de nombreux Ukrainiens à penser que "leur meilleure chance de bâtir un Etat moderne et démocratique est de chercher dans les institutions occidentales une protection contre la domination russe".

Thomas Ferenczi

Publicado por esta às 06:40 PM

Pour les Européens, la chute du dollar ne résoudra pas le problème des déficits américains

Fonte: Le Monde


Les institutions européennes ont adressé, lundi, une sévère mise en garde aux Etats-Unis, qui ne doivent pas "faire payer" leurs déséquilibres au "reste du monde", a déclaré Hervé Gaymard.


Dans l'espoir d'enrayer la dégringolade du dollar, les ministres des finances de la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission ont adressé, lundi 6 décembre à Bruxelles, une sévère mise en garde aux Etats-Unis.

"Les récents mouvements brutaux de taux de change sont malvenus et ne conduisent pas à des ajustements ordonnés des déséquilibres extérieurs", ont-ils déclaré, à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe, dans un communiqué - exceptionnel - sur les taux de change. Leur déclaration n'a pas impressionné les marchés, puisque l'euro a battu mardi dans la matinée un nouveau record à 1,3467 dollar.

Les trois institutions estiment que les Etats-Unis ne résoudront pas leurs déficits budgétaires et extérieurs uniquement avec l'arme de la dévaluation. "Les déséquilibres extérieurs doivent être corrigés par des mesures économiques et pas en laissant filer la monnaie pour faire payer le prix de l'ajustement par le reste du monde", a précisé Hervé Gaymard, dont c'était la première visite à Bruxelles en tant que ministre des finances. "Il ne s'agit pas d'un euro fort, mais d'un dollar faible", a dit le successeur de Nicolas Sarkozy, estimant que la situation était aggravée par l'indexation des devises sur le dollar et la faiblesse d'épargne des ménages américains.

Les dirigeants de la zone euro n'ont, en revanche, voulu faire aucun commentaire en public au sujet d'éventuelles interventions. Ils se sont contentés d'affirmer : "Nous surveillerons la situation de près." Peu avant la réunion, dans un entretien aux Echos, Gerrit Zalm, le ministre néerlandais des finances, dont le pays assure la présidence de l'Union, avait estimé qu'une "intervention unilatérale de la BCE ne serait guère efficace". Dans l'esprit des responsables européens, une initiative sur le marché des changes a plus de chances de réussir si elle est coordonnée au plan international et menée au moment où les marchés se stabilisent.

RALENTISSEMENT DE CROISSANCE

L'indifférence américaine à l'égard du rapide recul du dollar exclut, pour l'instant, une telle démarche. Le secrétaire au Trésor américain, John Snow, a réaffirmé, la semaine dernière, qu'il valait "mieux laisser aux marchés des devises ouverts la fixation de la valeur des monnaies". Depuis la réélection de George Bush, Washington se satisfait de la faiblesse d'un billet vert susceptible de soutenir ses exportations.

Cette attitude ne répond plus du tout aux attentes des dirigeants européens. L'Eurogroupe a rompu avec la formulation consensuelle utilisée depuis la réunion du G7 en février, à Boca Raton (Floride). A l'époque, Européens et Américains avaient tenté de coopérer afin d'enrayer, non sans succès pendant quelques semaines, le déclin du dollar : les pays les plus industrialisés étaient convenus que "la volatilité excessive et les mouvements désordonnés de taux de changes sont indésirables pour la croissance économique". Lors de leur précédente rencontre mi-novembre, les ministres des finances de la zone euro s'étaient limités à ce type de commentaire. Mais, devant l'inertie américaine, ils ont choisi de prendre officiellement acte des désaccords de fond des deux côtés de l'Atlantique : "Tous les grands pays et les zones économiques doivent jouer leur rôle plus activement pour réduire les déséquilibres globaux en mettant en place des politiques économiques appropriées", ont-ils rappelé. Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a précisé en anglais qu'"il y a un consensus sur les régions dans lesquelles le travail doit être fait, et c'est certainement vrai des deux côtés de l'Atlantique".

Les Européens sont d'autant plus inquiets que la croissance donne des signes de ralentissement. S'il se réjouit de la baisse des cours du pétrole, Joaquin Almunia, le commissaire chargé des affaires économiques et monétaires, a indiqué qu'il allait revoir ses prévisions économiques - 2,1 % en 2004 dans la zone euro et 2,0 % en 2005 - à la baisse. "Nous sommes désormais un peu plus préoccupés. La croissance dans la zone euro au troisième trimestre a été plus faible que prévu, à 0,3 %", a-t-il observé. Cette performance décevante est liée, selon lui, au recul "significatif" des exportations.

Philippe Ricard

Publicado por esta às 06:49 PM

La Commission de Bruxelles est prête à revoir son budget à la baisse

Fonte: Le Monde


Aux dépens de la "solidarité européenne".


Les partisans d'un budget européen élevé jettent du lest. La nouvelle Commission est prête à réduire ses prétentions sur la période 2007-2013. L'équipe de Romano Prodi avait proposé en février un budget annuel d'environ 1,14 % du produit intérieur brut (PIB) européen, mais le collège présidé par José-Manuel Barroso serait prêt à descendre à 1,05 %.

Ce niveau de dépenses est jugé "négociable" par un commissaire, qui précise : "Nous en restons bien sûr à notre proposition, mais le résultat final peut être différent".

L'exécutif bruxellois constate que ses propositions, qui doivent être adoptées à l'unanimité des Vingt-cinq, sont impossibles à défendre et que le temps joue contre les plus dépensiers. Après avoir indiqué fin 2003 qu'ils entendaient limiter le budget communautaire à 1 % du produit intérieur brut (PIB) européen, les six premiers bailleurs de fonds européens - Allemagne, Royaume-Uni, France, Suède, Autriche, Pays-Bas - ont durci leur position. La comptabilité européenne faisant une distinction entre les dépenses budgétées et celles réellement dépensées, il y avait une ambiguïté sur l'écart entre les propositions de la Commission et celle des Six : elle est désormais levée. Les Allemands, soutenus par les Français, veulent un budget inférieur à 0,9 % du PIB européen, soit un quart de moins que ce que propose la Commission !

L'écart, majeur, ne se résoudra pas par des petites concessions mutuelles. Le sujet est devenu obsessionnel outre-Rhin où le chancelier Gerhard Schröder se rappelle les concessions qu'il a dû faire à Berlin en 1999 et ne supporte plus d'être critiqué pour ses déficits excessifs, alors qu'il finance la solidarité européenne. "Nous sommes sérieux, ce n'est pas du bluff", expliquait récemment le haut fonctionnaire chargé du dossier au ministère des affaires étrangères allemand. Si aucun accord n'est trouvé avant la fin 2006, les Six remporteront la mise sans combattre : c'est le budget actuel de l'Union qui sera reconduit, rendant impossible la montée en puissance des aides aux pays de l'élargissement. La mise en œuvre des programmes de solidarité européens pourraient prendre deux à trois ans de retard. Les seules dépenses qui pourront continuer à être effectuées sont celles concernant la politique agricole commune (PAC) stabilisées jusqu'en 2013 par un accord signé en 2002, ce qui met la France en position de force.

Pour sortir de l'enlisement, la Commission et le Luxembourg, qui exercera la présidence tournante de l'Union au premier semestre 2005, veulent profiter d'une "fenêtre de tir" pour arracher un accord en juin prochain. Les élections générales britanniques et le référendum français sur la Constitution seront normalement passés. Après, il sera trop tard. Nul ne table sur un accord sous présidence britannique, au second semestre 2005, alors que le référendum sur la Constitution s'approchera et que le rabais dont bénéficie Londres au budget européen depuis 1984 sera l'une des principales pomme de discorde. Viendront ensuite les élections allemandes de l'automne 2006, peu propices à un accord généreux.

La Commission demande aux Six de faire des propositions d'économies, qui ne sabrent pas dans les politiques "les plus modernes", comme la recherche, et les réseaux de transport. "Les Six n'ont pas encore réfléchi et ne sont pas d'accord entre eux sur la meilleure façon de faire des économies", accuse un commissaire. Certains cherchent à remettre le compromis agricole, en demandant par exemple que ces dépenses soient en partie financées par les Etats membres. Ce ne sera pas facile, l'accord agricole exige de faire des économies réelles et a été approuvé à l'unanimité des chefs d'Etat et de gouvernement, "y compris Tony Blair", rappelle le ministre des affaires étrangères d'un petit pays. La tactique des Français et des Allemands, soutenus discrètement par les Luxembourgeois, est de couper Tony Blair de ses alliés d'Europe de l'Est, en mettant en évidence que Londres ne veut pas payer pour l'élargissement. Grand contempteur de la PAC, la commissaire au budget, la Lituanienne Dalia Grybauskaïte est plus réticente à attaquer Londres de front. "En tant que médiateur, nous ne voulons pas d'une bataille à un contre 24", a-t-elle déclaré fin novembre.

Arnaud Leparmentier et Philippe Ricard

Publicado por esta às 06:53 PM

dezembro 13, 2004

Le système Galileo de navigation par satellite restera exclusivement à usage civil

Fonte: Le Monde


Les ministres de l'Union européenne ont avalisé le début opérationnel en excluant le volet militaire.


A la différence de son grand rival, le GPS (Global Positioning System) développé sous l'impulsion de l'armée américaine, le système Galileo de navigation par satellite devra délaisser les applications militaires.

Les ministres des transports des Vingt-cinq ont donné, vendredi 10 décembre à Bruxelles, à cette condition, leur aval au déploiement opérationnel de cet ambitieux programme européen. Pour rallier les pays les plus sceptiques, dont le Royaume-Uni, qui entend rester fidèle au système américain par alliance stratégique, la vocation civile de Galileo a été coulée dans le marbre.

Galileo, ont confirmé les Etats membres, est "un programme civil sous contrôle civil". Dans l'hypothèse d'une évolution de ce principe, une décision à l'unanimité sera requise, dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Cette clause va permettre au Royaume-Uni, ou aux Pays-Bas, de poser leur veto à l'utilisation militaire de Galileo.

Le feu vert ministériel permet néanmoins aux promoteurs de Galileo d'entrer dans le vif du sujet. Jacques Barrot, le nouveau commissaire européen chargé des transports, a parlé vendredi d'une "décision historique". Le choix définitif du consortium doit survenir d'ici à la fin février 2005, entre les deux candidats en lice pour s'emparer de la concession : Eurely, d'une part, formé autour d'Alcatel, de Finmeccanica et de Vinci, et iNavsat, d'autre part, composé de Thales, d'EADS, et d'Inmarsat. Ces consortiums vont déposer de nouvelles offres détaillées d'ici à la mi-janvier. Le système européen doit en principe commencer à fonctionner en 2008, grâce à trente satellites.

Mais l'ultime décision du Conseil Transport n'est pas allée sans de multiples tractations. Après avoir cherché à briser l'initiative européenne, les Américains ont accepté en juin de signer un accord d'interopérabilité entre leur GPS et Galileo. Concurrents, les deux dispositifs seront néanmoins en mesure d'être utilisés ensemble, sans se brouiller l'un l'autre. Il a ensuite fallu apporter des garanties aux partenaires européens les plus prudents. Les Britanniques, de même que les Etats neutres comme la Finlande, ont ainsi cherché à limiter tout usage militaire du projet, en obtenant que le signal crypté ouvert aux gouvernements - le PRS, ou Public Related Service - soit cantonné dans des applications civiles, "sous contrôle civil", comme la surveillance des flux migratoires aux frontières.

Les Britanniques ont, par ailleurs, obtenu que les tarifs appliqués au PRS soient calculés au plus juste "sur une base non commerciale", sans marge de profit pour le concessionnaire privé, qui ne sera dès lors pas tenté de tout miser sur ce signal. Les Etats membres pourront enfin choisir d'utiliser ou pas le PRS : seuls les pays intéressés financeront ce service, et sans espoir, du moins dans un premier temps, de s'affranchir de la tutelle du GPS sur le plan militaire. Les timides efforts européens en matière de défense, à moins d'un vote unanime à l'avenir, resteront dépendants du GPS. L'OTAN devrait également continuer à n'utiliser que le seul système de navigation américain.

Ces restrictions pourraient compliquer la tâche des concessionnaires privés appelés à la rescousse. Ces derniers doivent financer les deux tiers de la phase de déploiement du système européen, soit 1,4 milliard d'euros, les 700 millions restants étant puisés sur le budget communautaire. Ils ont bien sûr intérêt à ce que les applications de Galileo soient le plus large possible. "Les sources de revenus sont multiples, le PRS ne compte pas beaucoup d'un point de vue financier", dit-on auprès d'un des deux consortiums candidats à la concession, où l'on met en avant le panel très large d'applications d'ores et déjà possibles : navigation aérienne ou terrestre, gestion du trafic auto, localisation des bateaux en mer, etc. Ces services seront offerts aux particuliers, comme au gouvernement, à titre gratuit, ou payant, selon le signal utilisé. Vendredi, un accord "implicite", selon des négociateurs, s'est enfin dégagé sur le montant de la participation communautaire, qui pourrait être de l'ordre de 1 milliard d'euros. Mais cette somme ne sera pas définitivement acquise avant la fin des négociations sur le budget communautaire pour la période 2007-2013. "Il n'y a pas d'incertitude telle qui puisse arrêter le secteur privé", a tenu à assurer M. Barrot.

Philippe Ricard

Publicado por esta às 10:22 PM

Les régions espagnoles seront représentées au conseil des ministres de l'UE

Fonte: Le Monde


L'extrême tension entre le gouvernement socialiste espagnol et le principal parti d'opposition, le Parti populaire, a presque fait passer inaperçue une décision pourtant attendue depuis quatorze ans, la représentation des régions espagnoles aux conseils des ministres de l'Union européenne (UE).


L'accord a été conclu à l'unanimité, jeudi 9 décembre, entre le ministre de l'administration publique, Jordi Sevilla, et le secrétaire d'Etat à la coopération territoriale, José Mendez, d'une part, et, d'autre part, les conseillers des dix-sept régions, dites communautés autonomes (CA), ainsi que ceux des enclaves espagnoles au Maroc, Ceuta et Melilla.

L'Espagne est l'un des pays les plus décentralisés d'Europe, ce sont, par exemple, les communautés autonomes qui ont les compétences en matière de santé ou d'éducation, l'Etat central ne donnant qu'un cadre législatif. Un fonctionnaire sur deux dépend des CA, un sur quatre seulement de l'administration centrale. Toutefois, le degré de décentralisation n'est pas le même partout. Le Pays basque est ainsi la seule communauté autonome à bénéficier d'une pleine autonomie fiscale.

Pour M. Sevilla, l'accord signé jeudi est un "pas important" dans la construction du futur "Etat des autonomies" que prépare le gouvernement. Il a rappelé, lors d'une conférence de presse, qu'il y a quatorze ans que l'Andalousie, la Catalogne et le Pays basque demandent à être représentées au conseil des ministres de l'UE.

L'ancien chef du gouvernement, José Maria Aznar, partisan comme son parti, le Parti populaire, de l'unité indivisible de l'Espagne, s'y était toujours opposé. Son successeur, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, a pris, dès son arrivée au pouvoir, le contre-pied de ces positions et manifeste une plus grande attention aux sensibilités régionalistes, en particulier là où les revendications sont les plus fortes, au Pays basque et en Catalogne. Il a ainsi convoqué une conférence des présidents des CA qui s'est réunie pour la première fois au mois d'octobre et a invité les présidents des régions concernées lors des sommets bilatéraux. Ce fut le cas, lors du sommet franco-espagnol de Saragosse, mardi 7 décembre.

L'accord signé jeudi, a été voté à l'unanimité, et donc également par le PP, dont le président, Mariano Rajoy, qui a succédé à M. Aznar, passe pour plus modéré et plus conciliant. En vertu de cet accord, les conférences sectorielles, qui sont les organes de coordination des administrations régionales en matière de travail, affaires sociales, consommation, culture etc., ainsi que le conseil interterritorial du système national de santé désigneront chacun en leur sein, à partir du mois de janvier, et par consensus un conseiller régional. Ce sont eux qui représenteront toutes les CA dans les conseils des ministres correspondant aux secteurs sur lesquels ils travaillent.

LES REVENDICATIONS DU PP

Par ailleurs, deux fonctionnaires, l'un de Galice et l'autre d'Andalousie, ont été élus pour trois ans afin de représenter les autonomies au sein de la représentation permanente de l'Espagne devant l'UE. Ils participeront aux travaux du Coreper, le comité des représentants permanents, qui prépare les conseils des ministres. Un troisième fonctionnaire représentera les îles Canaries, en 2005.

Le gouvernement a cependant accepté les deux revendications présentées par le PP. A savoir, d'une part, les représentants régionaux aux conseils des ministres seront désignés en fonction de leurs compétences sur le thème à traiter et non pas envoyés par simple rotation. D'autre part, la responsabilité des négociations sera assumée par le gouvernement central.

Depuis le traité de Maastricht, les Etats membres ont la possibilité, s'ils le veulent, d'associer les exécutifs régionaux "de type ministériel" aux travaux du conseil. Cette disposition concerne certains Etats aux structures fédérales dont les régions ont des compétences législatives propres. Les Länder allemands ont ainsi obtenu de représenter l'Allemagne au niveau européen dans les domaines où ils ont une compétence exclusive, comme l'éducation et la culture. Les trois régions belges ont aussi de larges compétences européennes.

Martine Silber

Publicado por esta às 10:25 PM

dezembro 14, 2004

Les eurodéputés s'acheminent vers le "oui" à la Turquie

Fonte: Le Monde


Un débat organisé lundi soir a néanmoins séparé le camp des partisans, espagnols et britanniques, pour qui l'adhésion est "une question de conscience", des députés français ou grecs qui craignent, en cas d'adhésion de la Turquie, une métamorphose de l'Europe en "organisation mondiale du commerce euro-asiatique".
Les eurodéputés devraient voter à une nette majorité, mercredi 15 décembre, en faveur de l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie. Mais un débat, organisé lundi soir 13 décembre, a confirmé des clivages nationaux que l'on retrouve dans la population européenne.

Le Parlement se prononcera, mercredi, sur le rapport du député conservateur néerlandais, Camiel Eurlings, et ses quelque 80 amendements, un avis cependant consultatif car la décision finale appartient aux chefs d'Etat et de gouvernement qui se réuniront jeudi et vendredi à Bruxelles.

Suivant une ligne semblable à celle arrêtée par la Commission européenne, le rapport préconise l'ouverture "sans délai inutile" des négociations avec Ankara, tout en énumérant les conditions restant à remplir, notamment la reconnaissance de Chypre et "une tolérance zéro" contre la torture.

Soulignant que les négociations sont "un processus ouvert et qui ne conduit pas automatiquement à l'adhésion", le texte n'envisage pas, dès à présent, d'alternative à l'adhésion, comme le "partenariat privilégié" réclamé par les droites française et allemande. "Nous devons envoyer un signal fort à la Turquie : saisissez cette chance. Mais aussi un autre signal fort : nous suivrons les réformes", a commenté M. Eurlings, "très impressionné par les réformes en Turquie où, davantage d'événements ont eu lieu ces dernières années que dans les quarante précédentes".

Si M. Eurlings est suivi au sein du Parti populaire européen par les députés espagnols, italiens ou britanniques, il est en revanche critiqué par les Allemands de la CDU ou les Français de l'UMP, une diversité d'avis à l'image des sensibilités différentes des opinions publiques dans l'Union européenne.

"CRIME" OU "CONTRIBUTION À LA PAIX"

"L'adhésion de la Turquie est une question de conscience ou quasiment, donc nous acceptons que tout le monde vote en toute conscience", a souligné le leader du Parti populaire européen (PPE), l'Allemand Hans-Gert Poettering. "Nous allons négocier avec un pays qui viole massivement les droits humains", a-t-il cependant dénoncé, relevant que "s'il n'y a plus de torture systématique en Turquie, il y a encore de nombreux cas de tortures".

"Faire entrer la Turquie dans l'UE, c'est accepter le risque que l'Europe se transforme en une organisation mondiale du commerce euro-asiatique, sans pouvoir et sans puissance", a renchéri le Français Jacques Toubon.

Pour Bernard Lehideux (UDF), qui siège au sein du groupe libéral et démocrate, "il faudra bien que l'UE se fixe un jour des frontières, sinon elle va s'étendre comme une tache d'huile, sans objectif politique".

De son côté, le ministre des affaires étrangères français, Michel Barnier, a souhaité que, pendant le processus de négociations, la Turquie reconnaisse le génocide arménien, mais que cette reconnaissance ne soit "pas une condition" d'adhésion d'Ankara.

Les courants souverainistes et d'extrême droite se sont, eux, indignés sur le thème d'un "pays islamiste" et "qui n'est pas dans l'Europe". Pour le nationaliste grec Georgios Karatzaferis, ce serait ainsi "un crime que d'accepter la Turquie dans l'Europe".

L'addition de ces "non" est cependant nettement minoritaire au sein de l'assemblée européenne, face au "oui" des socialistes, des Verts et d'une bonne moitié des conservateurs et des libéraux. "Tous ceux qui défendent les droits humains en Turquie nous disent que les perspectives d'adhésion ont modifié ce pays et en font une démocratie parlementaire", a défendu le chef du groupe socialiste, l'Allemand Martin Schulz.

"En s'ouvrant à un pays laïque à majorité musulmane, l'Union européenne donnerait un signe majeur de contribution à la paix et la compréhension entre les peuples", a ajouté le Français Michel Rocard, jugeant même le rapport du Parlement européen "trop agressif" à l'égard des conditions posées à Ankara.

Avec AFP

Publicado por esta às 12:51 PM

dezembro 16, 2004

Le "oui, si" du président Chirac à l'adhésion de la Turquie à l'UE

Fonte: Le Monde


Un rejet de la Turquie représenterait "certainement un risque d'instabilité, d'insécurité à nos frontières", a affirmé le chef de l'Etat lors du journal de 20 heures de TF1, mercredi 15 décembre. M. Chirac a ajouté que les Français auront "le dernier mot" par la voie du référendum, au terme de négociations qui "vont durer dix, quinze, vingt ans".
Le président Jacques Chirac s'est livré mercredi 15 décembre sur TF1 à un exercice de pédagogie pour expliquer à une opinion publique française très réticente les raisons de son "oui, si" à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.


A la veille du Conseil européen de Bruxelles qui doit décider de l'ouverture de négociations d'adhésion avec Ankara, le chef de l'Etat s'est employé à faire partager sa conviction que l'Europe et la France ont tout intérêt à arrimer la Turquie à l'UE.

Personnellement favorable à cette adhésion, Jacques Chirac est confronté à une opinion largement hostile jusqu'à l'intérieur du gouvernement. La position du chef de l'Etat crée une "difficulté incontestable", a d'ailleurs estimé le président de l'UMP Nicolas Sarkozy.

LA TURQUIE, "LOIN DU TERME" DE SON "EFFORT"

"La question qu'il faut se poser, c'est : est-ce que l'Europe, et notamment la France, ont ou non intérêt à ce que la Turquie les rejoigne ? Ma réponse est oui, si", a déclaré le chef de l'Etat. "Oui, si la Turquie remplit naturellement la totalité des conditions qui s'imposent à tout candidat à notre union", a-t-il ajouté.

Pour justifier sa position, Jacques Chirac a invoqué "la paix et la stabilité", "l'enracinement de la démocratie" et le "développement économique et social". Un rejet de la Turquie représenterait "certainement un risque d'instabilité, d'insécurité à nos frontières", a-t-il dit.

Toutefois, a-t-il observé, la Turquie qui a fait "un effort considérable" pour se rapprocher de l'UE, est "loin du terme de cet effort" pour se conformer aux règles et aux valeurs européennes.

Jacques Chirac a aussi insisté sur la longueur des négociations d'adhésion ("10 ans, 15 ans, 20 ans") et sur le droit de chacun des 25 membres de l'UE de "tout arrêter" à tout moment.

Sans faire explicitement de la reconnaissance du génocide arménien une condition d'adhésion, il a demandé à la Turquie d'accomplir "un effort de mémoire important". En France, a-t-il noté, cette reconnaissance, "c'est la loi". En avril dernier, il avait jugé qu'il s'agissait d'une question "bilatérale" entre la Turquie et l'Arménie.

Cette question est très sensible en France où vit une communauté arménienne de 300 à 400 000 personnes. "Le drame" qu'elle a vécu "doit être respecté", a dit le chef de l'Etat.

REJET DU "PARTENARIAT PRIVILÉGIÉ"

Il a rejeté l'idée d'un partenariat privilégié UE-Turquie, réclamé par beaucoup de responsables politiques en France. Les Turcs "n'accepteront jamais" une telle solution après avoir consenti "des efforts aussi considérables" en direction de l'Europe.

Répondant à ceux qui craignent de voir un pays musulman de 70 millions d'habitants rejoindre le grand ensemble européen, il a fait valoir que la Turquie était "un pays laïc" depuis 1923 et mis en garde contre "la guerre des religions, des civilisations, des cultures".

Jacques Chirac a également justifié sa volonté de voir l'UE accueillir la Turquie par des considérations historico-géographiques. De tout temps, la Turquie "a été à la recherche d'un choix entre l'Asie et l'Europe", a-t-il dit. "Notre intérêt, c'est qu'elle penche vers l'Europe" et ses valeurs, "et non pas vers l'Asie" au risque de "générer de l'instabilité ou de l'insécurité pour l'Europe".

Le président de la République a répété qu'en tout état de cause, les Français auraient "le dernier mot" à l'issue des négociations, confirmant que la Constitution serait réformée pour rendre obligatoire un référendum sur la question.

Evoquant par ailleurs la ratification de la Constitution européenne, il n'a pas précisé la date du référendum, mais a souhaité qu'il ne soit pas "détourné de sa vocation" par des considérations de politique politicienne.

Avec AFP

Publicado por esta às 10:26 AM

Les eurodéputés disent oui aux négociations d'adhésion avec la Turquie

Fonte: Le Monde


Si l'avis parlementaire n'a pas de pouvoir contraignant, il constitue un signal politique à la veille de l'ouverture à Bruxelles du sommet des 25 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union, qui doivent prendre une décision sur le sujet de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.
Les eurodéputés se sont prononcés, mercredi 15 décembre, en faveur de l'ouverture de négociations d'adhésion entre la Turquie et l'Union européenne, par 407 voix contre 262 et 29 abstentions.

L'avis du Parlement européen (PE) est un message politique avant tout symbolique car la décision appartient aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, qui se réuniront jeudi et vendredi à Bruxelles.


Le vote, qui a été secret à l'initiative de deux députés du PPE (droite), a porté sur le rapport global du conservateur néerlandais Camiel Eurlings, favorable à l'ouverture de négociations, ainsi que sur deux amendements : l'un demandant "le rejet de l'adhésion à part entière de la Turquie à l'Union européenne" et l'autre proposant "l'objectif alternatif d'un partenariat privilégié".

En obtenant un vote secret, les opposants à l'adhésion de la Turquie espéraient ainsi rallier à leur non des députés qui n'oseraient pas l'exprimer ouvertement. Ils ont échoué dans leur manœuvre.

Mécontents de ce procédé, certains députés, au sein du groupe libéral-démocrate et parmi les Verts notamment, ont affiché leur opinion au moment du vote en brandissant des "oui" ou des "non", rédigés en anglais, en français ou en turc sur des pancartes.

OUVERTURE DE NÉGOCIATIONS "SANS DÉLAI INUTILE"

Le oui a été soutenu par une majorité de députés conservateurs et de libéraux, les socialistes et les écologistes. Le non a été principalement défendu par les droites française et allemande, ainsi que les courants souverainistes ou d'extrême droite.

Le rapport adopté par le PE recommande l'ouverture "sans délai inutile" des négociations avec Ankara et n'envisage pas, dès à présent, d'alternative à l'adhésion, comme le "partenariat privilégié" réclamé par les droites française et allemande.

Si l'objectif "est que la Turquie devienne membre de l'UE", ces négociations sont cependant "un processus ouvert qui ne conduit pas a priori ni automatiquement à l'adhésion", soulignent les eurodéputés, qui énumèrent une série de conditions à remplir, dont "une tolérance zéro" contre la torture.

Avec AFP et Reuters

Publicado por esta às 10:28 AM

Déficit : Bruxelles suspend les poursuites contre Paris et Berlin

Fonte: Le Monde


La Commission européenne a estimé mardi que la France et l'Allemagne "sont en bonne voie pour ramener leur déficit budgétaire à 3 % du PIB ou moins en 2005".
La Commission européenne a décidé, mardi 14 décembre, de suspendre les procédures en déficit excessif contre la France et l'Allemagne. L'exécutif communautaire, réuni à Strasbourg, a estimé "que l'Allemagne et la France sont en bonne voie pour corriger leur déficit budgétaire excessif en 2005".


"La Commission a conclu qu'aucune action supplémentaire n'était nécessaire à ce stade dans le cadre de la procédure concernant les déficits excessifs", mais elle "reste vigilante, car la situation budgétaire demeure fragile dans les deux pays", a-t-elle indiqué dans un communiqué. "Si les mesures correctives devaient échouer, la Commission devrait alors recommander au Conseil de renforcer la surveillance budgétaire", a mis en garde le commissaire aux affaires économiques, Joaquin Almunia.

Les procédures contre Paris et Berlin, lancées en 2003, avaient été gelées par les ministres des finances européens le 25 novembre 2003, un coup de force que Bruxelles avait attaqué devant la Cour européenne de justice (CEJ). En juillet, la CEJ avait rejeté la décision des ministres, à charge pour la Commission de décider des suites à donner.

CROISSANCE FRANÇAISE À 2,2 %

Pour 2005, Bruxelles a entériné les prévisions du gouvernement allemand d'un déficit ramené à 2,9 % du produit intérieur brut (PIB), contre 3,9 % cette année, sur la base d'une croissance de plus de 1,5 %. Dans le cas de la France, les services de M. Almunia prévoient, sur la base d'une croissance de 2,2 %, un déficit de 3 %, à la limite du plafond fixé par le pacte de stabilité. La France est plus optimiste, puisqu'elle pense parvenir à un déficit de 2,9 % grâce à une croissance de 2,5 %.

Hervé Gaymard a salué la décision de la Commission européenne. "L'Europe a pris acte de nos efforts" pour réduire les déficits publics, a déclaré le ministre de l'économie et des finances lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, quelques instants après l'annonce de la décision de la Commission.

"Mais bien évidemment il faut continuer dans cette voie d'économie de l'argent public parce que trop d'impôts tue l'emploi", a-t-il poursuivi. "Quant au pacte de stabilité (...) il faut que les dépenses qualitatives soient prises en compte, ainsi que l'effet des réformes structurelles", a-t-il souligné. "Nous continuerons sous présidence néerlandaise (de l'Union) l'année prochaine à discuter sur une réforme de ce pacte de stabilité", a-t-il ajouté.

Le ministre des finances allemand, Hans Eichel, s'est également félicité de la décision de Bruxelles. "De ce fait, la Commission reconnaît que la politique financière de l'Allemagne est sur la bonne voie même dans un contexte économique très difficile et qu'une fois de plus elle remplira ses obligations européennes l'an prochain", a-t-il dit.

Avec AFP et Reuters

Publicado por esta às 10:31 AM

Le nouveau président roumain veut arrimer son pays à l'Union européenne

Fonte: Le Monde


"Fini le temps où la politique tenait en tutelle la justice et la police": Traian Basescu, élu dimanche avec 51,2 % des suffrages, a décidé de s'attaquer en priorité à la corruption et de tout faire pour mettre en œuvre les réformes exigées par Bruxelles pour une adhésion en 2007.


Surpris par la victoire de l'opposition à l'élection présidentielle, les Roumains sont déjà sous le charme de leur nouveau président. Traian Basescu, maire de Bucarest et leader de l'opposition, l'a emporté avec 51,2 % des suffrages face au premier ministre social-démocrate Adrian Nastase.

Les Roumains ont sanctionné l'héritier du Parti communiste pour confier le destin de leur pays à un ancien capitaine de vaisseau. Fier de son surnom "Popeye", Traian Basescu entend diriger la Roumanie comme un navire, avec "rigueur et responsabilité". Il espère arrimer son pays à l'Union européenne à la date prévue : le 1er janvier 2007.

Une mission difficile puisque le précédent gouvernement n'a pas évité la menace de la clause de sauvegarde que Bruxelles fait planer sur le dossier roumain. La Roumanie est le premier pays candidat à l'UE auquel est imposée cette clause. Si Bucarest échoue à mettre en œuvre les réformes négociées avec la Commission européenne, l'adhésion de la Roumanie à l'UE sera retardée d'un an. Bruxelles reproche à Bucarest un niveau de corruption incompatible avec les standards européens, une indépendance de la justice bafouée par la politique et une liberté de la presse trop souvent remise en question. Ce sont précisément les thèmes que le maire insoumis de Bucarest a utilisés pour sa campagne électorale.

Lundi 13 décembre, quelques heures après l'annonce officielle de sa victoire, Traian Basescu a improvisé, en direct devant les caméras de télévision, sa première déclaration politique : "Mon objectif est de rétablir la cohésion des Roumains, qu'ils vivent en Roumanie ou à l'étranger, a-t-il déclaré. Je veux restituer aux Roumains la dignité que leur a volée la pauvreté. On ne peut parler d'homme digne aussi longtemps qu'un Etat humilie ses citoyens. C'est cette humiliation due à la pauvreté qui nous empêche d'être solidaires. Or nous avons besoin de solidarité, car nous ne pourrons intégrer l'UE que si chacun d'entre nous comprend que ce processus a un coût. Je garantis aussi que ma première priorité sera la lutte contre la corruption. Je considère ce fléau comme une atteinte à la sécurité nationale et j'utiliserai tous les moyens pour que les institutions de l'Etat se mobilisent dans ce but. Fini le temps où la politique tenait en tutelle la justice et la police. A partir d'aujourd'hui la loi sera respectée en Roumanie."

UN GOUVERNEMENT RÉFORMISTE

La victoire de Traian Basescu sauve la face de son pays qui a failli reproduire le scénario ukrainien. De nombreuses fraudes ont été signalées lors du premier tour de l'élection présidentielle et des législatives qui se sont tenues le 28 novembre. Le leader de l'opposition avait alors accusé le gouvernement d'avoir subtilisé 5 % des suffrages et demandé l'annulation du scrutin. Ce qui lui a été refusé.

Malgré le lynchage médiatique dirigé contre le maire de Bucarest par les médias, en grande majorité soumis au gouvernement, M. Basescu a réussi à conquérir le cœur des Roumains. Il fait partie de ces hommes qui, au lieu de plier sous les coups, en sort renforcé. "Un marin a une autre notion du risque qu'un homme élevé sur la terre ferme, confie-t-il. En politique, comme sur la mer, il faut avoir un cap et s'y tenir. La mer, comme la nature en général, a des règles très strictes, très dures, mais honnêtes. C'est une lutte à la vie et à la mort que je préférerai toujours à la lutte politique. Mon secret ? Je ne sais pas, je dis ce que je pense et je crois à ce que je dis."

L'arrivée de Traian Basescu à la présidence constitue la deuxième alternance depuis la chute du régime communiste il y a quinze ans.

Contrôlée par l'apparatchik Ion Iliescu, l'homme qui a fait tomber et fusiller le dictateur Nicolae Ceausescu, la Roumanie avait tenté un premier virage politique de 1996 à 2000. Mais la coalition de centre-droit, dirigée par le chrétien-démocrate Emil Constantinescu, avait échoué sur le chemin des réformes et permis le retour d'Ion Iliescu.

La défaite de l'héritier de ce dernier, Adrian Nastase, dimanche, met fin au destin politique de l'homme qui a dominé la scène politique roumaine depuis la chute du Conducator.

Ion Iliescu, qui comptait reprendre la direction du Parti social-démocrate et celle du Sénat, envisageait de continuer à diriger indirectement le destin de son pays. La victoire de Traian Basescu change la donne, d'autant que le président élu a l'intention de confier la formation du gouvernement à Calin Popescu-Tariceanu, leader du Parti libéral.

Une alliance avec le parti de la minorité hongroise et une autre petite formation politique social-libérale permettra à M. Basescu d'installer un gouvernement réformiste dont la priorité sera de sécuriser l'adhésion de la Roumanie à l'UE. Loin de leur promettre monts et merveilles, il invite ses compatriotes à se solidariser autour de l'aventure européenne. Son rêve est de "voir les Roumains enfin sourire".

Mirel Bran


Publicado por esta às 10:34 AM

dezembro 20, 2004

Adhésion de la Turquie : un nouveau débat est prévu à l'Assemblée

Fonte: Le Monde

Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, a évoqué, dimanche 19 décembre, un "risque" de confusion entre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et le vote sur la Constitution européenne.
Le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, a annoncé, dimanche 19 décembre, qu'un débat aura lieu mardi dans l'Hémicycle, après la décision du sommet de Bruxelles de fixer une date pour l'ouverture de négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

"Nous allons avoir mardi des questions sur ce sujet. Chaque groupe va interroger le gouvernement sur ce qui s'est passé, sur la décision qui a été prise par l'Union européenne", a déclaré M. Debré à la presse à Caluire, dans le Rhône, où il participait à l'inauguration d'une statue à l'effigie du héros de la Résistance Jean Moulin, arrêté par la Gestapo dans cette ville en 1943.

"L'Hémicycle est le lieu où tous les sujets doivent être abordés", a encore indiqué M. Debré, précisant que le débat ne serait suivi d'aucun vote.

Il a également indiqué qu'il souhaitait "profondément, en ce qui concerne le génocide arménien, qu'on dise clairement les choses, comme d'ailleurs l'Assemblée nationale, à l'unanimité, a dit qu'elle dénonçait le génocide arménien". "Pour mieux regarder ensemble l'avenir, n'escamotons pas le passé", a-t-il conclu.

Un débat sans vote sur l'adhésion de la Turquie a déjà eu lieu le 14 octobre à l'Assemblée nationale.

UN "RISQUE" DE CONFUSION

De son côté, Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, a évoqué dimanche un "risque" de confusion entre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et le vote sur la Constitution européenne. "Il y a un risque, on ne peut pas le cacher", a déclaré M. Dray invité du "Grand Jury RTL-Le Monde-LCI".

"On voit bien que M. de Villiers, qui est aujourd'hui le leader des 'non', veut confondre les choses et on voit bien qu'il veut, en fait, faire du référendum sur la Constitution un référendum contre l'entrée la Turquie", a-t-il ajouté.

Ce risque "va s'appuyer sur des peurs comme toujours, c'est le fonds de commerce de ce genre de responsables politiques", mais il y a également le risque d'une "confusion très nette dans la tête d'un certain nombre de nos concitoyens qui peuvent croire qu'au travers de ce traité on va créer les conditions de [l'adhésion de la Turquie], ce qui n'est pas vrai", a affirmé le député de l'Essonne. "Donc il faudra que les responsables politiques qui défendent ce traité soient très pédagogues", a-t-il estimé.

A propos du débat organisé mardi à l'Assemblée après le sommet de Bruxelles sur les négociations avec la Turquie, il a jugé qu'"à ce stade-là", le vote "ne s'impose pas".

Au passage, M. Dray a lancé à l'adresse de Laurent Fabius : "Il faudra aussi à un moment donné qu'il se souvienne qu'il a aussi été premier ministre de la France et qu'il a aussi entériné les décisions qui se sont accumulées les unes à la suite des autres. Comme tout responsable politique, on ne peut pas demander un droit d'inventaire pour les autres et ne pas se l'appliquer à soi-même."

UNE ADHÉSION "SOUS CONDITIONS"

Par ailleurs, un peu plus de la moitié des Français (52 %) approuveraient la position de Jacques Chirac sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, selon un sondage Ipsos à paraître lundi dans Le Figaro.

En revanche, 44 % des personnes interrogées désapprouvent une "adhésion de la Turquie à l'Union européenne, dans un délai de dix à quinze ans si celle-ci remplit d'ici là un certain nombre de conditions", et 4 % ne se prononcent pas.

Mais la tendance s'inverse pour les sympathisants de droite. Parmi ceux du parti centriste UDF, composante de la majorité gouvernementale, 49 % désapprouvent M. Chirac, contre 48 % qui l'approuvent (3 % sans avis).

Les sympathisants de l'UMP, principale formation de droite, sont partagés : 49 % pour, 49 % contre (2 % sans opinion). Quant à l'extrême droite, 65 % de ceux du Front national (FN) et du Mouvement national républicain (MNR) sont défavorables et 35 % favorables.

A gauche, 55 % des sympathisants du Parti communiste approuvent la position de M. Chirac, 43 % sont d'un avis contraire (2 % sans opinion). Parmi ceux du Parti socialiste, 59 % sont pour, 39 % contre (2 % sans avis), et chez les Verts 64 % sont favorables, 33 % défavorables (3 % ne se prononcent pas).

Par ailleurs, 41 % des personnes interrogées déclarent que leur "opinion" sur l'adhésion de la Turquie à l'UE ne jouera "aucun rôle" dans leur vote au futur référendum sur la Constitution européenne, prévu en France en 2005. 34 % estiment que cela jouera un "rôle décisif ou important", 20 % un "rôle secondaire" et 5 % n'ont pas d'avis.

Ce sondage a été réalisé par téléphone les 17 et 18 décembre selon la méthode des quotas auprès de 939 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Avec AFP et Reuters


Publicado por esta às 06:10 PM

dezembro 21, 2004

Invité par l'UE, Ankara prône un plan pour Chypre, sous l'égide de l'ONU

Fonte: Le Monde


L'Union européenne a invité Ankara à entamer, le 3 octobre 2005, des négociations d'adhésion, à condition qu'il fasse un geste diplomatique en faveur de la République de Chypre, membre de l'UE, qu'il ne reconnaît pas.
La Turquie est prête à soutenir tout nouvel effort sous les auspices des Nations unies pour résoudre le conflit de Chypre, un obstacle majeur à ses aspirations européennes, a affirmé, lundi 20 décembre, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.

Lors d'un entretien à la chaîne privée CNN-Turk, M. Erdogan a indiqué que son gouvernement soutiendrait de nouvelles discussions sur Chypre sur la base d'un plan de réunification proposé par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. "Cela sera utile pour relancer le processus de paix", a-t-il dit.

Mardi, le premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, dont le pays préside l'Union européenne jusqu'à la fin de l'année, a invité Turcs et Chypriotes à reprendre les pourparlers de paix en utilisant les "bons offices" du secrétaire général de l'ONU. "Je pense que les personnes concernées devraient utiliser les bons offices du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui a présenté vendredi sa disponibilité", a indiqué M. Balkenende devant le Parlement européen.

RECONNAÎTRE CHYPRE

Kofi Annan avait affirmé vendredi en marge du sommet de Bruxelles qu'il n'avait "pas de plan" pour le moment "pour raviver les discussions" sur une réunification de Chypre, tout en se disant "disponible" pour une mission de "bons offices".

Le chef de la diplomatie turque, Abdullah Gül, avait indiqué dimanche que le plan de Kofi Annan était toujours d'actualité pour la Turquie, qui souhaite une solution à la question avant l'ouverture de ses négociations d'adhésion avec l'UE, le 3 octobre 2005.

M. Balkenende a cependant rappelé que la Turquie devra signer d'ici le 3 octobre l'extension de son accord douanier avec l'UE aux dix nouveaux Etats membres, dont Chypre, conformément à l'accord intervenu au sommet de Bruxelles vendredi.

Recep Tayyip Erdogan avait précisé, lundi, que la Turquie commencerait à discuter de la question avec la Commission européenne début 2005.

PLUSIEURS TENTATIVES ONT ÉCHOUÉ

Le sommet européen de Bruxelles a failli capoter quand les dirigeants européens ont demandé à Ankara de reconnaître l'administration chypriote-grecque (sud), ce que la Turquie a refusé de faire, au moins jusqu'en octobre prochain, moment où elle devra élargir un protocole datant de 1963 aux nouveaux membres du club européen, y compris la République de Chypre. Pour la Turquie, cela ne signifiera pas une reconnaissance.

La Turquie est le seul pays au monde à reconnaître la République turque de Chypre du Nord (RTCN, autoproclamée en 1983), où sont déployées quelque 30 000 troupes turques. Chypre est divisée depuis une intervention militaire turque en 1974, en réponse à un coup d'Etat chypriote-grec visant, avec le soutien de la junte alors au pouvoir à Athènes, à rattacher l'île à la Grèce.

Plusieurs tentatives internationales de réunifier l'île ont échoué. La dernière remonte au début de cette année, lorsque les Chypriotes grecs ont massivement rejeté le plan Annan lors du référendum organisé le 24 avril dans les deux parties de l'île. En revanche, les Chypriotes turcs l'ont approuvé.

Avec AFP et Reuters

Publicado por esta às 02:51 PM

janeiro 05, 2005

Cuba rétablit les "contacts officiels" avec plusieurs pays européens

Fonte: Le Monde

Alors que l'Union européenne revient sur les sanctions diplomatiques adoptées après la répression de 2003, La Havane mise sur sa division.
"Cuba a pris la décision de rétablir les contacts officiels avec les ambassadeurs de France, de Grande-Bretagne, d'Allemagne, d'Italie, d'Autriche, de Grèce, du Portugal et de Suède", a déclaré le ministre cubain des relations extérieures, Felipe Perez Roque, lors d'une conférence de presse, lundi 3 janvier. La reprise des contacts a été justifiée par M. Perez Roque "à partir de la décision prise à Bruxelles, le 14 décembre, par le Colat - Comité de l'Union européenne pour l'Amérique latine - de renoncer à inviter aux réceptions de leurs pays les mercenaires payés et dirigés par les Etats-Unis".

Les autorités de La Havane considèrent les opposants pacifiques comme des "mercenaires" de Washington. Cela avait valu à 75 d'entre eux d'être condamnés en 2003 à des peines sévères, allant jusqu'à 28 ans de prison. En même temps, trois Cubains qui avaient pris des otages pour tenter de fuir l'île ont été jugés et fusillés, alors qu'il n'y avait pas eu d'effusion de sang.

La vague de répression avait soulevé l'indignation internationale. En guise de protestation, l'Union européenne (UE) adopta une série de mesures symboliques, telles que la suspension des contacts de haut niveau et des manifestations culturelles, ainsi que l'invitation des opposants aux ambassades européennes, lors des fêtes nationales. Le gouvernement cubain avait répliqué en privant les diplomates de l'UE de tout contact.

La relation avec l'Espagne avait été normalisée le 25 novembre 2004, à la suite de la volonté affichée par le nouveau gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero d'infléchir la politique de l'UE à l'égard de Cuba. Avec l'annonce de lundi, La Havane mise sur la division des pays européens, avant la réunion des ministres des affaires étrangères de l'UE habilitée à prendre une décision. Prévue le 14 janvier, la réunion a été reportée à la fin du mois.

"LICENCE EXTRAPÉNALE"

Les ponts n'avaient pas été coupés avec la Belgique et la Hongrie, qui n'ont pas célébré leur fête nationale, ni invité des dissidents. La Havane cherche à isoler les Pays-Bas - qui exerçaient la présidence de l'UE en 2004 -, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie, qui s'opposent à un assouplissement tant que tous les prisonniers politiques n'auront pas été libérés. Le Parlement européen s'était prononcé dans le même sens. Sont concernés uniquement les quatorze pays européens représentés à La Havane, sur les vingt-cinq de l'UE.

Sur le groupe des 75 condamnés, 14 ont été relâchés avec une "licence extrapénale" pour motifs de santé. Leur peine de prison reste en suspens en fonction de leur comportement. Le poète et journaliste Raul Rivero et l'économiste Oscar Espinosa Chepe ont bénéficié de cette mesure fin novembre, ce qui a été interprété comme un geste en direction de l'Europe. Cuba garde toujours plus de 300 prisonniers politiques.

Les experts européens du Colat préconisent la relance des échanges culturels et des visites de haut niveau. Le Colat recommande également d'"intensifier les contacts avec la dissidence", tout en suspendant jusqu'au mois de juin les invitations aux réceptions, destinées aussi bien aux officiels qu'aux opposants.

Paulo A. Paranagua

Publicado por esta às 12:50 AM